‹ Dictionnaire historique d'argot (volume 2)Chapitre 6 sur 474 · INTRODUCTION. V · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. V

vieux mots d*argot ont été transmis parles classes dangereuses. Là semblent s*étre conservées les traditions, comme dans certains villages où le patois d'aujourd'hui n'est au fond que le bon français d'il y a quatre cents ans, maintenu en dehors de toutes nos modifications. Ainsi les voleurs qui disent arpion pour pied, imitent nos pères qui disaient harpion^ pour grifle. Leur abèquer (nourrir) n'est autre que l'ancien verbe ahécher. Arnache (tromperie) descend en droite ligne du verbe /rarw^cAer (tromper). Vanquilleuse qui vole dans nos magasins est vieille de plusieurs siècles. Le fifi vidangeur avait dès l'an i35o Thonneur d'être nommé dans une ordonnance du roi Jean. Estrangouiller (étrangler) est un mot de langue romane qu'on devinerait rien qu'en pensant au latin strangulare (on prononçait strangoulare), .De même, cadenne (chaîne) et pecune (argent) sont des formes pures des mots latins catena et pecunia. Le carie et les pimpions rappellent des monnaies historiques. — Nous citons quelques exemples seulement, et nous sommes loin de tout donner. {Voyez Bigorne^ Daron^ Cabas ^ Bouler^ Caruche^ Butter y Caler ^Chiquer,) A défaut des glossaires du moyen âge, les patois de nos provinces éclairentaussi d'une façon inattendue les étymologies de certains mots. C'est ainsi qu'on retrouve brimer en Poitou et biffin en Champagne. Cherchez dans le dialecte flamand f et vous retrouverez le charriage dit à V américaine dans charrier : mystifier.

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