‹ Dictionnaire historique d'argotChapitre 123 sur 606 · L.er, ■ (Rabelais, Pantagruel, V. 4. ch. XL VI · texte numérisé non relu

L.er, ■ (Rabelais, Pantagruel, V. 4. ch. XL VI

CAFE (fort de), FORT DE CHICOREE, FORT DE MOKA :

Excessif, peu supportable. — On 5iit quelle irritation le café trop fort cause dans le système nerveux. La chicorée jouit des honneurs peu mérités du synonyme.

Il semble qu'ici, comme dans le café du pauvre, elle lient à entrer en fraude. En revanche, on sait que le moka tient le haut de l'échelle. — u On dit : c'est un peu fort de café, pour exprimer

CAG

CAL

que quelque chose passe les bornes. » (Dhautel.) — a Oh! oh!

dirent Schaunard et Marcel, ceci est trop fort de moka. » (Murger.) ^a S'unir à un autre ! c'est un peu fort de chicorée. » (Cormon.)

CAFÉ (prendre son) : Rire, se moquer. — Honnorat, dans son Dictionnaire provençal, donne comme méridionale l'expression prendre soun café : S'amuser aux dépens de quelqu'un. — Un dessin de Bertall fait dire à une bonne poursuivie par un troupier galant : — « Ah ! fusilier, vous voulez prendre votre café. »

CAFIOT : Café faible.— «Elle restait là tant que je n'avais pas mangé mon petit cafiol. » (Commentaires de Loriot.)

CAGETON : Hanneton. (Halbert.)

CAGNE : Mauvaise chienne, mauvais cheval et par extension personne lâche. Vieux mot. Voir Rosse,

CAGNE : Gendarme. (Colombey.) — Pour Cogne,

CAGNOTTE : « Espèce de tirelire d'osier recevant les rétributions des joueurs. » (Montépin.) U Intermédiaire de mars 1866 y voit avec raison une corruption du mot gagnotte. Mot à mot :

lieu où se dépose ce qu'on gagne.

— <c Le lansquenet brille, la cagnotte est dans son plein. » (Lespès.)

Faire une cagnotte : Mettre bs gains du jeu en réserve pour une dépense profitable à tous.

CAG OU : Volour solitaire.

(Grandval.)

CAGOU : Maître voleur chargé d'instruire les novices. (Colombey.)

CAILLÉ : Poisson. Mot à mot:

couvert d'écaillés. Autrefois on disait caille et non écaille.

CAILLOU : Figure. (Rabasse.)

— Allusion d'ovale et de blancheur.

CAïMAN : Mendiant. ^ Vieux mot. La langue usuelle a conservé quémander.

Puisque pauvre et caimande on voit la poésie.

(Régnier, Satire 4.)

CAISSE (battre la grosse) :

Louer très-bruyamment. — Allusion aux bateleurs qui attirent leur public à coups de grosse caisse. — « Il faut qu'Artémise réussisse... C'est le cas de donner de la grosse caisse à se démancher le bras. » (L. Reybaud.) — On dit simplement battre la caisse pour : faire des annonces.

CAISSE (sauver la) : S'enfuir avec les fonds dont on est dépositaire. — A la mode depuis le fameux mot de Bilboquet dans la pièce des Saltimbanques : Sauvons la caisse ! — « Mais j'entends du bruit dans le bazar; sauvons la caisse. » (Villars.) — « On a des nouvelles de Miron qui avait sauvé la caisse. » (Claretie.)

CAISS O N (faire sauter le) :

Faire sauter la cervelle d'un coup de feu, comme un caisson plein de munitions. — « Quelle mort préfcrez-vous?... Faites-moi sauter le caisson. » (P. Borel, 33.)

CALABRE: Teigne. (Halbert.)

— C'est calot avec changement de finale.

CAL

CAL

CALAIN : Vigneron. (Halbert.)

— Ce doit être une mauvaise lecture pour Calvin.

CALÉ : Riche. — Le terme vient évidemment de la marine.

Être calé, c'est avoir assez de biens pour en remplir sa cale ou sa maison. Donné en 1808 par Dhautel. — « Les jours gras!

Dans cette saison, les plus calés sont quelquefois gênés. » (E. Sue.)

— « Je crois que nous aurons du joli monde... des calés. »

(Jaime.)

CALEBASSE : Tête. — Allusion de forme. — « Faudrait pas gros de sens commun pour remplir une calebasse comme ça. »

(Gavarni.)

CALÉGE : Prostituée élégante.

— t La calége vend très-cher ce que la ponante et la dossière livrent à des prix modérés. Sa toilette est plus fraîche, ses manières plus polies. Elle a pour amant un faiseur ou un escroc, tandis que les autres sont associées avec un cabriolleur ou à un roulotier. a (Vidocq. ) Calége vient de cale, qui signifiait grisette au XVII* siècle. — a Gombault, qui se piquait de n'aimer qu'en bon lieu , cajolait avec une petite cale crasseuse. » (Tallemant des Réaux.)

CALER : Faire. (Colombey.)

CALER : Ne rien faire. — Du vieux mot : caler, se cacher. -— « La plus grande jouissance du compositeur d'imprimerie est de caler, » (Ladimir.)

CALEUR : Ouvrier fainéant.

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