‹ Dictionnaire historique d'argot (volume 2)Chapitre 233 sur 474 · FEU · texte numérisé non relu

FEU

les cercles. » {Événement, mars 66,)

FÉTU : La barre de 1er dont le bourreau se servait pour rouer.

(Grandval.) — Le mot n'est plus usité, mais il fera comprendre l'ironie de barre (aiguille.) — Si l'aiguille devient une barre, la barre doit être un fétu.

FEU (n'y voir que du) : Être /ébloui, aveuglé. — « Et tu n'y verras que du feu. » (Cogniard, 33.) •

FEUILLE A L'ENVERS (voir la) : S*étendre sous unarbire, dans un bois. Se dit avç^c un sous- •cntendu plus ou moins galant.

Il la jeta sur le gazon.

Ne faiâ pas, dit-il, la sauvage;

Jouis de la belle saison.

Ne faut-il pas dans le bel Age Voir un peu la feuille à l'envers ?

Cet exemple est pris dans la 177* Contemporaine de Rétif <(édit. 1783); mais la chanson est plus ancienne, car ses auditeurs ajoutent dans le texte : Charmante quoique vieille. — a Dis donc, mam'selle au ruban vert, •est-ce que t'as vu la ff uille à l'envers : rderrière de ta jupe est en- •core tout vert.» Catéchisme poiS" sarj, 1844.)

FEUILLE DE CHOU : Guêtre militaire, journal sans valeur, titre non valable. — a Dans une •de ces feuilles de chou qui enco'r>breot les cafés, nous lisons.»

(J. lA^vy,)

FEUILLETÉE (semelle) : Semel.e usée, dont les feuilles disjointes aspirent l'eau ou la poussière. On l'appelle aussi pompe

Fie

aspirante, — « Parfois aussi elle n'a que des bottines suspectes, à semelles feuilletées qui «sourient à l'asphalte avec une gaieté intempestive.» (Th. Gautier, 43»)

FEUX DE FILE^(ne pas s'embêter dans les) : Etre indépen-* dant. Mot à mot : faire feu à vo« lonté. — « Pour lors, not' coronel, qui ne s'embête pas dans les feux de file. » {Ancien Figaro, 27.)

FIASCO : Chute. — Italia< nisme.

FICELER : Soigner sa tenue.

Mot à mot : faire fine taille, la ficeler. — c Voilà maman Vauquer belle comme un astre, ficelée comme une carotte. » (Balzac.) V. Trente et un, Chic,

FICELLE : Procédé banal, acte de charlatanisme. Se dit à propos de tout. — a M... pour animer la statuaire, emprunte à la peinture quelques procédés; je n'oserais l'en blâmer, si l'austérité de ce grand art ne repoussait les ficelles. » (Ch. Blanc.) — c II n'est pas outillé pour le théâtre ; il ne connaît pas les ficelles de la scène. » (P. d'Anglemont.)

FICELLES : « Ce sont ces moyens vulgaires rebattus dont on se sert pour faire une pièce ou une scène, ces moyens qu'on devine. » (Duflot) ce Le culte des procédés épuisés et des conventions classiques qu'on a appelées des ficelles. »(Villemot.) — a Ferdinand lui indiqua plusieurs recettes et ficelles pour différents styles, tant en prose qu'envers.»

(Th. Gautier, 33.)

FICELLE : c Employé n'avan-

Fie

Fie

çant qu'à l'aide de la flatterie, de ladélation, delà bassesse. ]»(Naviaux, 61.)

FICELLE : Chevalier d'industrie.

Cadet Roussel a trois garçons :.

L'un est voleur, l'autre est fripon; Le troisième est un peu ficelle.

{Cadet Roussel^ chanson, 1793.

Paris, impr. Daniel.)

FICELLE (cheval) : Cheval de course léger et décousu.

FICELLE : Espèce de menotte.

— « On appelle ainsi un fil de laiton qui prend la main droite du détenu et dont Tagent tient un bout. • (Ponson du Terrail.)

FICHAISE : Niaiserie, chose dont on peut se ficher.

Le passé n'est qu'un songe.

Vnt fichaisCj un Tien.

(Vadé, 1756.)

FICHANT : Navrant. —«N'estce pas, mon vieux, c'est tout de même fichant de se dire!... »

(E. Sue.)

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