‹ Dictionnaire historique d'argot (volume 2)Chapitre 284 sur 474 · LUN · texte numérisé non relu

LUN

LYO

LUCHEBEM : Boucher. (Rabasse.) — C'est boucher déformé en lem, (V. ce mot.)

LUCTRÊMK : Fausse clef. — « Mon Dartagnan file le luctrème dans la porte » (Beauvilliers.)

LUISANT, RELUIT : Jour. — Allusion de lumière. « Pitachons pivois chenâtre jusques au luisant. » (Grandval.)

LUISANTE : Nuit, fenêtre.

(Halbert.)

LUISANTE : Lune. (Vidocq.)

LUISARO : Soleil. (Idem.)

LUISARDE : Lune. (Halbert.) — «Tous les chiffonniers savent ce patois énergique qui appelle la lune une luisarde. » (La BédoUière.)

LUMIGNON (le grand) : Le soleil. (Rabasse.)

LUNCH : Collation. — Cest d'Amérique que viennent le mot et la mode. — a Les frais de ce lunch ne sont plus à la charge des mariés. » (Petit Moniteur,)

LUNDI (faire le) : Manquer à son travail; continuer, le lundi, rinaction du dimanche.

LUNE, PLEINE-LUNE, DEMI- LUNES : Derrière. — Allusion de forme. — c £n voilà une bonne I il a pris la lune de Pé-> tronille pour sa figure. » (P. de Kock.) V. Cadran,

LUNE : Figure ronde comme la lune. — a Cora P. est à Maisons-Laffitte, elle engraisse énormément. C*est tellement visible qu*on ne l'appelle plus que la lune rousse. » {Éclair.)

LUNE : Variation d'humeur influant sur l'homme comme la lune influe sur le temps. — «C'est un musicjen qui ne doit pas être commode, Il doit avoir des lunes.»

(Comment, de Loriot, 69.)

LUQUES, LUQUETS : Faux papiers, Images. (Grandval.)

LURON : Saint- Sacrement.

(Colombey.) —Allusion au rond de rhostie.

LUSQUIN : Charbon. (Halbert.)

LUSQUINES: Gendres. (Idem.)

LUSTRE : Juge. (Idem.)

LUSTRE (admirateur, chevalier du) : Claqueur posé au parterre sous le lustre. — c Les admirateurs du lustre donnèrent, mais le public resta froid. »

(L. Reybaud.)

LUSTRER : Juger. (Halbert.)

LYCÉE : Prison. (Rabasse.) C'est le mot collège approprié aux exigences modernes. V. Collège,

LYONNAISE : Soierie. (Vidocq.) — Lyon est le centre de la fabrication des soieries»

M! : Abréviation d'une injure employée déjà par Rabelais «Merde! moi ignoble et grossier,' dont le bas peuple se sert dans un sens négatif, » écrivait Dhaulel en 1808. Ce n'est pas seulement; ■dans le bas -peuple que M... est Usité, comme on ^va le voir par le second des textes suivants.

Celui-ci est extrait du Temps du i6 août 1872 :

INCIDENT d'audience AUX ASSISES.

Uaccusé .Lhermine est ua jeune homme de vingt-cinq ans, mais qui paraît à peine âgé de dix-huit; blond, grêle, court. Sa petite figure blême et vicieuse semble taillde en lame de cour teau. Il n'a pas commis moins de quarante-sept vols qualifiés. C'est luimême qui, au cours de l'instruction, les a indiqués au magistrat et en a.fait vérifier les détails. Il est «n outre accusé de coups volontairement portés à sa mère légitime. M. le président se tourne vers l'accusé et, comme il est prescrit par la loi, il Tinterroge.

M. le président : Accusé, 'levezvous. Vos nom et prénoms ?

L'accusé : Auguste Lhermine.

Af. le président : Votre âge ?

V accusé : Merde!

Ce mot ordurier, prononcé à haute voix, est entendu par tout le monde.

L'auditoire fait entendre des rumeurs.

M. le président : Accusé, dans votre propre intérêt, je dois vous engager ù la circonspection. Vous avez peutêtre été victime d'habitudes grossières ou d'un mouvement irrélléchi. Ma.i;isirats, nous voulons bien oublier cet outrage, qui ne saurait d'ailleurs nous

atteindre. Veillez sur voasdéffonnaii.

Votre défenseur va vou» entretenir. Il vous conseillera. Je le répète, c'est dans Yotre propre intérêt que je parle.

Après un quart d'heure de suspension, les jurés reprennent place, au milieu de l'émotion vive de l'auditoire, et la cour reprend séance.

M, le président j Messieurs les ju-> rés, mon devoir m'oblige à faire subir, avant la prestation de votre serment, un interrogatoire à l'accusé pour constater son identité, je vais le reprendre... Accusé, vos nom et prénoms?

L'accusé ne répond pas.

M. le président renouvelle sa question.

L'accusé^ d'une voix plus décidée :

Merde !

Des murmures éclatent dans toute la salle. Sur les réquisitions du ministère public, la cour condamne Lhermine à deuxaâs.de prison. C'est le minimum de la. peine en cas d'outragé à la cour.

Notre : second texte :(pris dans AsL ^Liberté du 8 septembre), rend compte d'une alluire jugée le 7. septembre 1872, par le tribunal de Pont rÉvêque. Voici la déposition d'un témoin :

'Le troisième témoin, Leprêtre (Auguste-Émilc), vingt-quatre ans, douanier à Dcauville, est appelé. Lecture est donnée de sa déposition devant le juge d'instruction : « Le 14 août, vers cinq heures, j'étais de service sur la jetée de Dcauville, avec mon camarade Ollivier, lorsque je vis rentrer une embarcation. Des personnes qui s'y trouvaient criaient : ■ Vive Napoléon i A bas Thiers! Vive la France!

Merde pour Thiers ! • Ces cris ont été

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