‹ Dictionnaire historique d'éducation, où, sans donner de préceptes, on se propose d'exercer et d'enrichir toutes les facultés de l'ame et de l'esprit, ... Par m. Fillassier, des Académies royales d'Arras, de Toulose, de Lyon, de Marseille, etc. Tome premier troisième Tome troisièmeChapitre 145 sur 169 · ai · texte numérisé non relu

ai

Lysias , célèbre orateur athénien , ami et disciple de Sotrate , fut exilé a Syracuse par les trente tyrans , et aida 'Thraiibuie à délivrer sa patrie de l'odieuse domination de ces despotes.

1 , i85. Il , 3oo.

LvsimaqüE , üls à* Aristide , Athénien célèbre par son intégrité et ses vertus civiles , n'hérita que de la pauvreté de son père. 111 , 3a.

LVSIMaque , l'uu des capitaines d'i/lexandreAe~Crand , se^rendil maitrt d'une partie de 1a Thrace , après la mort de ce conquérant. Il s'empara de la Macédoine, Tan 285 avant J. C., et régna 5 ans. Scs cruautés le firent détester , et ses sujets l’abandonnèrent. SèUucus , roi de Syrie , lessoutenoit : U marcha contre ce prince , lui livra bataille , cl fut tué l'au 28a avant J. C. , à soixante-quatorze ans.

ni. 67, 175. ,

Di. -!by Googk

SES rzRSomvACES.

-^ ABILLOn ( Jtan ) , né en ChimMgne le 33 Wovonibi-e i<^33, prit l'hftDit do Bcnédictiricn i654. vSe«&upérieurt l’ctîvoycrentà Snint-DcnitcnFi-ancc, et le chargement de montrer aux étrangers ic ti-ésor et Ica antiques monU' meus de celle ahbaye célèbre î mais ayant csmsc un miroir qui avoit ap« partenu , disoil-on , â irpile , il se démit de cet emploi , qui ùemandoit un homme moins vrai que lai.Bendu tout entier a ses études , U s’illustra bientôt par la plus vaste érudition, bo monde savant le combla d’honneurs, que sa modestie vouioit en vain rejeter : Je roi le chai^ea de voyager en Allemagne et on Italie pour découvrir dans les bibliothèques nombreuses de ces pays , tout ce qpii

Fourroit concourir a jeter du joursur histoire de France. Par-tout il fut reçiMjqmme un des hommes les plus éclairés de son siècle , et il apporta dans sa patrie U plus riche moisson.

Quand M. le Tt/iiei' , archevêque de Reims , l'introduisit devant Lattis XJy : • Sire, lui dit-il, j’ai l'hon> ncur de présenter à votx*e majesté - le religieux le plus savant et le 0 pUu humble de votre rovaume. »

Il ménrut à Paris , dans Pafabaye de jSt.-GermainHlei-Prés , en 1707, à 75 ans. On Ibrmeroit une bibltothèt que da tous les ouvrages sortis de sa plume judicieuse et aavantc , et des •edHiona qu'il a données. Il , BsS.

MaBOSB ( Jean ) , peintre hongmis , inoumten i56a. 111 , 340.

Ma£AEBE-L1-JKDNE ( St. > , célèbre so- Ittaiv» d'Alexandrie , qui avoit près de cinq mille moines sous sa diiectioBiH-monrat en $94 ou $95. On Va surnommé /e/ayme, pour iedistinguer > d’uta autan St. iîaenire , solitaire -comme lui » et son ami. I , i , 16.

MacairI' , évêque de Jérusalem , sous le règnedu giand Consfanfin, III, 58.

Macaihe ( le chevalier ) , assassin tous iei’ègne de Chartes roi de France, * fut coQvaincn par un chien. II , 214.

Macédone , solitaire des montagner de Syrie , sous l’empire de l'hêodose l&^rand. 111 , 12.

MachaBéES (les) , sont les cinq fila de Mathaihias , prêti'e juif, chef de la maison des Asmoncens , qui i*établit le culte dn vrai Dfeu , et qui gouverna 1a nation juive jusqu’à //érode.

Ces cinq fi'ères étoient : /ron, Simon^ Judas - Machabêe , Eiéazar et Jonafhat. Il , 148.

MaCLESFIELD ( lo comte de ) « pair d’Angleterre , assista aux funérailles de A'ewton , et tint un coin du poêle qui couvroit le corps de ce grand nomme. II , 176.

UACHIN {, Marct*s~0/fiIirts*Sêi'êrus) , fut élu empeit;ur romain à la place de Caracalla , en 217 , et fut tue l'année auivante. I , SgS.

Magas se lit roi de Cyrène , l’an 264 avant J. C. , et régna huit ans. Un jour PhiUmon , poète comique , se peimiteu plein théâti*equelques plaisanteries sur ce prince. Af<qpss etoit présent; il le laissa dii-e ; et quaud il eut fini , un garde vint l’épée nue à la main, comme pour lui trancher la tète. Le poète se crut au dernier moment de sa vie : quelle fut sa surprise lorsqu’il vit le soldat lui offrir, de la part du roi , une balle et des osselets ? Magas croyoit s’etre assez vengé en traitant le satirique comme nn enfant qui n’a point encore de raison. II , 256.

MaGDELEIXE ou Magdelrrte , ( Sainfe- Marie) , étoit une femme de qualité deGalilée, qutJésiu Chrisi délivra de sept démons. 0epnrs ce moment, elle suivit constamment le divin Sauveur.

Elle assista à sa passion , le vit met* ire dans le toml^u , y porta des parfums pour l’embaumer , et fut la

Êi’cmièrc personne à qui le fils de >ieuse montra aprèssarcsnrrectton, qu’elle alla , parsonoidre, annoncer aux apôtres et aux disciples con^ ternes. On croit qu’elle mourut et fut enterrée à Ephese. Ce n’est que depuis le dixième siècle qu’on a imaginé qu'elle étoit venue en Provence avec Marthe et Latare , qu’on sup** pose avoir été son frère et sa s<eur.

Cette supposition est denuée de vraisemblance «puisque l’Evangile la distingue toujours de Marie soeur de Mat'the , qui d’ailleurs étoit de Béthanie, et non deGalilcc. C’e.*5l avec auui peu de raison qu’on l’a confondue avec la pécheresse qui oignit les pieds de Jésus , et que ce divin libérateur renvoya en lui disant :

, " Allez en paix , et ne pêchez plus. -

On ignore le nom de cette pécheresse ; il est dit simplement qu’elle étoit de Naïm , ville ao la tribu d’J.;-

-- M iq Ic

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tABLE HISTORIQUE

saefuu' ; ce (jui seul sufCroit pour la dislingucr dos deux autres. II , s6o.

Magon, noble Carthaginois^ gouvci'* neur de Carthagciic , du temps du premier Scipion V.4J'ricntn. III , 319.

MahaDI , timsi^mc calife de la race des Abbassidèt, l'un des plus puissant princes de «on 8i^cle ^ rut pit>clamé CD 775, et mourut dix ans apri‘8. 1, 55.

ÏIahmoup fut proclamé sultan en i73o, et gouverna durant quatoi7.c ans le vaste empire dc' Turcs. III , 33o.

MaH0M£.T , lié a la Mecifuc vei's l'an 568 , de J. C. , d’uiie iamille pauvre , mais illusti'e parmi les Arabes, fut mis de bonne heure au service des caravanes qui nég(*cioicut de la Mecque a Damas. Scs voyages ne Penrt' chircut pas , mais dcve)op]H:i'ent son génie et augmcnU'i'ent ses lumières.

Ayaut remairiné dans tous les p^y* où il avoil suivi ses maîtres une multitude de sectes qui se déchtroieut impitoyablement , et qui , par Icuis ëtenielicti disputes , rendaient la ci'oyaiice des peuples Ûottantc et probléinatiqtie , il conçut le projet de former un nouveau système de religion, et crut qu’en simplifiant Jes dogmes , il pourroit concilier tous les partis , et faire cesser leuivdivieious. De retour à la Mecque , il devint commis de la veuve d’un marchand , s*en fit aimer , et l'épousa.

Cadigê^ ainsi s’appcioit cette femme , donna tous scs biens à son nouvel époux , beaucoup plus jeune qu’elle.

Maître d’une fortune considérable , n’étant plus dUti'aitnar la nécessité de trouver nne peniule subsistance , , se livra tout entier à Texécutiou de scs dc'aseins. A 1 âge de 40 ans , il commença à sc donner pour prophète. Il feignit des révélations; il parla en inspii*é, et persuada d’abord sa femme et huit auties personnes. Ces disciples en firent d’autres ; et en moins de tiois ans , il eu eut près de cinquante , disposés à mourir pour sa doctrine. Avant de se livrer a leur zèle , il voulut éprouver jusqu’à quel point il pouvoit compter Bur leur crédulité. Il IcQrajpprit que l’ange Gitbrtel l’avoit meiie sur un éuc de la Mecque à Jérusal^n , où il lui avoit fait voir tous les saiuts et tous Icîs patriarches depuis jidnm ; qu’il en avoit été salue comme l'apôtre et le prophète de Dieu , et qu’ensuite le céleste conducteur l’avoit i*amené la mètre nuit au lieu d'uù il étoit parti. Sujet à des attaques d’é-

pilcpstc , ü leur persuada que les convulsions ficquentes dans lesquelles il toiiiboit , étoient l’ctfct des vives impressions de la gloire du ministre que la Diviuitc luienvoyoit pour l’instruire de ses volontés su-

f>rèmcs. Ces absurdités fureiitaccueilles avec enthousiasme ; et Mahomet , sûr désoimais de l’aveugle confiance de ses prosélytes , n’hésita plus de leur laisser enti*evoir le vrai but de ses impostures. Cependant les magistrats de la Mecque , alaimcs des progK'S du novateur, voulurent l’arrêter en secret ; il les prévint par une fuite précipitée , et se réfugia à Mediue. Cette retraite fut l'époque de sa gloire et de la fondation de son empire et de sa religion. C’est ce que l’on nomma Hégire , c’cst-à-dii*e , faite ou persécution, dont le premier

}‘our répond au vendredi 16 Juillet de 'an 6aa de l’ère vulgaire. Le prophète fugitif devint conquérant. A la tète de ses sectateurs , qui venoieut le trouver en foule , il commença par attaquer les cai*avanes. La victoire accompagna constamment ses étendai*d8. Bientôt sa petite troope fut une armée d’autant plus formidable , que le fanatisme avrugloit son courage. Ils rroyoicnt ne combatti'e que pour propager la doctrine envoyée du ciel , et tous se regsrdoient comme agrégés à l’apostolat de leur chef. Mahomet leur défendit toute espèce de controverse avec les profanes , et voulut que tous leurs argumens fussent au bout de leurs épées. •• Chaque prophète , disoit-il , •• a son caractère : celui de Jesue a •• été la douceur ; la violrnpe est le •• mien : il faut me croire nu mou- " rir. - Ses conquêtes prouvèrent sa mission. La Mecque fut suumiae , et sou temple choisi pour être le centi'c de la religion nouvelle. Après avoir subjugué l'Arabie , il sc cnit assez fort pour attaquer les Grecs et les Perses. 11 prit quelques villes de Syrie, taudis que ses généraux , non moins heureux que lui , éteudoient son empire jusqu’à quatre cents lieues de Médine, tant au Levant qu’au Midi. C’est aiusi que de simple conducteur de chameaux , Ma/iomet devint un de plus puisaans monai'ques de l’Asie • et qu’avec le seul glaive , il jeta les fondemens d'une religion qui s’étend aujoofrd'hui depuis le détroit de Gibraltar jusqu’aux Indes. U ne jouit pas long-temps du fruit de ses

Üv byCoogU

DES r E n S tmpMlurcs. II y «voit dt'jik qaelquci anu^et qu’une Juive, voulant ilprouver a’il étoit réellement prophète , avoitempoiionné une épaule de mouton qu’on alloit lui aervir. Mahomrt ne a’en aperçut qn’aprét en avoir mangé un moivcau. Uepuia ce moment , il n’eut plu» qu’une aanté chancelante ; lu poiiun le mina peu à peu , et enlin une lièvre violente tei-miiia lea jours en 63i , dans 1a soixante-deuxième année de son ége.

Il fut enterré à Médine ; mais c'est une erienr populaire de croire que son corps est déposé dans un coi'rc de fer qu’une ou plusieurs pierres d’aimant tiennent suspendu au haut de la grande mosquée de cette ville.

Son toiuheau est une urne de pieive placée daus une chapelle de ce temple : l'entiée eu est défendue par de gros barreaux de fer. Le livre qui conticut les dogmes et les préceptes du mahométisme , s'appelle Atcoran ou /« Hvr» par txctHenre. Les points principaux de la doctrine qu’il enseigne , sont , de croire eu un seul Dieu , créateur universel , tout-puissant , qui counolt toutes eboscs , récompense la vertu , punit le vice, et qui a envoyé son prophète Mahomet ur retirer les peuples de l'idolâtrie, circoncision , les oblations , l’abstiuencc du vio , des liqueurs fortes , du sang , de lach.»ir de porc, le jeüue du ramadan , la prière cinq fois le jour, et la sanetilication du vendredi, sont les prati(]ues extérieures qu'il prescrit. Il jiromet pour récompense a ceux qui auront été lidèles aux préceptes , qu’ils seront placés, après leur mort, dans un lieu du dé-

^ lices , où l’ame sera enivrée de tous les plaisirs spirituels , et où , après la résunxsction générale , le corps , tendu a une vie éternelle avec tous scs sens , goûtera , par ses sens mêmes , toutes les voluptés qui leur sont propres. La meilleure édition de ï’Alcuran est celle de Mararci , en arabe et en latin, in-Jol. a vol. 1698, Padoue. I , 55.'

MAHûMhT , roi du Kourislan , dans la Perse. I , 5y

UaILLABD ( Olivier ) , Parisien , prit l’habit de cordulier au quinzième siècle , et te B( une réputation brillante par scs sermons. Il est impossible de lire de plus pitoyables platitudes t et l'on ne i^içoit pas , en jetant les yeux sur ^n Avent ( Paris, 1 S 1 1 } , sou preiutur Carême iPa-

i‘M , i5ia), ton second Cerémo ( Paris g i5i5 ) g ses l>ominicales ( Pans g iSi5 >g et ses Panég^riqQet ( Puris g i5i3 ), comment une reJigioD aussi sainte g aussi sublime que la nôti'e, a pu être prêchée aussi platement et avec autaut d'iudécciicc g même daos un siècle barbare. Tous ces ouvrages sont en mauvais latin , et les jurisconsultet J sont plus cités que les évangélistes. il g a6o.

Maillard , huissier audiencier , étoit le SUnfor du parlement de Paris ; car si l'^u juge de Pénergie de ses pouroout , d’après la l'éprimande du preaident /e Cu/^nrujr, il faisoit à lui seul plus de bruit que cinquante avocats ensemble, 1 , 3 14.

Maine ( Anne^ houise • B^n^dictinê d»

Boufbofi-Condé , duchesse du ) , petite-üllc du grand Coude , en avoit la grandeur d’ame g et peut-être l’ambition g mais tempérée par lea autres vertus qui décorent tou sexe* £n 169a g elle fut iiiiriée à Loidi^Am gHsfede Jiourl/on , duc du Maine « ûla naturel de Louis Xiy et de madame de iiontrspan. Elle sut se faire aimer de sou époux , et le gouverner sans lui déplaire. F.lle employa sou esprit et sou crédit à lui procui'cr un rang égal au sien ; et après lui avoir fait donner les plus hautes dignités du royaume g elle obtiut un édit de Louitde^irand , qui déclaroit ton Kls légitime , habile , ainsi que ses dcsceudaiis « à succéder à la coumupCg apris tous les princes du sang cxîstaas. Les bienfaits sans bornes de ce monarque touèpuissaut pendant sa vie , furcut circonsci'iU après sa mort. Madame la duchesse du Maine fit de vains cQbrts pour soutenir son ouvrage. Elle f^t retenue durant deux ans au chdteau de Dijon g et n’en sortit qu’avec la résolutiüu de se contenter des honneurs qu’on lui laissoit. Elle se consola de ses petites disgiacea en protégeant les sciences et les arts , qui la plcurèi'cnt comme leur mère lorsqu’ils le perdircul eu 1753 » dans la soixante-seizième année de son âge.

Los mémoires de madame de Sfaal feront bien connoltre cette princesse.

MaINTENOÎI { Françoise d’Aubigné , marquise de ) , naquit en i635 dans une prison de Niort , ou son pèit: et sa mère étoicut enferçiés.

Conduite à l’âge de 3 ans en .Améri-

ue , laissée, par la négligence d^un oinestique , sur le rivage , sur le point d'y €11*0 dcvoi'éepar uu serpent, ramenée oiphcliue à ràgede 12 ans, élevée avec la plus giaude dureté chez madame de JStuiltanl sa parente , elle fut trop heui'eusc d’épou* aer iVc<irro/i , poète enjoué et burlesque , gueux comme l'étoient jadis presque tous ceux de sou état^ et peir.lusde tous ses mcmbi'es. Elle fut moins sa femme que sa compagne et sou amie , et maigre sa jeunesse , (elle n’avoitcucore que 16 ans),* elle s€ tit aimer et estimer par son esprit sa modestie et sa vertu. Apm la mort Sairron t elle fît solliciter long-temps et vatiiemcnt auprès de Zouii Xlf^ une pension dont sou mari avoit joui. Ne pouvaul lobteuir, elle i*ésolut de s’expatrier. Une princesse de Portugal voulut l’avoir pour élever ses enfans. Avant de artir clic se fît présenter a madame c Mantespan , maîtresse du roi , et lui dit qu’elle ne vouloit pas quitter la France sans en avoir vu la merveille. La favorite , llaltée du compliment, lui défendit de partir, se fît donner un autre placet, elle présenta à son amant : •• (^uoi ! s'écria le mo- » naïquc , encore la veuve Scarrmi »• N’cntcndi'ai-je jamais parler d'au- *• tre chose? En vérité, sii-e , i*cprit

- madame de Monlespan , il y a lung-

- temps que vous ne devriez plus eu

- entendre parler. • La pension fut accoitlce. Elle deviut gouvernante des enfans que le roi eut d« madame de Monfespan , et ce fut daiia cet emploi qu’elle clTai^a peu k peu les impressions désavantageuses que Louis KIP" avoit prises sur clic. Ce prince passa bientôt de l'aversion à fa cou* Hance, et de la confîaucc à l’amour.

11 lui donna des places d'hotmeur ; et, par le conscu du père de ta Chaise son confesseur , il voulut légitimer SB passion pour elle par les liens indissolubles d’un mariage secret , mais revêtu de toutes les formalités de l'Eglise. La bénédiction nuptiale leur fut donnée par M. de Uariai , archevêque de Paris , en présence du confesseur eide deux té* moins, eu 1686. Jxnùs Xjy é\jo\i alois dans sa quarante-huitième année , et la pei-sonnc qu’il éponsoit ,* dans sa cilu|uanti^me. Madame de Maintenon ne regaixla sa faveur que comme un fardeau que la bienfaisapce seule pouvoit rendre lé^r.

TORIQUE

« Madame , lui disoit souvent le tok,

- vous n'avez rien à vous. — Sire , •• répoiidoit-ellc , il ue \ous est pas •* permis de me rien donner ; - voulaut lui faire entendre qu’elle iic ci*oyoit pouvoir accepter scs bienfaits, qu'a coud itiou de lcs*i'é|>andre dans le sein des malheureux , et d'en soulager le mérite indigent.

Son clévatiou ne fut pour elle qu'une retraite. Elle infîua dans les aU'aiies de l'éUit, mais elle ne lesgouvei'noit pas. Plus occujkc de com’plaii’e à celui qui coiiimaudott , que jalouse de commander eUe-même , clic ne clicrchoit qu’a délasser le roi des fatigues du gouvernement par lea douceurs iiuiocentes de la vie privée; mais le succès ne répoudoitpas toujours à ses cQoi'U. - (jucl sup-

- plice , di.M^it*èlle à sa nièce , que *• d’amuser uu homme qui n’est plus

- amusabic î « Celle espèce de servitude , daus uu âge avancé , la rendit plus malheureuse encore que l’état d'indigencb qu'elle avoit cpiouvé duus sa jeunesse. «• Je u'y

- puis plus tenir , s'ccria-l-c!le un

- jour , en apercevant le comte »* d*j4ulu‘gnê sou frère ; je voudrois •• cU-e morte. — Vous avez donc pa-

- rôle d'épouser Dieu le pèi-e , ■ lui répondit froidement le comte. Aprèa la mort de Louis Xiy, elle se retira h Saint-Cyr , qu'elle avoit fondé pour y élever gi'atuitemcnt 5oo demoiselles nobles et indigentes. Elle édilia cette communauté par scs vertus , et mourut en 1719, à 84 ans.

Malebraxche ( Tiidalas ) , né à Paris en i638 , fils d’un secrétaire di> roi , entra dans la congiégation de l'Oi*atoire eu 1660 ; deviut tout-àc^up disciple de Descurtes , et alla pcul-cU'C plus loin que son maitix'.

L'académie des sr.ienccr lui ouvrit scs portes en 1699 ; et il mourut en 1713, regardé comme L'uu des plus grands génies qui aient existé. Son principal ouviage est celui qui a pour titre : Ve ta Becherchs de la / Vritè , dont on a uiic bonne édition de Paris , 1712, ^ ou 4 vol. i/i-i 3.

C’est le chcfd'oeuM'e de la plus pinfonde métaphysique; ct^ quoique les systèmes qu’il y expose ne soient p)Ts<]ue plus 1‘egsi‘dés 'aujouid’liui que comme itcs illusions sublimes , on aime cncoi'e à le lire , pnive qu’il* les présetfle d’une manière brîHanto ,

üv - -

DES FERSOI9NAGES*

et ÿ pour ainsi dire, avec tout le feu d'un poetc. Cependant , cet ingénieux cci-ivaiii n'aimoit pas les vers :

• Je n'cu ai fait que deux eu ma vie, •• disuit-il i les voici :

Il fait en ce beau jour , le plus beau jour du monde ,

Pour aller à cheval sur la terre et sur Fonde.

« On ne va pas à cheval sur Fonde ,

• lui représentoit - on. — J’en con- •• viens , répondit-il ; mais passez-le ** moi en faveur de la rime. •• Son livre essuya de nombreuses criti<|ues; il en laissa plusieurs sans rt*ponsc.

Celles des jouruaiistes de Trévoux furent de ce nombre. •• Je ne veux •• pas me battre, disoit-il, avec des " gens ^ui font un livre tous les <* quinxe jouis. • 1, 536. III , aSa.

MaLHKILBE {François de ) , né en l555 à Caen , d'une famille noble , créa, poui* ainsi dii'e , la poésie française , en lui prêtant des gHces et une cnei*gie au*eUc u'avoit pas connues jus* qu’à lui. Il est le premier qui ait fait sentir que 0011% langue pouvoit s'élever à la majesté de l'ode. Moins sublime que Pindare , moins agréable f\\x' Horace , il plaît cependant par la netteté de ses Idées , le tjur heureux de ses phrases, ta variété de ses descriptions et de set fîgui'us , la justesse , le choix de ses comparaisons , et Fingénieux emploi de 1a fable.

Toutes scs poésies forment un vol.

, dont U meilleure édition est due à M. de Saint^Mnre. Eu les Üt tant , on ne peut s'empêcher de répéter ce demi-vers de BoUetiu , qui seul vaut uu pauégynque :

Enfin , Malherbe vhrt.

Ce poète célèbre eut tous les travers des enfant des Muses , et quelquesuns des vices qu'ils ii'ont pas toujours : brusque, violent , emporté, et sui^tout' vindicatif quand on ne flatloit pas sou amour*propre. Kacnn son élève , cl presque sou égal , ayant osé lui représenter que la foiblessc de sa voix et Fembarras de sa langue , l'empéclioient d'entendre quelques pièces qu'il lui lisoit , Ala- Iherhe le quitta tout*a*coup,et fut plusieui*s années sans le voir. Personne ne lisoit plut mal que lui , et cependant il avoit la manie de réciter aes poéiiea, U falloU qu’U crachat cinq

ou tix fuit en lisant une tUnce de qu.itre vert ; ce qui fit dire tu cava> lier Marin : • Je n'ai jamait vu > d'hiimnie plus humide , ni de poète •• plus sec. > Uu eufant de Thémia , qui vouloit aussi l’ëtre d’Apuilon, le pria de lui dire ton avis sur queluea vert que ta verve vciioit de prouire : - Avez-vous eu l'allcruative de faire ce» vers , ou d’èlre pendu ?

a lui i-épondit le dur ceiiteui- ; à . moins de cela , vous ne devez pat « exposer voile réputation en met-

■ tant au jour une pièce ai ridi- . eule, . 11 catininit pou son art , et traitoit la rime de puérilité. Il prétendoit qu'uu hou poète u'eat pas plus utilea uu état, qu'uu bon joueur ^e quilles ; et quand on se plai);noit que les versificateurs n’avoicut rien , tandis que les financiers , les militaires et Ica courtisans avoieut tout :

~ Hicn de plus juste , répuiidoit-il ;

- la poésie u’est point un métier ;

■ elle n'est faite que pour nous pro- • curer de l’amusement , et ne mé- « rite aucune K'compcuse. > A ses défauts il joignit uue aurdide avarice. Loge daus uu galetas , à peine s’étoit-il donne les meubles les plus nécessaires. Faute de chaises , il ne recevoit les personnes qui venoieut le voir que les unes apiès les autres ; il crioit à ceux qui beurtoient à sa porte : « Attendez a votre tour ; il

- n’y a plus de siégea. - La fougue de sou caractère ne l'abaiidonua pas dans la plu. grande vieillesse. Un de tes Cia ayant été tué en duel par /'lies , geiitilbuninic provençal , il voulut te battre contre l'otsattin , quoiqu’il eut alun 73 ans. Ou lui représenta que la partie n’étuit pas égale entra un vieillard et un jeune buiiiiiic : . C'est pour cela que je

- veux me battre , répondit-il ; je

- ne hasarde qu’un denier contre •• une pistolc. • Une somme que lui douua de Pilet calma l’ell'crvescence de tou courage , et il s’en servit pour faire élever un mausolée à son fils. Il aima beaucoup moiiit tes autres pai-ciit. Il plaida toute sa vie contre eux. Un de ses amis le lut ayant reproché. » Avec qui donc « voulez-vous que je plaide , lui ré-

- pondit - il T avec les Tuirs et le»

« Moscovites , qui ne me disputent » rien î - Uue heure avant de mourir , il raprit ta garde d’un mot qui u’étuil pat bien français ; et ton ronfes^ror lui représenuat le bouheuf

4&4 TABLE HISTORIQUE

de l’autre vie avec des expressions Basset et triviales , le moribond l’interrompit en disant : > Ne in’en par- > lez plus; voti-e mauvais style m’en » dégoûteroit. » Il mourut eu i6sl, peu (le temps après sa tjuerelle avec do Pittf. Il avoit vécu sous six de nos rois. I , isi , 3i5. II , s5S.

HaLUPUN {Jean ) , Limousin, disciple de limitât , fut précepteur de Henri do Metmos , au seizième siècle. Il ,

Hsnp.snE , tille A’Àstyage , roi des ilcdes et mère du grand Cyrut. Il ,

MaNDONIUS , prince espagnol qui fut vaincu par Sd/iion l’Africain. 11 ,

UaNËS , né en Perse , daiis^ l’cscl|vage, fut adopté par une veuve qui le lit instruire. 11 trouva chez ta bienfaitrice les livres de l’hérétique Tèrébinthiis , et il résolut d’en lépandre les dogmes. D’abord il te qualifia d’apotre de Jisus-Chrisl , et enhardi par la crédulité de scs prosélytes , il se donna bientôt pour le Saint-Esprit , que le Sauveur devoit envoyer sur la terre. La dcmtrinc de cet hérésiaique rouloit principalement sur la distinction de deux principes , l’un bon , l’autre mauvais , tous deux souverains , tous deux indépendant. Le corps , selon lui , étoit l’ouvrage do la divinité malfaisante ; d’où il cnneluoit (]ue c’éUiit un crime de donner la vie à sou semblable. Il ajouta à cette erreur fondamentale une multitude d’autres absurdités , que tes disciples regai^ doient , malgré leur extravagance , comme autant de dogmes figuratifs et mystérieux , dont les chefs seuls de la secte avoieut le simixt. S. Jiigus'in , qui suivit d’abord (xtte docti-iiic I est relui de tous les pèivt qui l’a le plus victorieusement coniluittue. On croit que Manis commença è débiter ses reveries sous l’empire de Pi'ohus , vers l’an a8o. AI. Seautabre a publié une histoire du Ma/iichiiame , pleine de icchei-ches et de philosophie , eu a vol. I , 296.

AIaNFRÉUI {Eiislachio) , célébra mathématicieu , naquit à Bologne en 1674.

Il cultiva avec nu suecès égal l’astronomie et la potisic , et fut associé aux plus céllmi-es compagnies de l’Europe savante. Il mourut en 1 789, a 65 ans. U , 177.

AIaXU. , veuve de Zrài's , Daidanicu , mérita la protection du satrape

Phartutbtae , et gouverna l'Eolie avéc sagesse après la mort de sou mari.

MAStlUttg , patricien romain , que Calon-le-Omsenr cliassa du sénat , pour avoir embrassé sa femme en piésmnm de sa tille. Il , 1 70. UI , 894.

M.tNLlUS ( Marcus ) , surnommé C'y»* tolimts , parce qu’il sauva le Capitole de l’invasion uocturue des Oaulois , qui l’assiégeoieut. Il fut regarde comme lu couservateur de Boine : et la recouuoissauce du peuple se manifestant chaque jour par de uouvel- Ii» faveurs , il crut élra assez puissant pour se rcudra uuutre de fa république. Ses projets fuicut découverts. Il fut cité devant l'assemblée des comices , et cimdamuû a être précipité du haut du roc Tarpéicn , l'an 884 avant J. C. II , 4o3. 111, 8u8.

MaMUUS - IMPÉBK^SUS - TORQUATUS ( Titus ) , ccli bre général raniain , fut plusieurs fuiscousul ; la ]>reaiièrc, l’an 847 avant J. C. U ffi signala par SOS victoires , et plus etioore par la rigidité do scs mogurs , eiriullexible sévérité de sou caractère. I, i5i, 21a. III , 196 , 199. 2«8.

Manlius, tils (iu piécédcnt , ayant combattu l’ail 840 avaul J. C. , centre l’oidra de sou père , al<us consul , fut coudainiié à mort par ce magistrat sévère, afin de maintenir la subordinatiou militaire. 111 , 196.

MaNSARO < JultS'tim'doidn ) , célèbre arcliilecle français , mort en ■ 708 à 69 ans, fut chargé de la conduite de prtoK]ue tous les bàtimena de Louis Xiy, Ses talcns furent incompensés de la cioix de Saint-Michel , et de la (diargc de luriuUiidaat et oidonuateur-générsl des bélùnens, arts et manufactures du roi. II, 461,48a.

MaNSKRa ( le marquis de ) , président du conseil de Castille , étuit âgé de près ds cent ans en 1710.

11 , aïo.

HANSfELü ( Cliarks , priuce de ) , l’un des plus |iauds cspitainct du s(.n siècle, se siguala daus i«a guems de Flandres et de Hongrie , et mourut sans postérité en 169s. III , iTo.

hlANSt'EU) ( Hetu-i - PruMçaù , coaile du ), de la même faAiille que le pi-écédent , joua un rôle brillant dans les guerres pour la succetsicdl d’Espaguc , et moiu'ut eu 1718 , à 74 ans.

Marc-Aubele-Antonin , dit U Pldio- Mtfibo-, et digne de ce svnioa , ué en

des personnages.

M» , d’une famille aucicunc , fut aiiopti par jlniomn-U-Pieujt , qui raatonia a l’empire. La aagraw et la luaticeaiégi'rcntavechii aur le irùiie, et il inuurut legretU^e acs peuplea , eatimo , l^cdouté de aea emieuiia , eu >*o igéde 5} ana , dont il a\mt« légué 19. Il noua leatc de ce prince ta lirrea de réflexions mutalea, l'/t-ye. londrcs 1707 , dont M. Dacier a donné une traduction fraiifaiau en 1691. C’eat de toute l’aiiliipiité pajretinc , le livre qui appitKlie le plui de la morale de l’Evangile. I , «7, a*3, 389,49a, *93.11,475. lu^ ,57 lUyWtCKL l Saint ) , célèbre cvéïpic de Paria , au commeiicifnieot du cinquième aiècle. Il , a65.

M.tRCELiN OU Mnr&thts , IVcre du tyran Mairime. 11 , Jo*. 111 , 33a.

MaRCELLUS 1 3/twctts ~ Ctatuiiui ) , cé—

• lèbrc gcnci’al romain , vainquit lea Gauloia , tua leur roi , prit Syra.

euac , ti-iompba pluaieura foia i’Jnnilttii , mérita le anrnoni d’Apec «le U hr/>uhliqiu ; nuia a'etant cxirfiaé dana une occaaioii avec pliu de bravoure (}ue de prudence , il fut tué

llT sV J 31 , «O*.

MaACKLLUS ( Mitrcfa* Pont font its ) , aénatenr romain , du U-mpa de l’cmpeiTur Tibir*. I , 3Sa. e

Marcet ( le aieur ) , homme habile dans le» langue» , et doué d'une prodigiriife m^oire. II, 439.

MaHCIS C Pitrrr-Jean le ) , habitant du

l*ourfï de BoIbeCp dfttis U L'éiit’i-atilé de Roituii , •'cat rendu ccîcbi'c en 1 765 » par son pAUiotisme et sou Uuinanité. I , s3i.

MaRCIUS. III g 3o5. k'uy, CORIOLAir.

M.\RCK ( le seifiiietir de !a ) , uOicier tiançais , contemporain du chevalier Bnynrd, 1 , 46.

Mabxiunios , f;eiidrc de Tfarius et beau* frH*e de Xtfrxht roi de Pci-ae , lut tnc à la bataille de Platée , qu'il p<u'* dit conlre les Gi“ocs , l’au 4;^ avant J- G. 1 , 157. Il , |5.

MaRUONIOS 9* pi'éoeptcur de Julien^ t /4po^fitt. I 9 399.

MARraUBHiTE (Sainte) , vierpe chrétietiiie 9 ^ui fut , à ce qu'on ci*oil » martyrisée a Antioche vciv l’an atS.

Marguerite » 611c aînée de Bn/rrtond- , Comte de Pit)vciice , cl feuimtr de Snini^Lottis, roi de France, l. 428.

SIARGUERITE D'Rcosse,, femme de Lotùji Xi , lonàqiril n'etoit eucoir

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