BRULER LES PLANCHES
Jouer avec beaucoup de feu. Ne se dit qu'au théâtre. — « M"« Beretta brûle les planches de l'Opéra. » (De Boigne, 1857.)
BRULEUR DE PLANCHES :
Acteur jouant avec feu. — « Leménil était ce qu'on appelle en argot de coulisses, un brûleur de planches. » (P. Véron.)
BRUTAL : Canon. — Allusion au grondement de son tir. — a As-tu entendu ronfler le brutal? » (Dhautel.) — « Une détonation se fit entendre. — Tiens, dit Pierre, voilà déjà le brutal qui chante. » (Ricard.) V. Invalo,
BRUTIUM : Elève du prytanée de la Flèche. C'est aussi le prytanée lui-même. — Latinisme dont l'origine nous est inconnue. Voir Volaille.
BRUTUS : Bretagne (lMù«tX,^
Changement de deux voyelles, BU : Complètement ivre. Mol à mot ] imbibé de boisson. — Au moyen âge on disait, sans abréger, oultrebeu {outreku). — k Le pochard n'est pas encore un homme complètement bu. » (Ladimir, 184^1.] — « C'est pas gentil, que j'diG, c'que tu fois !â, d'autant qu't'es pas bu. » (H. Mon-
BUCÉPHALE ; Cheval bon ou mauvaiB. Allusion ironique au cheval d'Alexandre. — i Bucépbale, le chevald'Aleiandre,dont le nom nous sert à désigner les chevaux de parade, el aussi, par ironie, ceux qu'on appelle vulgairement des rosses, a (Rozan.)
BUCHE {temps de) ; V. Pioche.
BUCHE PLOMBANTE : Allumette chimique. (Vidocq.) Mot à moi : brin de bois sentant mauvais. — Bûche est dit par ironie.
V, Plomber.
BUCHER : Travailler. —Du vieux mol buscher : fendre du bois. — « Moïse est un fomeux travailleur ; il bûche comme quatre à lui tout seul. » (M. Perrin.)
BUCHER : Battre. (Dhautel.)
r vient poar ou bQclier :
Md, je r tais trébucber. [CHansoM, Avignon, iSi3,)
BUCHERIE ! Combat, lutte acharnée.
BUCHEUR : Travailleur assi du, bûchant avec amour.
BUEN-RETIRO : Endroit proquelquefois par ironie :
,. (Tani
BUQ.UER : Voler dans une boutique en demandant de ta monnaie. (Vidocq.)
BUREAU ARABE : En Afrique, du vin avec du sucre s'appellu un état-major. De l'absinthe mêlée avec de l'orgeat, s'appelle :
un bureau arabe.
BURLIN : Sureau. — Changement de finale. V. Parrain.
BUSARD, BUSE, BUSON :
Inintelligent, oblus, comme la buse qui est le plus couard des oiseaux de proie. — a Et il ne sera pas béolien et buson comme toi. B (Ricard.)
BUSTtNGUE : Hôtel garni.
(Halbert.)
BUTE, BUTTE : Guillotine.— Elle butte les gens. — a Tu n'es qu'un lâche. Avec toi, on va tout droit à la butte, n (Canler.) V. Tine.
Monter à la butte : Monter à l'échafaud. (Ra basse.)
BUTÉ (être) : Être guilloliné.
BUTTER : Tuer, assassiner.
— C'est le vieux mot buter :
frapper, renverser, qui a fait culbuter dans la langue usuelle. —
Voilà donc une classe d'individus réduite à la dure extrémité de travailler sur le grand trimar, goupiner, de faire le bog et le blavin, de butter même s'il en iStait besoin. » (So,ooo voleurs plus à Paris, 3o.) — <t Voilii
CAB
pour butter le premier rousse, dit-il en montrant un couteau. »
(Canler.)
BUTEUR, BUTTËUR : As-
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sassin, bourreau. (Rabasse.)
BYRONIEN : D'allures à la Byron, poétiquement inspirées.
W. Tartine,
C (être un) : Être un imbécile.
(Grandval.) Abréviation de c-o-w.
— Au moyen âge, on disait conord dans le même sens. V. Lacombe, Dictionnaire du vieux lan gage, — Connerie (stupidité), et comtois (niais), sont de la même famille.
ÇA fc'est). UN PEU ÇA (c'est) :
Cest superlatif. — « Ils sont laids que c'est ça. » (Pecquet.) — «C'était ça, presque aussi bath qu'au café. » (Monselet.) — a On me cognait, mais c'était ça. » (Zompach.) — « Restez, gendarme, mais ne remuez pas trop, car vous avez l'infirmitédes piedsque c'est ça. »
{Dernier jour d'un condamné. ) ^ « S'il tournait une phrase de manière à lui donner de l'effet, les tricoteuses applaudissaient et s'écriaient : Là, c'est ça ! » (Lady Morgan, 18.)
ÇA (il a de) : Il a de l'originalité, du talent, du génie.
ÇA (Il a de) : Il est riche. — En disant ce mot, on fait ordinairement le geste de compter.
ÇA (elle a de) : Elle est riche d'appas.
CAB : Cabriolet à l'arrière duquel conduit le cocher. — a Là, il déjeuna à la hâte et demanda
un cab. » (Ponson du Terrail.) — Anglicanisme.
CAB, CABOT, CABE : Chien.
(Grandval.) — Contraction abrégée des deux mots : qui aboie.
Les voleurs ont, comme ils le font souvent, donné le nom de l'acte à l'acteur. Au lieu de dire le chien, ils ont dit : le qui aboie et en abrégeant : le qu*abe , le qu^abo. — Ce procédé est fréquent.
Voyez Calvin, Combre.
CABAS : Femme avachie. — On dit : c'est un vieux cabas. Le mot appartenait déjà à l'ancienne langue provençale. En catalan, on dit caba:^; en espagnol, capa^o; en italien, cabaco,
CABASSER : Tromper. (Colombey.) — Vieux mot.
CABERMONT : Cabaret. (Vidocq.) — Corruption de mot par changement de finales. V. Promont,
CABESTAN : Agent de police ( Viùocq.) — Officier de paix. (Delvau.) V. Macaron,
CABILLOT : « L'ennemi naturel du matelot, c'est le soldat passager,plus souvent nommé cabillot, à cause de l'analogie qu'on peut trouver entre une demidouzaine de cabillot^ i^cVie.N'\\\ft.^
CAB
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alignés au râtelier et des soldats au port d'armes. » {Physiologie du matelot, 43.)
CAB, CABOT : Mauvais acteur. — Abréviation de cabotin.
CABOTINAGE : Cest le mauvais côté de la vie de comédien.
— « La comédie de société, cet élégant cabotinage. » (Villemot.)
CABOTINE : Actrice médiocre ou nomade. — <c L'actrice, sage ou non, est pour eux une cabotine. » (Ricard.) V. Cabotiner, — Le dictionnaire de V Académie donne Cabotin.
CABOTINER : Faire le métier de cabotin, fréquenter les cabotins, et, par extension, dans n'importe quelle classe, tomber dans les désordres de la vie d*artiste sans en avoir le beau côté. — Un petit roman de l'an VII (les Comédiens Ambulants), nous donne rétymologie du mot dans ce passage : ce Je parle des troupes de comédiens qui sont obligés de courir de ville en ville, et, pour me servir de la véritable expression, de çabotiner. » Ce métier de courir de ville en ville donnQ la clef du mot. Le cabotin est à Vartiste ce qu'un navire caboteur est à une frégate. — a II a l'air artiste; dans sa jeunesse il a tant soit peu cabotine; mais il a renoncé à Satan, à ses pompes et à ses œuvres. » (Privât d'Anglemont.)
CABOULOT : a Le caboulot est un petit café où l'on vend plus spécialement des prunes, des chinois et de l'absinthe. » (A. d'Aunay, 61.) Une monographie des Caboulot s de Paris a paru en 1862. C'est aussi un cabaret de premier ordre. V. Camphrier,
CABRIOLE : chambrée (Rabasse.) — Forme de cambriole.
CABRIOLET : Hotte de chiffonnier. — Ironie. Le chiffonnier roule (marche) avec son cabriolet comme le fantassin part à cheval sur Ai(or. V. Cachemire cPosier,
CABRIOLET : Chapeau de femme. — Date du temps où sa forme haute ressemblait assez à la capote d'un cabriolet.
CABRIOLET : Petite corde courte terminée par une double poignée. — <c Lorsqu'on ne ligotte pas un malfaiteur, il y a a le cabriolet qui sert à le tenir par le poignet droit. » (Rabasse.)
CACHEMIRE: Torchon.— Ironie. On dit: «Donnez un coup de cachemire, » pour <c essuyez la table! »
CACHEMIRE D'OSIER : Hotte de chiffonnière. — <c Lorsque vous voyez un de ces braves philosophes des faubourgs portant crânement son cabriolet sur le dos, ou une pauvre femme pliée sous son cachemire d*osier, vous ne pouvez vous figurer tout ce que renferment ces hottes pleines. » (Privât d'Anglemont. — Cette ironie devait naître dans le monde des chiffonnières où les femmes déchues ne manquent pas. La hotte se met comme le cachemire sur le dos.
CACHE MIT TE : Cachot.
(Grand val.) — Les rongeurs n'y manquent pas. C'est un jeu de mots avec changement de finale.
CACIQUE : « C'était le temps où Taine était un cacique, c'est-àdire le premier de sa- section à
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CAP
l'École normale. » (lyAudigier, 66.)
CADAVRE : Preuve d une action répréhensible. — On dit : i!
y a un cadavre, en parlant du deux personnes dont les relatlo^ii ne s'eipliquent pas et qu'on suppose liées par leur complicili:
dans quelque mauvaise action.
— Savoir où est le cadavre CLt posséder la preuve de celle mauvaise action. — « P... n'a plus
cadavre. Chaque fois qu'il voudra prendrela parole,on s'écriera :
■ Et le débit de tabac? n
(A. Scholl.)
CADAVRE : Corps vivant. — Nourrir aon cadavre, c'est manger. — Ironie à l'adresse des as~ cètea.
CADELLE :Chaf ne de montre.
(Rabasse.) — Forme moderne de Cadenne.
CADENNE : Chaîne. (Vidocq.)
— Vieux mot où se retrouv latin Calena.
CADET : Derrière,
Sur un banc e11« te met.
C'est trap baut pour ean cadet.
(Vadé, 1756.)
CADET ; Pince en fer pour forcer les portes (Grand val.) Voir Caroubieur
CADET : Apprenti maçon.
CADET : Individu. - Pris en mauvaise part. Jadis le cadet n'avait, dans le monde, qu'une considération proportionnée à sa fortune, qui était nulle. — «Le cadet près de ma particulière s'assoit sur r banc. » (Le Casse- Gueule, chanson, 14.) — Une ca-
ricature de i83o porte cette légende ; a C'est de fameux cadets, lis ont trouvé moyen de taire de la panade avec du pain, i
CADICHON 1 Montre. (Vidocq.) Diminutif de Cadran.
CADRAN : Montre. — Partie prise pour le tout.
CADRAN SOLAIRE, CADRAN LUNAIRE ; Derrière. —Allusion la forme ronde du cadran. Voir
Est-ce l'apothicaire ui vient placer l'aiguille i mon cadian lunaire ?
(Parodie de Zaïre, I7iii< liicle.) CAFARDE : Lune. (Vidocq.)
— C'esila lune voilée se dissimulant derrière un nuage avant d'être la Moucharde, c'est-à-dire ie dévoiler un homme qui fait un mauvais coup.
CAFARDER : Faire l'hypocrite, le cafard. — « En sorte qu'il .jafarde avec sa ma lade.n (Balzac.)
- Cafard est un mot déjà an-
ple : a Un cafard qui eus! oublié