‹ Dictionnaire historique d'argotChapitre 101 sur 606 · BLAGUEUR, BLAGUEUSE · texte numérisé non relu

BLAGUEUR, BLAGUEUSE

Menteur, menteuse.

Mais qu'un blagueur me raconte Ses faits merveilleux,

Quand j'en ai plus que mon compte, Je lui dis : Mais, mon vieux, Je n' coup* pas beaucoup Dans c' montage de coup.

(Aug. Hardy.)

— a Mon beau-père, vous n'êtes qu'un vieux blagueur! dit Robert Macaire aubarondeWormspire;" et ils s'embrassent. » (Luchet.)

— « En i8i3, deux femmes, Pauline la Vache et Louise la Blagueuse , enlevèrent 5o,ooo francs- » (Vidocq.)

ÉLAGUE UR : Railleur. — ce II ne pouvait y avoir circonstance si grave qui empêchât ce blagueur fini de se livrer à sa verve. » (L. Desnoyers.)

BLAIREAU : Conscrit. — Ani-

BLA

BLO

malisme. — <c Moi, j'ai carotté un Waireau... » (La Bédoilière.)

BLAIREAU TER: Peindre avec trop de fini, abuser du pinceau de blaireau qu'on a entre les mains. — <c Aussi sa peinture est-elle fameusement blaireautée. » (La Bédoilière.)

BLANC : Vin blanc. — « Allons, vivement! du blanc à un franc ! » (La Bédoilière.) — On dit aussi Petit blanc.

BLANC : Légitimiste désirant le retour du drapeau blanc.

BLANC : Pièce d'un franc.

(i85i. Almanach des débiteurs.) — Allusion de couleur.

BLANC (n'être pas.) — Être en mauvaise passe. Mot à mot : être noirci par une accusation quelconque. ^ <£ La v'ià morte , j'sis pas blanc. » (Riem^iy 1826.)

BLANCHISSEUR: Avocat.

(Colombey.) Il lave l'accusé.

BLANQUETTE : Argenterie.

(Vidocq.) — Monnaie blanche.

(Grand val.)

BLANQUETER : Argenter.

(Colombey.)

BLARD , BLAVARD : Châle.

Mot à mot : grand mouchoir. — Augmentatif de Blave.

BLAYE, BLA VIN : Mouchoir.

(Vidocq.) — Diminutif du vieux mot blave : bleu. — Les mouchoirs à carreaux bleus sont encore fort en usage, surtout chez les priseurs.

BLAVE : Cravate. (Rabasse.)

BLAVINISTE : Voleur de mouchoirs. V. Butter, Pègre.

BLÉ (du) : De l'argent. (Rabasse.)

BLEU : Conscrit. — Allusion à la blouse bleue de la plupart des recrues. — «Celui des bleus qui est le plus jobard. » (La Barre.)

BLEU, PETIT BLEU : Gros vin dont les gouttes laissent des taches bleues sur la table. — «La franchise arrosée par les libations d'un petit bleu, les avait poussés l'un l'autre à se faire leur biographie. » (Murger.)

De ce vin, qu'à tort l'on renomme, Qui grise en abrutissant l'homme, Et qu'on vend pour du petit bleu.

J'en goûte un peu. (H. Valère.)

BLEU : Très-irrité, très-stupéfait. — Allusion à la teinte que les sentiments excessifs amènent sur les figures sanguines.

BLEU (bailler tout) : Rester stupéfait. — Même allusion que ci-dessus.

BLEU (pays, royaume du) :

Pays imaginaire et radieux comme le ciel bleu si contemplé par les poètes. — «La guerre même devient un spectacle agréable, et l'on nage dans le royaume du bleu. » (J. Richard.)

BLEUE (colère) : Colère violente. — Même allusion que cidessus. — « La littérature et la musique l'ont fait entrerdans des colères bleues. » {Vie parisienne, 1866.)

BLOC: Prison. — On y est bloqué. — «Prenez trois hommes et menez cette fille au bloc. »

(V. Hugo.)

BLOCKAUS : Schako ancien

BLOND (beau) : Soleil, (Colombey.) — Allusion de couleur.

— > Se dit aussi ironiquement d'hommes qui ne sont nî beaux ni blonds.

BLONDE : Amante. « Blonds s'emploie dans ce sens sans distinction de la couleur des ch&veur, car il existe une chanson villageoise où, après avoir fait le portrait d'une brune, l'amoureux ajoute qu'il en fera sa blonde. » (Monnier, i83i, Vocabulaire jurassien.)

BLOQUER : Consigner. — a Colonel, c'est que je suis bloqué. — Je voue débloque, n (J.

Arago, i838.)

BLOQUER : Vendre, abandonner. (Halbert.) V. Abloquir.

BLOT : Bon marché. — {Vidocq.) — Corruption de Bloc. Les marchés d'objets en bloc sont les plus avantageux,

BLOUSE : Terme du jeu de billard. — « On dit qu'on a mis quelqi^un dans la blouse, quand on l'a mis en prison, ou quand on l'a fait tomber dansun piège, it (Caillot, iSïg.) — Se blouser est donné avec ce sens par le Dictionnaire de t'Acadimie.

BLOUSIER: Voyou, Mot â mot : porteur de blouse,

BOBE : Montre. — Abréviation de bobino. u Bien réusai un pédéau chantage de i,8oo francs, un bobe et une bride en jonc. »

(Beauvilliers.)

BOBÉCHON ; (se monter le) :

Se passionner. — Comparaison

de la llnnime du cœur à celte de la bougie. (Rabasse.)

BOBINE : Figure. —Du vieux

mot boàe : moue, grimace.

BOBINO : Montre. (VidocqO

B0B05SE : Bossu, bossue,

BOG, BOCARD, BOCSON :

Cabarât mal famé, maison de

prostitution. Du vieux mot 60-

que, bouc. Le bouc était l'em-

lË lie la luxure et des que-

s. On disait jadis boquer pour

frapper. — a Montron, ouvre ta

lourde, si tu veux que j'aboule

et pïonce en ton bocson, n (Vi-

BOCAL : Petit appartement.

— « Voyons si le susdit bocal est toujours à louer, n (Montépin.)

BOCAL : Estomac, — i Au restaurant, le bobème dit qu'il va se girnir le bocal, s (Lespès.)

Dans les deux sens, l'allusion s'explique d'elle-même, et les logements parisiens continuent de

BOCARD : Café, — BOCARD PANNE : Petit café. (Pe»> dictiaimaire d'argot, 1844.) V. Boc.

BOC\RD : Lupanar. (Colombey.) V. Boc.

BOCARI : Beaucaire. (Colombey.) — Interversion de l'i.

BOCHE : Libertin, mauvais sujet (Delvau.)

B O G K j Verre de bière. —

BŒUF : Monstrueux, aussi inorme qu'un*û-u/. — tt Regarde donc la débutante. Quel trac bœuf! Elle va se trouver mal. b (Ces petites Dames.)

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