‹ Dictionnaire historique d'argot (volume 2)Chapitre 157 sur 474 · CHEVAUX A DOUBLE SE · texte numérisé non relu

CHEVAUX A DOUBLE SE

MELLE : Jambes. — « Tiens^ apprête tes chevaux à double semelle, prends ce paquet et valse jusqu'aux Invalides. » (Balzac.)

CHEVELU : Romantique. — Les longs cheveux étaient de mode dans l'école romantique de 3o. — « Il peuplait mon salon de jeunes célébrités de l'école chevelue. »

(L. Reybaud.) — t L'art chevelu a fait une révolution pour abolir les tirades de l'art bien peigné. »

(Idem). — ff On connaît peu le restaurateur Dinochau. C'est un homme que le commerce des lit térateurs chevelus a rendu spirituel. » (Marx, 65.)

CHEVEU : Inquiétude, souci aussi tourmentant qu'un cheveu dans le gosier. •— c Veux-tu que je te dise, t'as un cheveu. — Eh bien! oui, j'ai un cheveu. »

(Monselet.)

CHEVEUX (il a de beaux) : Il a mauvaise mine. Se dit de n'importe quoi et de n'importe qui.

CHEVEUX (Avoir mal aux) :

Avoir la tête lourde un lendemain d'ivresse.

CHEVILLES : Pommes de terre frites. (Rabasse.) Allusion de forme, ou jeu de mots. (Elles bouchent un trou à l'estomsc.)

CHEVI5TE : Partisan de la réforme musicale de Chevé. — ce Avant trois mois, les chevistes seront sur les dents. » (S. Loudier,^72.)

CHÈVRE : (Gober ou prendre sa) : Mettre en colère. — La chèvre est peu endurante de sa nature. — Mot ancien. « Prenez que la raison lui eût mis de l'eau

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dans son vin ou que son amitié d'autrefois fût fâchée d'avoir pris la chèvre. » (Vadé, <7440

CHEVRON : Récidive. (Vidocq.)

CHEVRONNÉ : Récidiviste.— Allusion aux chevrons qui marquent l'ancienneté du service militaire.

CHIC : Mot d'acceptions fort diverses et fort répandues dans toutes les classes. C'est le vieux mot de langue romane chic (finesse, subtilité), qui a fait notre mot chicane. — «c J'espère avec le temps que j'entendrai le chic, »

dit du Lorens, un poëte satirique du XVI* siècle qui était en même temps magistrat. Dans la Henriade travestie, Fougeret de Monbron écrit plus tard :

La Discorde qui sait le chic En fait faire un décret public.

Le chic était donc jadis la science du fin. Il s'emploie aujourd'hui dans les cinq acceptions suivantes :

Chic : Distinction. — Le mot serait ancien dans ce sens. A propos de Reine Audu, la reine des halles, une des héroïnes de nos fastes révolutionnaires, le père Duchesne dit : « Quel chic la liberté donne aux femmes I » (Intermédiaire du lo octobre 65.) — « Le port des ordres veut de l'élégance sans aftéterie, de la tenue tans pose et «jne aisance qui ne soit pas du sans-géne; enfin ce qu'on appelait la race au siècle der nier;le^Oii/o}tilyacinquanteans; c'était moins et c'était plus que le chic d'aujourd'hui. » ( Vie paris. , Ô6.) — a Petite friponne ! auraient

dit nos grands-pères... Elle a du chic, ou mieux encore elle a du chien, ou elle a du zing, s'écrient les gentlemen, leurs petits-fils. »

(E. Villars, 66.)

Chic : Élégance de toilette ou d'ameublement. -^ • Vous serez ficelé dans le chic. » (Montépin.) — « L'officier qui a du chic est celui qui serre son ceinturon de manière à ressembler à une gourde. » (Noriac.) — c Lambert fut enchanté de son gîte. C'est le dernier mot du vrai chic, dit-il. »

(About.) — A l'école de St-Cyr, sous le premier empire, chic était déjà synonyme d'élégance militaire. V. Tic.

Être au chic : Être bien vêtu.

(Rabasse.)

Chic : Cachet artistique, originalité. — a II lui révéla le sens intime de l'argot en usage cette semaine-là, il lui dit ce que c'était que chic, galbe, etc. » (Th.

Gautier, 38.) — « Une première série du Carnaval de Gavarni est loin d'avoir le chic étourdissant de la seconde. » (E. de Mirecourt.)

Chic : Facilité banale, n'ayant rien de sérieusement étudié. — C'est le contraire de la signification précédente. Il y a eu sans doute réaction contre l'abus inconsidéré du mot. De là cette divergence ironique. — « C'étaient là de fameux peintres. Comme ils soignaient la ligne et les contours! comme ils calculaient les proportions ! ils ne faisaient rien de chic ou d'après le mannequin.»

(La BédoUière.) — c Un paysage d'une délicieuse naïveté. 11 n'y a là dedans ni chic ni ficelles. »

(Alph. Karr.)

Le mot chic pris dans ce der-

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nier sens, a fini par ■'■{cliquer 1.

la lillérature, jk l'art oratoire. — c Parleur de chic, comme disent lea artisiei, il bit de l'amplification. » (P. Viron.;

Chic : Mauvais genre, genrt trop accusé. — c Ce chic que te tripot colle à l'jpiderme des ger et qui résiste k toute leiiire con me le masque des ramoneurs.

(P. Féval.)

CHIC, CHIQUE ! Distingué, opulent, qui a du chic- « Ça un homme chic! C'est pai vrai, c'en un calicot. > {La Cocottet, 64 ) — ( C'est chique et bon genre. ■ (Ricard.) — «Ah Ivoi 11 ma femme chic! Madame, j'ai l'honneur d'être. ■ (De Concourt.) — ■ Ceux qui dansent ce sont des gueui.

Le* gens chic font cercle autour d'eux. • (Blavet.)

CHICAN : Marteau. (Halbert.)

CHICANDARD : V. Chleard, Ckicardtr.

CHICANDER : Danser le pas chicard. — • Chicard est français de coeur, sinon de grammaire, bien qu'il ne soit pas encore du Dictionnaire de l'Académie. . .

L'homme de génie qui s'est fait appeler Chicard a modifié complètement la chorégraphie fran- (tise... Chicard existe, c'est un

un règne, Chicard a créé chicandard, chicarder, chicandarder; l'étymologie est complète, s (Ta- Sile Delord.) V. Ckicardtr.

CHICANE Igrinchirà la), CHERCHER CHICANE : Preodre la bourse ou la montre d'une personne en lui tournant le dos.

Ce genre de vol exige une grande dextérité. (Vidocq.)

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