MONTER UNE PARTIE
Réunir quelques artistes pour aller donner hors de Paris une ou deux représentations dramatiques dites d'amateurs.
MONTEUR DE COUPS : Menteur, mystificateur, escroc. — ^ « Je serai le seul monteur de coups à qui tu r'passeras en arrière tes gros sous. 1 (Festeau.)
MONTEUR DE PARTIE : Artiste dramatique ayant pour spécialité de monter des parties. — f Une femme qui fait beaucoup de frais, voilà le rêve des monteurs de parties. » (P. Mystères de l'école lyrique, 67.)
MONTMORENCY : Cerise. — Du nom de l'endroit où elles sont réputées. — On dit de même Montreuil pour pêche, Fontai^ nebleau pour raisin et Valence pour orange.
MONTRE-TOUT : Veston ne descendant pas plus bas que la taille. Mot à mot : montrant le derrière.
MOQU ER COMME DE L'AN 40 (s'en) : Sous-entendu de l'an 40 de la république, c'est-à-dire d'un an qui n'arrivera point. Expression due sans doute aux royalistes de la première Révolution. — c Je m'en moque comme de l'an 40. 1»
(Jaime.)
MORASSE : Ennui, inquiétude. — Avoir la morasse ;Étrc tourmenté. (Rabasse.)
MORASSE (battre) : Crier à
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l'assassin. (Vidocq.) Mot à mot :
à la mort, à Vassassittat,
MORCEAU : Fille sale.
MORCEAU (enlever le) : Être plus mordant que dans ses propos.
MORCEAU (faire le) : Briller dans le détail, artistiquement parlant. — « Bien que Léopold Robert n'eût pas de grandes vues, il faisait très-bien le morceau. »
(Th. Silvestre.)
MORCEAU (manger le) : Dénoncer. V. Manger.
MORDANTE : Scie, lime. (Rabasse.) — Toutes deux mordent sur le bois et sur le fer.
MORDRE (ne pas) : Être sans force, sans esprit, sans talent.
On dit aussi : Ça ne mord pas pour exprimer l'impossibilité de faire croire ce qu'on dit ou d'emmancher une affaire. Expression empruntée aux pêcheurs à la ligne.
MORFE : Repas, mangeaille.
(Halbert.)
MORFIANTE : Assiette.
(Grand val.) — De morfier.
MORFIER, MORFIGNER, MORFILER : Faire, manger.
— Morfier est un vieux mot d'où les deux autres dérivent. — tt Calvi morfile sa dernière bouchée. » (Balzac.) V. Chêne,
MORGANE : Sel. fVidocq.) -- De Morganer, Le sel est un mordant, f V. Momir.
MORGANER : Mordre. (Idem.)
— Vieux mot.
MORICAUD : Broc de ^in.
(Vidocq.) — Allusion à sa cou* leur sombre.
MORILLO : Chapeau 4 petits bords. — ce C'était le temps ^ie la lutte de l'Amérique Tnéridional& contre le roi d'Espagne, de 1B0* livar contre Morillo. Les (chapeaux à petits bords étaient roya* listes et se nommaient des morillos; les libéraux portaient des chapeaux à larges bordsqui «'appelaient des boiivars. »• (Victor Hugo.)
MORNANTE : Bergerie. (Halbert.)
MORNE : Mouton. (Vidocq. >
— Du vieux mot moraine :
laine.
MOR NÉE : Bouchée. (Hal* bert.) — Ce doit être une abréviation de morganée, V. Morganer^
MORNIER : Berger. (Idem.)
— De morne,
MORNIFLE : Monnaie. (Colombey.)
MORNIFLEUR TARTE t Faux-monnayeur.
MORNOS : Bouche. (Grand-^ val.)
MORT, MORTE : Condamné, condamnée. (Colombey.) V. Mu-lade,
MORT : Enjeu augmenté après coup .par le procède de la ;70iicette. (V. ce mot.) a Et surtout, s'écrient les banquiers : pas demorts 1 Traduction : Pas d'enjeux intempestifs. » (Gavaillé.)
MORT (faire un) : Jouer le whist à trois personnes, en découvrant le jeu d'un quatrième partenaire qui n'existe pas. — •« M. d'Ajuda proposa d'aller faire
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un mort avec le duc de Grand lieu. » (Balzac.)
MORUE : Femme abjecte .
— « Vous voyez, Françoise, ce panier de fraises qu'on vous fait 3 francs ; j'en offre i franc, moi, et la marchande m'appelle... — Oui, madame, elle vous appelle...
morue ! » (Gavarni.)
MOTS (avoir des) : Échanger des reproches. — a En rentrant du bal avec ton amant, vous avez eu des mots, et il t'a flanquée à la porte. » (Montépin.)
MOTTE : Maison centrale. — « On vient de tirer mon portrait et on va l'envoyer dans toutes les mottes et dans tous les loirs. »
{Lettre de Minder, Introd.)
MOUCHA ILLER : Regarder.
(Grand val.)
MOUCHARDE : Lune. Elle moucharde les voleurs. V. Cafarde. — (( Mais bientôt la patraque, au clair de la moucharde, nous reluque de loin, i (Vidocq.)
MOUCHE : Mauvais, vilain.
Abréviation de mouchique. — « Mouche, pour ceux qui ne comprendraient pas le langage parisien, signifie mauvais, » (Troubat.) c — Avez-vous été hier soir aux Variétés? — Toc. — Et Ambroise? — Mouche. » (Lemercier de Neuville.)
MOUCHE : Bouquet de barbe placé sous la lèvre inférieure Allusion à sa petitesse. — c Le ministre de la guerre vient de tran- . cher la question du port de la mouche. » (Du Casse.)
MOUCHE (faire) : Tirer assez |
juste pour aplatir la balle sur un point noir (mouche), au centre de la cible. — c Elles font mouche à tout coup et tuent les hirondelles au vol. » (A. Second.)
MOUCHES (tuer les) : Infecter. Mot à mot : avoir une haleine assez infecte pour empoisonner les mouches au vol. — On dit aussi tuer les mouches à quin:(e pas,
Tieas, Paul s'est liché du col ; Est-y fier depuis qu*il promène Clara, dont la douce haleine Fait tomber les mouches au vol.
(Colmance.)
MOUCHER : Remettre les gens à leur place, éteindre leur insolence. — a Nous allons donC les moucher ces lanternes (journaux) qui peuvent faire croire à l'abrutissement général de la nation. » (La Mouchette, 68.)
MOUCHER : Frapper, battre.
— « Allons, mouche-lui le quin* quet, ça l'esbrouffiera. i (Th. Gautier.)
MOUCHER : Tuer. Mot à mot :
éteindre la flamme de la vie. — a Aussi ne se passait-il guères d'heures sans qu'il n'y eût quelqu'un de mouché. » (Mém. de Sully, xvx* siècle.) — f Je l'enfile par un coup droit. Encore un de mouché. » (Randon.)
MOUCHER : Non, c'est que je me mouche, non, c'est que je tousse :
Négation ironique équivalant à une affirmation pour n'importe quel sujet.
MOUCHER (se) : « Les garçons de jeu se mouchent fréquemment au tapis vert, ce qui
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«eur permet d*escamoter un ou deux louis dans leurs mouchoirs.
L'expression est devenue proverbiale. On dit d'un garçon qui escamote un louis de quelque manière que ce soit : Il s'est mouché d'un louis, y (Cavaillé.)
MOUCHER DU PIED (ne pas se) : Agir en homme bien élevé, et non comme celui qui, après s'être mouché avec les doigts, efface du pied sa morve. — « Mais c'est des artistes, qui ne se mouchent pas du pied. » (Désaugiers.)
Pris ensuite au figuré pour signifier une supériorité quelconque, comme le prouve cet exem- I pie : — « Ce petit vin colorié ne , se mouche pas du pied, i (Moinaux.)
Le besoin de varier a fait dire dans le même sens : ^e pas se moucher du talon. — « C'est un gaillard qui ne se mouche pas du talon, n (P. de Kock.)
MOUCHERON : Enfant. — «La portière et son moucheron.» I Léonard, parodie, 63.)
MOUCHERON : Garçon de marchand de vins. (Il voltige autour des tables des consommateurs.) <c Une deuxième tournée est commandée au moucheron. »
(Ladimir, 42.)
MOUCHETTES (des) : Non.
«—Tu m'as volé? tu vas rendre 1 — Des mouchettesl » {Léonard, parodie, 63.)
MOUCHIQUE : Vilain, mauviis. — Forme de moustique, V. ce mot. c On s'en dégoise de inouchiques, quand les uns s*appellent feignants, les autr's leur-
z'y répondant : mufis. » (Cabassol.) V. Gaffier.
MOUILLANTE : Soupe, morue. (Halbert.)
MOUILLÉ (être) : Être apprécié à sa valeur. (Colombey.) — Allusion aux tissus qu'on mouille pour voir s'ils se rétrécissent.
MOULB : Visage irrégulier.
Ironie.
MOULE A GAUFRE : Visage fort grêlé. — On sait qu'un moule à gaufre est criblé de trous. — f Le moule à gaufre qui tient en chef les destinées de VUnivers. 1 (Tam-Tam, 76.)
MOULE DE GANT : Soufflet.
— La main est un moule de gant.
— « Te goberges- tu de nous? Je te bâillerai d'une paire de moules de gant. 1 (Vadé, 1744.)
MOULE EST CASSÉ, ON N'EN FAIT PLUS (le) : Se dit d'un personnage exceptionnel*, inimitable.
MOULIN : Magasin dé receleur.
(Colombey.) V. Meunier.
Aller au moulin : Vendre du plomb volé. (Rabasse.) Mot à mot : allez chez le receleur.
MOULINER : Bavarder, (Idem.) — Allusion au tic tac perpétuel du moulin. — On appelle de même moulin à paro»
les un bavard.
MOULOIR : Bouche. (Halbert)
— Elle moule les aliments.
MOURIR (tu t'en ferais)!
Tu t'en ferais crever! — Ces formules négatives s'emploient sur* tout contre ceux qui sont trop avides ou qui manifestent des
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