‹ Dictionnaire historique d'éducation, où, sans donner de préceptes, on se propose d'exercer et d'enrichir toutes les facultés de l'ame et de l'esprit, ... Par m. Fillassier, des Académies royales d'Arras, de Toulose, de Lyon, de Marseille, etc. Tome premier troisième Tome troisièmeChapitre 101 sur 169 · VIVACITÉ · texte numérisé non relu

VIVACITÉ

E>«'Ri IVétoit né vif Pt emporté ; mais il se rendit tellement le maître de sa colère , qu’il savoit se modérer dans les occasions les plusdifliciles.Ausiégedollotien, les assiégés firent une sortie furieuse , et nettoyèrentla tranchée : le maréchal de Biron en rejeta la faute sur Grillon. QcX, officier voulut se justifier : il alla trouver le roi , qui ne parut pas aussi persuadé de ses raisons qu’il l’eût voulu. Des excuses , il passa h la chaleur de la contestation , et de la contestation à l’emportement et aux blasphèmes , qui lui étoient familiers. Le prince , irrité du manque de respect de Grillon , lui ordonna de sortir. Grillôn revenant à tous momens , on s’aperçut que le monarque perdoit patience. Il eu avoit le plus jiiste sujet; mais enfin Grillon sortit ; et le roi s’élanl remis , dit aux seigneurs qui l’aceompa-. gnoient: «La nature m’a formé colère ; mais, depuis que je me connois, je me suis toiijours tenu en gaido contre une passion qu’il est dangereux d’écouter. Je le sais par expérience ; et je suis bien aise d’avoir dosi bons témoins de ma modération. »

Page 1