‹ Dictionnaire historique d'éducation, où, sans donner de préceptes, on se propose d'exercer et d'enrichir toutes les facultés de l'ame et de l'esprit, ... Par m. Fillassier, des Académies royales d'Arras, de Toulose, de Lyon, de Marseille, etc. Tome premier troisième Tome troisièmeChapitre 102 sur 169 · VIVACITÉ · texte numérisé non relu

VIVACITÉ

Nord*, prince habile, mais violent, eut une audicnee secrète de ce monarque , dans laquelle il avoit à justifier quelques démarches de la république , qui ne pouvoient que déplaire au roi. Le discours s'anima vivement ; et , dans la chaleur des contestations , le ministre répéta plusieurs fois le nom de ses maîtres.

« Ah ! s’écria le monarque enfîolère , vos maîtres sont « des fourbes ! — Sire , interrompit le sage négocia- « leur , votre majesté voudroit-elle que je leur fisse « part de celte déeWation dans mon rapport ? Sans « doute , répliqua le roi : vous n'avez qu'à le leur « marquer de ma part.» Le ministre se garda bien d'obéir; et , quelques jours après, voyant le prince dans une assiette d'esprit plus ealme,il lui fit valoir adroitement sa discrétion , et en obtint tout ce qu'il voulut.

^ 3. Le maréchal de Biron étoit violent et emporté ; mais sa colère passée , il devenoit doux et traitable. Un jour , dit Brantôme , venapt au logis de M. notre général, ainsi qu'il s’approchoit , et qu'il y avoit force chevaux de seigneurs et gentilshommes attendant lenrs maîtres qui étoient dans le logis du général , comme cela se fait aux cours et aux .armées , il y eut un fort beau courtaud d'un gentilhomme , qui valoit bien deux cents écus , qui fit semblant de se ruer. 11 mit aussitôt la main à l'épée , et coupa tellement , d'un revers, le uazau au cheval , qu’on ne lui voyoit que les dents , dont il paroissoil si laid , qu'il fit rire tout le monde. Le gentilhomme s'en vint à lui se plaindre. , aynès que sa colère fut passée , connoissant son humeur ; car autrement il eût bien trouvé à qui parler , que son cheval étoit gâté pour jamais ; qu'il en avoit refusé deux cents écus. — Quand vous en auriez refusé mille , lui dit .Biron, je lui en eusse fait de même ; c.ar je n'ai qu’ime bonne jambe', je ne la veux pas perdre. Mais venez-vous-en à mon écurie , je vous en donnerai un qui le vaudra. »

4- Le duc de Lauzun, favori de Louis XIF', manqua un jour de respect à ce prince , à un point qui n'étoit pas excusable. Le monarque, qui senloitvenirsacolcrej jeta brusquement par la fenêtre une canné qu'il tenoit

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