INTRODUCTION. XXI
à la tripotée^ à la pile^ au travail du casaquîn! tous êtes à sa merci. Il vous pétrira de coups.
Encore une seconde, et vous voilà en compote ou démoli, — Tant pis si vos os ne sont pas numérotés. Il n*y aura plus moyen de les mettre en place.
Notez que, contre tous ces termes, le langage du monde n'en a pas un seul qui exprime la même idée en un seul mot.
Et ce n'est point là seulement que nous retrouvons une variété significative de synonymes.
Prenons boule ^ ou balle^ ou coloquinte^ ou calebasse I c'est la tête plus ou moins ronde.
Avec binette^ trombine^ faciès^ frime^ frimousse^ il y a quelque chose de nouveau : nous voyons se dessiner la physionomie.
La sorbonne et la boussole désignent le cerveau qui conçoit, raisonne et dirige.
Le caisson a été fait tout exprès pour représenter le crâne éclatant à l'heure du suicide.
La tronche montre la tête tombant sous le couteau de la guillotine.
De la tête passons à la jambe : grosse, c'est un poteau; ordinaire, c'est une quille; mince, c'est uney7û/e, un cotterety xxTifumeron^ un fuseau^ un échalas; plus mince, c'est une pincette^ une jambe de coq; plus mince encore, c'est un ^/ de fer; tremblante, c'est un flageolet. Les jambes du danseur sont des ^i^i/e5 ou des gambilles; celles du marcheur forment un compas ^ une équerre.
Cette précision se retrouve jusque dans les diverses manières de dépenser son argent. Le prodigue douille^ la dupe casque, l'homme qui veut imposer la confiance éclaire^ l'économe s'allonge^ l'avare se fend jusqu'à s'écorcher.
La mort elle-même semble vouloir prêter un verbe à chaque état. Le pilier de café dévisse son billard^ le cavalier graisse ses bottes^ le bavard avale sa langue^ le chiqueur pose sa chique^ le fumeur casse sa pipe^ l'apoplectique claque^ le troupier reçoit son décompte^ descend la garde, passe Parme à