‹ Dictionnaire historique d'argotChapitre 466 sur 606 · BRIDE, VIEILLE BRIDE · texte numérisé non relu

BRIDE, VIEILLE BRIDE

Objet de rebut. — Le premier mot est une abréviation. — « Comment une bride de son espèce se permettait de mauvaises manières à l'égard d'un camarade. > (Zola.) — c Entendez-vous, vieille bride, de Peau, c'est bon pour éteindre le feu. 1 (Le Sublime.) — Ce péjoratif doit venir, comme schabraque, de la cavalerie. (V. p. 328.)

BRIGAND, BRIGEANT. Cheveu. Argot de voleur. (Delvau.)

BRIFFE : Gras double?

BRO

BUV

Nous nous empâtons D*arleqaiD, d' briffe et d' rogatons.

Ricbepin.

BRIMARD : Briseur. Argot des voyous. (Delvau.) — Pour brisemar.

* BRIMER (p. 62). ÉtymolO" gie. En poitevin, brimera, le sens analogue de rendre malade,

* BRIOCHE : Castil Blaze a prétendu donner Torigine de ce mot par je ne sais quelle histoire de musiciens d'Opéra que je ne vois justifier par aucun texte.— • Règle générale : il faut se méfier des anecdotes qui fourmillent dès qu'il s'agit d'expliquer un mot d'argot. Dans les trois expressions très populaires faire un pdté, faire une boulette, faire une brioche, je vois un air de parenté qui nous mène loin de l'orchestre de l'Opéra.

BRIQUEMONT : Sabre. Argot de volfiur. (Delvau.) V. Briqmann, p. 62.

BROBUANTE : Bague. Argot de voleurs. (Delvau.)

BROCANTE : Vieux soulier.

(Rigaud.) — C'est-à-dire soulier de brocante.

BROCHES : Dents. {Id,) Animalisme.

BROUILLE : « En langage de palais on appelle la brouille, c'est-à-dire ces nombreux petits artifices de procédure qui font rendre à une affaire tout ce qu'elle peut donner de bénéfice.»

(Petit Journal, déc. 78.)

BRÛLÉ : Affaire manquée.

(A. Pierre.) — Mot à mot : « affaire brûlée. »

BRULER (se) : S'approcher plus près de la rampe que le rôle ne L comporte. Argot théâtral.

(Bouchard.) — Allusion aux feux de la rampe.

BUEN RETIRO : Cabinet d'aisances. — Ironie espagnole. — tt Une dame sortant d'un buen retiro à quinze centimes. » (Figaro, 76.)

BURETTES : Paire de pistolets. Argot de voleur. (Delvau.) — Elle sortait de la ceinture comme les burettes de leur étui.

BUTIN : « Le butin du soldat, c'est l'ensemble de ses effets d'ordonnance. » (D. Lacroix.)

BUTRE : Plat. (Delvau.)

BUVEUR D'ENCRE : ce Par ce surnom, le troupier désigne tous les militaires employés dans les bureaux, et plus particulièrement les fourriers. » (D. Lacroix.)

CaC

CM

ÇA (il a de) : Il a de Pargent, il a du courage. — ELLE A DE ÇA : Elle a des appas. (Rigaud.) — IL Y A DE ÇA : Il y a de largent.

CABANDE,CABOMBE : Chandelle. — Jargon d'ouvrier. (Rigaud.)

CABASSER: Bavarder.— CA- BASSEUR: Cancanier. (Delvau.) — • Du verbe cabosser: bosseler, pris au figuré.

CABOCHARD : Tête. — Augmentatif de Caboche, V. Rien,

CABOCHON : Contusion. (Id,) CABOMBE : V. Cabande,

• CABOT : Chien. V. Cabo, p. 67.

* CABOULOT : Êtymologie :

Vieux mot qui a signifié d'abord cabane, puis guinguette.

CACA : Double-quatre de dominos. (Rigaud.) — Redoublement de la première syllabe de quatre,

CACHE-MISÈRE î Vêtement boutonné jusqu'au menton, pour dissimuler l'absence de chemise. (Delvau.)

CACHE-FOLIE : Postiche en cheveux (Rigaud), caleçon. (M.

Tourneux.).

CACHEMAR, CACHEMINCE, CACHEMUCHE : Cachot. (Rigaud.) — Changement de finale.

CADAVRE : Corps. — Ironie philosophique et religieuse. — « SE METTRE QUELQUE CHOSE DANS LE CADAVRE :

Manger. > (Delvau.)

CADOR : Chien. CADOR DU QUART : Secrétaire du commissaire. Jargon de voleurs.

(Rigaud.) V. Chien de commissaire, Quart d'œil, — Du mot de langue d'oc cadel : petit chien.

CADRATIN : Chapeau de haute forme. (Boutmy.)— Allusion à la forme du cadratio

d'imprimerie.

CAGE : « A Paris, l'ouvrier a donné le nom de cage à tout atelier recouvert de vitres. > (Ladi-

mir.)

CAGNE : Agent de police. - Pour cogne. (Rigaud.)

CAHUAH : « Par ce nom, les soldats qui ont été en Afrique désignent le café. » — POUSSE- CAHUAH : Eau-de-vie. Mot à mot : pousse-café. (D. Lacroix.) — Ce doit être un équivalent du mot indigène.

CAILLASSE : Caillou. A^ du peuple. (Delvau.) — Changement de finale.

CAILLOU : Nez. (/rf.)— Allusion de forme.

CAISSE D'ÉPARGNE ; La bouche. (Id.) — Jeu de mot des buveurs qui y font des versements

CAL

CAM

{quotidiens. — On le peut prendre ironiquement aussi, car c'est là que se place tout l'argent du pauvre monde.

CALANCHER : Mourir. Argot de vagabonds. (Delvau.) — Augmentatif de caler : ne rien faire. La mort est le repos éternel.

CALANDE : Promenade. Jargon de voleurs. (Rigaud.) — Mot à mot : action de caler (ne rien faire). V. page 71.

CALANDRINER LE SABLE :

Traîner sa misère. Argot de voyous. (Id.) — Diminutif du verbe calandrer : presser, lustrer. Le ternie de polir le bitume (faire le trottoir) rappelle exactement la même image.

CALENCE : Manque d'ouvrage. Jargon d'ouvrier. (Rigaud.) — Mot à mot : action de ne rien faire, de caler.

'CALER : Rester sans ouvrage par nécessité, et non par paresse. (Boutmy.) — Du vieux mot de langue d'oc calar: discontinuer.

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