‹ Dictionnaire historique d'argotChapitre 168 sur 606 · V. Raccourcir · texte numérisé non relu

V. Raccourcir

CRACHOIR : Bavardage, bavard. — Qjiel crachoir l Quel bavard I

CRACHOIR : Réquisitoire. V. Bêcheur.

CRACHOIR (tenir le) : Tenir le dé de la conversation et ne pas

céder à d'autres, mot à mot :

i pas lâcher le réquisitoire; ac-

. parer le bavardage. (V. plus haut.) Qfiand il tietil le crachoir, a pour longtemps, di:-oa bavard. Ce terme est ironique. — a N'étudiant aucune question i fond, mais se conlende prendre de chaque chose teinture superficielle qui permet de tenir convenablement crachoir, — terme vulgaire, is juste, — d'une heure ou deux. » (Paris-Journal, 7a.)

CRACK (à) : a Cheval exiraornaire sur lequel on compte beaucoup. On dit le crack de l'é- Lirie pour dire le meilleur cheat. D (Parent.) Angl. argot de

CRAMPE (tirer sa) : Fuir. — Elle a pris ses grands airs et ai tir^ ma crampe. • (Monté-

i«a.) - A auHi un autre «ns qui n'est pas de noire ressort.

CRAMPER (se) : Se sauver.

Mot A mot : tirer la crampe. V.

Pré, Abouier.

CRAMPON : Importun aussi

e qu ui

«Elle

E joEie, celte femme.

Charmante! mais quel cra pon! » (L. Leroy.) V. Lâcher.

< Je vous bis mes adieux. — Je n'en suis pas lïché, vieux crampon, vieux gAteux ! » {Tam Tarn.) De là, sans douie, l'origine de ce péjoratif.

CRAN (l^her d'un) : Abandonner subitement. — « Nous voua lAcherons d'un crao. » — (Vidal, 33.)

CRAN (faire un) : Tenir bonne

CRANE ! Hardi. - . Est-il crSne, cet enragé-li. s (P. Lacroix, 3>.)

CRANE : Beau. — « C'est (a qui donne une crSne idée de l'homme! > (Gavarni.)

Mettre son chapeau en crâne :

Le mettre sens devant derrière, i la tafon des tapageurs,

CRANE : Bon. — t Quand j'étais aur la route de Vaienciennes, c'est lA que j'en avais du crflne du tabac! > {H. Monnier.)

CRANEMENT : Supérieurement. — ■ J'ai été maître d'armes... et je puis dire que je tirais crinement. n (Mérj.) — <r Elle prenait la brosse chez un peintre, et faisait une tête assez crânement. ■ (Balzac.) — i Je suis crinement contente de vous voir. »(E. Sue.)

CRAPAUD ; Homme petit,

CRE

chétif. (Dhautel.) — Gamin. — Pris souvent en bonne part. — a Tiens! Potier, je l'ai vu du temps qu'il était à la Porle-Saint- Ma rein. Dieux! que c'c râpa ud-là "l'a fait rire! » (H. Monnier.)

CRAPAUD : Bourse de soldat.

- Elle est inférieure à la bourse de U masse dite aussi grencuUle, comme le crapaud l'est à la gre-

CRAPAUD : Cadenas. (Vi-

docq.)

CRAPAUD : Fauteuil baa. —

Une bergère... Avancez plui3t n crapaud! . (E. Jourdain.) CRAPULOS, CRAPULADOS :

Cigare d'un sou. Mot à mot : le havane de la crapule. — Ironie A l'adresse des noms pompeux qui distinguent les cigares de la Havane, V, Inftetado».

CRAQUELIN : Mentetir.v' (Grandval.) —De craque, men»^'

CRASSE : Indélicatesse. — Elle m'a fait des crasses. Toi, .11 m'inspires de k confiance, s [A Imanach du Hanneton, 67.)

CRÉATEUR : Peintre. {Vidocq.) — Il crée sur la toile. CRÉATURE : Prostituée. — Pour la grande dame qui se Dit enlever ses adorateurs par ne grisctte, cette grisette est ne créature. > (L, Huart.) — . Mon mari a eu l'infamie de faire venir cette créature dani ,a maison.. (Gavarni.) CREBLEU, GRELOTTE : Ju- .Jns. — Abréviations de sacr^ bleu, sacrelotte. V. ces mots.

GRÉ CHIEN : Abréviation de

CRÉ

CRE

sacré chien, juron.— « Cré chien !

Lolse t*aslàune casquette un peu chouette. » (Gavarni.)

CREDO : Profession de foi.— Latinisme. — oc La meilleure réponse, c'est de publier le credo politique du vieux Cordelier. »

(C. Desmoulins, 1790.)

CRÈME : Superlatif, le meilleur ou la meilleure. — « Excellent!... Dis donc que c'est la crème des oncles. • (Beau val let.)

CRÉ NOM : Juron. — Abréviation de sacré nom. V. ce mot.

CRÊPAGE : rixe. V. Crêper.

— « Un effrayant crêpage de chignons s'en suivit. La police intervint. » (G. Vassy, 75.)

CRÊPER LE TOUPET, LE CHIGNON : Prendre aux cheveux, battre. — a Nous via tous deux à nous crêper le toupet. »

(Letellier, Sq.) — Les femmes se crêpent le chignon.

CRÉPIN : Cordonnier. Mot à mot : enfent de saint Crépi n, patron des bottiers et des cordonniers. — ce Je défie bien le Crépin de me faire des bottes plus justes. » {La Correctionnelle.)

CRÉPINE : Bourse. (Vidocq)

— De crépin. — C'est, comme le crapaud, une bourse de cuir.

CRÉPON : a Des crépons, c'est-à-dire de ces petits paquets de crin que le beau sexe place sous ses cheveux pour les faire « bouffer. » (Éclair, 10 mai 72.)

CRÈS : Vite. (Halberl.)

CRESPINIÊRE : Beaucoup.

(Idem.)

CRÉTINISER : Abrutir. —

c Un Clhazelle a vécu â vingtdeux sous par tête et s'est cré« tinisé. » (Balzac.) — « Tout le monde joue en France, dit-il; qu'est-ce que cela prouve ? une seule chose : c'est que la France se crétinise au milieu ue cette frénésie de spéculation. » {Boursicotiérisme.)

CREUSE : Gorge. (Idem.) — Voyez Creux.

CREUSER : Approfondir, en parlant de l'exécution d'une œuvre artistique ou littéraire. — C'est creusé se dit d'une chose fort étudiée. — Creuser son sujet, c'est le préparei: avec soin.

CREUX (Grand val.)

Logis , maison.

CREUX : Voix retentissante comme l'écho d'une caverne.

CREVAISON : Mort, chute. - (c Cette rengaine du fiasco n'en dissimulait pas moins une crevaison spontanée. » (Michu.)

CREVANT : Ennuyeux à périr, à crever.

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