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FAIRE, REFAIRE AU MÊME

Tromper. — « Garde-moi le secret, brûle ma lettre ; je yeux/aire ces drôles-ci... » (Rétif, 1776.) — « Les soldats s'imaginent toujours que les sergents-majors les refont au même. i> (La Bédollière.) — a Ce brigand-là, dit-il, ferait le diable au même..» (Balzac.)

FAIRE CHIBIS : S'évader.

« S*il n'y a pas moyen de me faire chibis d'ici, il n'y aura pas moyen plus loin. » (V. Introduction. Lettre de Minder.)

FAIRE DANS : Faire des affaires de. — On dit : faire la quincaillerie f Vépicerie, la banque, etc., pour : Faire des afiEaires dans la quincaillerie, etc.

FAIRE A (la) : Tromper en simulant tel ou tel sentiment. On dit : // nous la fait à l'héroïsme, à la terreur, à Vinnocence, pour:

Jl essaie de nous faire croire à son héroïsme, etc. — « Les comiques au contraire la faisaient à la simplicité. Ils s'abordaient d'un air piteux et bonhomme s'appelant entre eux ma pauvr' vieille. »

(Alph. Daudet.)

Les senti ments ont fini par être représentés par des analogies vé gétales. Ainsi, quand vous entendez : La faire à l'oseille, cela veut dire : outrer grossièrement.

M. J. Richard nous apprend dans une chronique de VÉpoque (mars 66), qu'il faut chercher l'origine du mot dans une gargote de l'ancien boulevard du Temple. Furieuse d'entendre critiquer la confection d'une omelette aux fines herbes qu'on ne trouvait pas assez verte, l'hôtesse du lieu s'écria un jour : a Fallait-il pas vous la faire à V oseille? » Les auditeurs firent la fortune du mot, qui aurait comporté plus tard des variétés innombrables.

Nous ne suivrons pas le néologisme sur ce terrain sans bornes.

Nous en ferons juge le lecteur par ces derniers exemples : — a Quelle charmante langue!

Quelle grâce! Quel atticisme dans tout ce discours! Ce qui n'a pas empêché une jeune femme qui se trouvait à côté de moi à la sortie de résumer ainsi la séance : Camille Doucet nous l'a fait à la violette et Jules Sandeau à la verveine. » (P. Dhormoys.) a Mademoiselle Q... une brune perfide comme Londres, vient d'être délaissée par son protecteur. Aussi elle a transformé son entre-sol en un rocher, du haut duquel elle nous la fait à la Ca* lypso, » (Marx.)

FAISEUR : « On entend par faiseur l'homme qui crée trop, ' qui tente cent affaires sans en réussir une seule, et rend souvent la confiance publique victime de ses entraînements. »

(Lespès.) — Pris souvent en plus mauvaise part. Le faiseur et ic banquiste se confondent. Pour Vidocq, le faiseur n'est qu'un escroc et un chevalier d'industrie.

frAN

FAfe

FAITRÉ (être) : Être sous le coup d'une condamnation infaillible.

PALOURDE : Forçat libéré.

{Petit Dictionnaire de Vargot, 44.) V. Fagot.

FANAL : Estomac. — Comparaison de l'estomac à une lanterne. — <K Se bourrer le fanal de bouillon, de rata. » (Wado.) On dit de même : Mettre de l'huile dans la lampe.

Ces deux dames se fourraient par le

fanal Petit vio, superbe hareng.

(Chansonnier imp : Stahl.)

FANANDE, FANANDEL : «Ce mot de fanandel veut dire à la fois : frères, amis, camarades.

Tous les voleurs, les forçats, les prisonniers sont fanandeis. n (Balzac.)

FANFFE, FANVE : Tabatière.

(Vidocq.) ^- On dit aussi fauve, fouffe, faufFe, fausse. Peu de mots ont été plus altérés.

FANFOUINER : Priser. — Onomatopée qui rend assez bien le bruit produit par l'aspiration du tabac dans les narines.

FANTAISIE (de) : Fictif. Mot à mot : dû à la seule fantaisie de celui qui annonce une réalité.

« La lorette avec aïeux achète ses ancêtres chez les marchands de bric à brac, ou bien elle demande à un peintre un grand-père de fantaisie quand elle ne rencontre pas un aïeul d'occasion. » (M» Alhoy.)

FANTAISIE (de) î Qui n'est pas selon le règlement militaire.

Un schako de tantaisie est plus

petit que celui d'ordonnance, un pantalon est plus large, etc.

FARA DA SE : Faire seul, se^ suffire à soi-même. — Italianisme. — Se dit ironiquement chez nous depuis que les Italiens ont repoussé notre aide en criant:

Para da se, et en se prétendant assez forts (1849). — « Il aurait murmuré, en parlant de l'épargne individuelle, le fara da se des Italiens. » {Paris-Journal^ juillet 72.)

FANTAISISTE : Homme ne se soumettant à aucune règle, soit dans ses œuvres, soit dans sa conduite, —a Un doux souvenir!

me répondit le fantaisiste, les crins qui m'inspirèrent l'histoire du chignon de ma femme. »

(Michu.) — « Il était du reste fantaisiste jusque dans les questions financières. On l'avait vu mettre sa montre au Mont-de-Piété, ayant dix mille francs dans son portefeuille. » (De Villemessant.) — a Pichu le paysagiste est ici.

Il est toujours le même fantaisiste effréné. » (Marx.) — M. Catulle Mendès a débuté dans les lettres par la Revue fantaisiste.

FANTASIA : Démonstration plus bruyante que sérieuse, comme une fantasia de cavaliers arabes. — a Avant de faire des acclimatations, avant de se lancer dans Isi fantasia (en pisciculture), multipliez les espèces que voua avez autour de vous. y> (H. de la Blanchère.)

Donner, dans la fantasia, c'est aimer à faire fracas.

FARAUD, FARAUDE : Monsieur, madame, mademoisellei (Halbert, Grandval.)

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FARAUDEC, FARAUDENE :

Madame, mademoiselle. (Fr. Michel.)

FARCE : Comique. — t C'est farce ! Mais vous faites de moi ce que vous voulez. » (E. Sue.)

FARCES : Infidélités. — a On ne peut pas faire des farces à sa Nini... v*là ce qui vous chiffonne. » (Gavarni.)

FARCEUR : Homme sur lequel on ne peut compter.

FARCEUSE : Femme galante.

— c Lorsqu'une farceuse voudra me séduire, je lui dirai : Impossible. » {Amours de Mahieu,

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