‹ Dictionnaire historique d'argot (volume 2)Chapitre 135 sur 474 · CAD · texte numérisé non relu

CAD

CAP

l'École normale. » (D'Audigier, 66.)

CADAVRE : Preuve d une action réprihensible. — On dit : il y a un cadavre, en parlant de deux personnes dont les relations ne s'expliquent pas et qu'on suppose liées par leur complicité dans quelque mauvaise action.

— Savoir où est le cadavre est posséder la preuve de cette mauvaise action. — « P... n'a plus qu'à se taire. On sait où est le cadavre. Chaque fois qu'il voudra prendre la parole,on s'écriera :

« Et le débit de tabac? »

(A. Scholl.)

CADAVRE : Corps vivant. — Nourrir son cadavre, c'est manger. — Ironie à l'adresse des ascètes.

CADELLE : Chaîne de montre.

(Rabasse.) — Forme moderne de Cadenne»

CADENNE : Chaîne. (Vidocq.)

— Vieux mot où se retrouve le latin Catena,

CADET : Derrière.

Sur un banc elle se met.

C'est trop haut pour son cadet.

(Vadé, 1756.)

CADET : Pince en fer pour forcer les portes (Grand val.) Voir Caroubleur

CADET : Apprenti maçon.

CAD El : Individu. — Pris en mauvaise part. Jadis le cadet n'avait, dans le monde, qu'une considération proportionnée à sa fortune, qui était nulle. — « Le cadet près de ma particulière s'assoit sur r banc. » (Le Casse^ Gueule, chanson, 14.) — Une ca-

ricature de i83o porte cette lé* gende : « C'est de fameux cadets.

Ils ont trouvé moyen de faire de la panade aVec du pain. »

CADICHON : Montre. (Vidocq.) Diminutif de Cadran.

CADRAN : Montre. — Partie prise pour lé tout.

CADRAN SOLAIRE, CADRAN LUNAIRE : Derrière.— Allusion à la forme ronde du cadran* Voir Lune.

Est-ce l'apothicaire Qui vient placer Vaiguille à mon cadran lunaire ?

(Parodie de Zaïre, xviii» siècle.)

CAFARDE ! Lune. (Vidocq.)

— C'est la lune voilée se dissimulant derrière un nuage avant d'être la Moucharde, c'est-à-dire de dévoiler un homme qui fait un mauvais coup.

CAFARDER : Faire l'hypocrite, le cafard. — « En sorte qu'il cafarde avec sa malade. » (Balzac.)

— Cafard est un mot déjà ancien, comme le prouve cet exemple : ce Un cafard qui eust oublié en son sermon soy recommander. ■ (Rabelais, Pantagruel, V. 4. ch. XLVI.)

CAFE (fort de), FORT DE CHICORÉE, FORT DE MOKA :

Excessif, peu supportable. — On sait quelle irritation le café trop fort cause dans le système nerveux. La chicorée jouit dès honneurs peu mérités du synonyme, Il semble qu'ici, comme dans le café du pauvre, elle tient à entrer en fraude. En revanche, on sait que le moka tient le haut de l'échelle.— « On dit : c'est un peu fort de café, pour exprimer

CAG

CAL

que quelque chose passe les bornes. » (Dhautel.) — c Qh! oh!

dirent Schaunard et Marcel, ceci est trop fort de moka. » (Murger.) — «S^unir à un autre! c'est un peu

fort de chicorée. 9 (Cormon.)

CAFÉ (prendre son) : Rire, se moquer. — Honnorat, dans son Dictionnaire provençal, donne comme méridionale l'expression prendre soun café : S*amuser aux dépens de quelqu'un. — Un dessin de Bertall fait dire à une bonne poursuivie par un troupier galant : — a Ah ! fusilier, vous voulez prendre votre café. »

CAFIOT : Café faible. —« Elle restait là tant que je n'avais pas mangé mon petit cafioi. » (Commentaires de Loriot.)

CAGfclTON : Hanneton. (Halbert.)

CAGNE : Mauvaise chienne, mauvais cheval et par extension personne lâche. Vieux mot. Voir Rosse.

CAGNE: Gendarme. (Colombey.) — Pour Cogne.

CAGNOTTE : « Espèce de tirelire d'osier recevant les rétributions des joueurs. 9 (Montépin.) V Intermédiaire de mars 1866 y voit avec raison une corruption du mot gagnotte. Mot à mot :

lieu où se dépose ce qu'on gagne.

— « Le lansquenet brille, la cagnotte est dans son plein. 9 (Lespès.)

Faire une cagnotte : Mettre les gains du jeu en réserve pour une dépense profitable à tous.

CAG OU : Volour solitaire.

(Grandval.)

CAGOU : Maître voleur chargé d'instruire les novices. (Colombey.)

CAILLÉ : Poisson. Mot à mot:

couvert d'écaillés. Autrefois on disait caille et non écaille.

CAILLOU : Figure. (Rabasse.) — Allusion d'ovale et de blancheur.

CAÏMAN : Mendiant. — Vieux mot. La langue usuelle a conservé quémander.

Puisque pauvre et cairaande on voit la poésie.

(Régnier, Satire 4.)

CAISSE (battre la grosse) :

Louer très-bruyamment. — Allusion aux bateleurs qui attirent leur public à coups de grosse caisse. — « Il faut qu'Artémise réussisse... C'est le cas de donner de la grosse caisse à se démancher le bras. » (L. Reybaud.) — On dit simplement ^â//r6 la caisse pour : faire des annonces.

CAISSE (sauver la) : S'enfuir avec les fonds dont on est dépositaire. — A la mode depuis le fameux mot de Bilboquet dans la pièce des Saltimbanques : Sauvons la caisse !— « Mais j'entends du bruit dans le bazar; sauvons la caisse. » (Villars.) — « On a des nouvelles de Miron qui avait sauvé la caisse. » (Claretie.)

CAISS O N (faire sauter le) :

Faire sauter la cervelle d'un coup de feu, comme un caisson plein de munitions. — a Quelle mort préférez-vous?... Faites- moi sauter le caisson. » (P. Borel, 33.)

CALABRE: Teigne. (Halbcrt.) -« C'est calot avec changement de finale.

CAL

CALAIN : Vigneron. (Halbert.) — Ce doit ixrt une imuniae lecnite pour Ctlvin.

CALÉ : Riche. — Le terme vient évidemment de II Élre ealè, c'est iToir assez de biens ponr en remplir ta eale M maison. Donné en iSoS ; Dhaute). — ■ Les jours gn Dans cède saison, les plus calés sont quelquef^its gênés. ■ (E. Sue. )

CALEBASSE : Téle. — Allusion déforme. — ■ Faudrait pas gros de sens commun pour remplir une calebasse comme fa. ■ (GaTarni.)

CALÉGE : Prostituée élégante.

— • La calége vend Iris^chcr ce que ta panante et la dossièrc livreni à des prii modérfs. Sa tfiileltceatplusfratche, sesmanières plus polies. Elle a pour amant

que les autres sont associées avec un cabriolleur ou à un roulolier. «tVidocq.) Calige vient de cit(«, qui signifiait grisctic au XVII' siècle. — « Gombault, qui se piquait de n'aimer qu'en bon lieu , cajolait avec une petite cale crasseuse. ■ (Taltemant des Réaux.)

CALER : Faire. (Colombey.) CALER : Ne rien faire. — Du vieux mol : eattr, se cacher. — « La plus grande jouissance du compositeur d'imprimerie est de eâler.» (Ladimir.)

CALE UR: Ouvrier fainéant.

Page 1