V. Cornant
CORRIDOR : Gosier, —ce Vous lui proposez de venir avec vous pour écraser quelques mollusques et se rincer le corridor d'une fiole de Moêt au café Anglais. »
(Vie parisienne, 65.)
CORSET (pas de) : V. Quin^^e ansm
CORVET : V. Être (en).
COSAQUE : Brutal, sauvage, maladroit.
COSNE : Auberge. (Halbert.)
COSTE : La mort. (Idem.)
COSTEL : Souteneur. (Idem.)
COTE (être à la) : Être à sec d'argent. — On est à flot quand la fortune sourit. — a Si vous êtes vous-même à la côte, — quelles singulières expressions on a dans les coulisses pour exprimer qu'on manque d'argent !»
(A. Achard.)
COTE (G) : objets volés. Argot des notaires. • Un lourd commissaire-priseur qui avec la cote G jeta les fondements d*une grande fortune. » (Fournier- Verneuil, 1826.)
COTÉ (A) : Ne répondant pas
à son sujet. — « M. Barbey d'Aurevilly a consacré le succès dans un article à côté très-flamboyant.»
(E. Blondet, 1867.)
COTE DE BŒUF : Sabre. (Vidocq.) — Allusion de forme.
COTELETTES : Favoris s'élargissant au bas des joues, de façon à simuler la coupe d'une côtelette.
COTELETTES : Applaudissements. (J. Duflot.) — Se dit dans le monde dramatique.
COTERIE : « Les tailleurs de pierres s'interpellent du nom de coterie. Tous les campagnons des autres états se disent pays, »
(G. Sand.).
COTES EN LONG (avoir les) :
Être fainéant, refuser le travaiL — Mot à mot : avoir un corps incapable de se plier à la tâche (puisqu'il a les côtes en long et non en travers comme tout le monde). — Ironie populaire. — a Ces demoiselles aussi inaptes au travail que si elles avaient les eôtes articulées en long et non pas en travers. » (Th. Silvestre.)
COTON (Filer un mauvais) : Se mal porter. — a II file un mauvais coton.»(E. Jourdain.) — On disait autrefois jeter un triste coton, comme le prouve cet extrait des Mémoires secrets de Bachaumont : « 24 février 1781.
Madame Bulté vient de partir pour Londres où vraisemblablement elle jettera un triste coton.
Il est à craindre qu'elle n*y meure de faim. » — Cette dernière expression est dans le Dictionnaire de l'Académie,
cou
COU
COTON : Rixe, dommage.
(Halbert.) -^ Il y aura du coton : on se battrai — Abréviation de tricoter. — t Le chef de service leur recommande toujours d'éviter le coton, c'est-àdire d'empêcher qu'il y ait des rixes. » (M. du Camp.)
COTTERET : Forçat libéré.
(Dictionnaire d'argot, 44.) — Jeu de mots : le cotteret est un petit fagot. V. Fagot.
COUAC : Fausse note. — Harmonie imitative. V. Canard. — (( Il lui échappa un couac épouvantable au milieu d'un couplet.)) (A. Signol.)
fibUCHE (nouvelle) : Classe inférieure, élément démocratique. Abréviation ironique de nouvelle couche sociale. — ce Le dictateur avait promis aux nouvelles couches gloire et honneurs. » (Saint-Genest, 75.)
COUCOU : Montre. (Colombey.) — Du nom des horloges de bois dites coucous, à cause du cri de coucou qu'elles simulent en sonnant les heures.
COUCOU : CÔcu. — Redoublement du vieux mot cous :
mari trompé. Coucou est du xviii* siècle.
Une simple amourette Rend mi mari coucoa.
{Chca^ns, impr. Chassaignon, 5i.)
COUCOU (faire) : Jouer à la cachette, jeu où Ton crie coucou en guise d'avertissement. — a Je vais me placer dans ce coin, la figure contre le mur et la main devant les yeux, comme si je faisais coucou. D (P. de Kock.)
COUDE (lâcher le) : Quitter.
— a Vous n'pourriez pas nous lâcher r coude bientôt? » ( LéO' nard, parodie, 63.) — Allusion à la recommandation militaire de sentir les coudes à gauche, en marche.
COUDE (lever le) : Boire à longues rasades. — « Ça n'a pas d'ordre, ça aime trop à lever le coude. D (P. d'Anglemont.)
COUDES A GAUCHE (sentir les) : Marcher avec ensemble, avec régularité, comme à l'école d'infanterie.
COUENNE : Peau. — Se ratisser la couenne, se faire la barbe.