PROBITÉ
ï. Jv^MATS les vues domestiques ne balancèrent , dans l’espritdu célèbre P/iocion , celles de l’intérêt public. Il refusa constamment de solliciter et d’agir en faveur de son gendre Chancles , appelé en justice pour rendre compte tles sommes qu’il avoitrecues d’un ennemi delà patrie; et il lui dit alors ces belles paroles : « Je t’ai Fait « mon gendre , mais pour choses boimes et honnêtes.»
2. Les A théniens vouloient forcer Démosthènes h accuser un citoyen. Jamais ce grand orateur n’y voulut consentir; et voyant que le peuple murmuroit contre lui , il se leva et dit : « Athéniens , je serai toujours prêt « à vous donner des conseils utiles , au risque même de « vous déplaire ; mais jamais pour gagner vos bonnes « grâces , on ne me verra calomnier personne.
3 Le prince de*** , charmé de la conduite intrépide d’un grenadier au siège de Philisbourg, en 1/34 , lui jeta sa bourse , en lui disant qu’il étoit fâché que la somme qu’elle contenoit ne fût pas plus considérable» Le lendemain , le grenadier vint trouver le prince ; et lui, présentant des diamans et quelques autres bijoux : « Mon général , lui dit-il , vous m’avez fait présent de « l’or qui étoit dans votre bourse , et je le garde; mais « vous n’avez sûrement par prétendu me donner ces « diamans , et je vous les rapporte. — Tu les mérites « doublement , répondit le prince , par ta bravoure « et par ta probité. Ils sont à toi. »
4. Claude Péchon, âgé de cinquante-huit ans, pauvre, vigneron du village de Mombré-les-Reims , et père de huitenfans, reçut chez lui, le 10 de Mars 1770, un beau- Ji'èru inmme età charge à sa famille, qu’il s’é toit engagé
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de nourrir et loger le reste de sa vie , moyennant une donation d’un hien modique, évalué quatre renls livres. IjO pensionnaire tombe malade le lendemain 1 1, meurt le 12, est enterré le i3. Après roffice célébré, onsorend à la cabane du défunt : alors Claude Péchonieme\.\es titres du bien qui lui avoitété donné ; et malgré les remontrances du curé et du notaire, il renonce à ladonation,disanl: «quepourdeuxjoursqu’ila gardé son pen- « sionnaire, il ne veut pas avoir, au préjudice de ses « parens , la conscience chargée d'un bien acquis à si « bon marché. » Voyez Honnêteté, Intégrité.
1. Ïjes Athéniens et leurs alliés, commandés par C/mon, ayant fait uii très-riche butin dans la copquête des viHes de Seste et de Byzance, prièrentee grand général d'en faire le partage. CV/mok mit d’un côté les prisonniers tout nus, et de l’autre tous leurs ornemenset toute leur dépouille. Les alliés se plaignirent d’abord de ce partage , comme y trouvant trop d’inégalité j mais le .capitaine leur donna le choix. Ils prirent, sans hésiter, les ornemens des Perses , et laissèrent les prisonniers aux Athéniens. Cimon partit donc avec le lot qui étoit resté, passant pour un homme peu entendu à faire des partages ; car les alliés emportoientune quantité de chaînes, de colliers et de bracelets d’or, de riches vêtemens , de beaux manteaux de pourpre; et les Athéniens n’avoient pour leur part que des corps tout nus , et qui étoient peu propres au travail. Mais bientôt après on vit arriver de la Phrygie et de la Lydie les parens et les amis de ces prisonniers , qui les rachetèrent jusqu’.iu dernier, avec de* grosses Ibmmes d’argent ; de sorte que , des de- ' niers provenant de cette rançon , Cimon eut de quoi entretenir sa flotte quatre mois , et qu’il y eut encore beaucoup d’or de reste pour le trésor public , sans compter ce qui lui en revint à lui-même.
2. Khosrou,vd\ de Perse, délibéroit dans son conseil sur une affaire de grande impprtance; et les visirs pro-
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posoicnt chacun Icnr sont i ment. : le roi donna son avis, et /îo^/zo«/•JÇ^e/«IA^V,sonJ,M'and-visil•,le suivit. A près le consciljonliii demanda pou rqiioiilavoit préféré lesentiinent du sonverainàcelui de tous les visirs;il répondit: «Lesuc- « cès de l’a [faire dont il .s'a«it esttrès-incertain;etj’ai cru « qu’ilétoitplus sagedesuivrele conseilduroi,afind''être «à couvert de sa colère, au cas qu’il ne réussisse point.»
5. On ne peut trop admirer la rare prudence avec laquelle Sripion l’Africainse comporta dans une sédition qui s’éleva parmi ses troupes , pendant la f^uerre qu’il fiten Kspaf'ne.Cef^rand j(énéral ayant été attaqué d’une maladie assez fàclieuse , la nouvelle s’en répandit assez promptement dans toute la province , et y jeta le troii- J»Le et la confusion. Bientôt le bruit courut que étoit mort. TiCs alliés devinrent infidelles , et les soldats séditieux. Les princes espagnols .soulevèrent leurs sujets, et portèrent la désolation dans les contrées soumises à la pui.ssance romaine. Près de Sucrone , étoit un corps de huit milleRomains, qu’on avoit fait camper en ce lieu pour contenir dans le devoir les peuples voisins de l’Ehrc. Ces troupes avoienl déjà commencé à se mutiner , avant que la nouvelle de la maladie de Scipion se fut répandue. Le long repos avoit insensihlement produit la licence. Accoutumées, pendant la guerre , à vivre au large dans le pays ennemi , ellc.s soutfroienl avec peine de .se voir réduites à l’étroit eu temps de paix. 1 Vahordee n’étoicntque des murmures secrets : «S’il y a encore des ennemis dans la provin- « ce, di.soient ces soldats, pourquoi nous relient-ou « dans un pays trai>quille , où nous languissons dans « tine houleuse oisiveté ? Si la guerre est terminée , « pourquoi ne nous fait-on pas repasser en Italie ? » î^a nouvelle de la maladie deSc/pion , suivie de près du hriiitde sa mort, augmenta inUniment cctleniauvaisedisposition.Les séditieux demandèrent leur.soldeave<-plus de hauteur et de fierté qu’il ne convenoit a des soldats l)ien disciplinés. Dans les corps-de-gardc , on j)orta l’insolence jusqu’à dire des injures aux tribuns qui faisoient la ronde : plusieurs allèrent piller, pendant la nuit, les villages voisins, dont les habilansétoicntdu nombredes alliés. En plein jour , et tout ouvertement, ils abandon-
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noient leurs drapeaux, et s’en alloienloii ils juf^eoienlà propos, sans demander congéàleursortiriers. Us en vinrem inê me] usqu h lesrhasserdurampd’une voixuiianime, et déférèrent le commandement à deux simples soldats,auteurs de la sédition. Cesdeuxinsoienseurenli'impudcnce de prendre les marques du souverainpouvoir , eide faire porlcrdevaiil enxlcs haches et les faisceaux.
Les séditieux atlendoient, de moment en moment, des courriers qui leur apprissent les funérailles de^crpioji;ma\s, plusieurs jours s’étant passés sans que le bruit de sa mort se confirmât, alors on commença à en rechercher les premiers auteurs*, chacun s’en défendoit, et aimoit mieux paroîlre avoir ern trop Icftèrement une pareille nouvelle , que l’avoir inventée. D.ons celle cir- # constance , les chefs du soulèvement ne se voyant plus soutenus avec la même chaleur, conunencèrcnl à envisager avec frayeur les faisceaux qu'ils avoicnl usurpés^ et à redouter les efl’ets d’une puissance légitime.
La sédition étoitdéjâ un peu ralentie , lorsqu’on apprit pardescourriers sûrs cl fidelles , premièrement qne^cipion vivoit , et ensuite qu’il éloit absolument hors de danger. Ibentôl après, sept tribuns légionnaires , envoyés par le général même, arrivèrent dans le camp.La vue de ces ollici ers aigrit d’abord les esprits ; mais leurs manières douces et familières, accompagnées d’un air de bonté, firent bientôt rentrer tout le monde dans le calme. Se mêlant dans les cercles où ils voyoient plusieurs soldats s’cnti'etenir ensemble, ils prenoient part à la conversation; et, sans leur faire aucun reproche sur leurconduitepassée,ilsparoissoient seulement curieux d’apprendreceqnipouvoit causer bmr mécontentement et leurs alarines.Les soldats SC plaignoientsur-loutquc, malgré les sei-vices qu’ils avoient rendus , on ne leur avoit point payé leur solde aux jours marqués. Les tribuns répondirent qne ces plaintes étoient légitimes , et qu’ils ne manquemient pas d’en avertir le général.
tScipioran’é toit point embarrassé , quandil s’agissoit de faire la guerre ; c’étoit son métier : mais, n’ayant point encore éprouvéde sédition, celle-ci l’inquiétoit. Il craignoit,de la part de sonarmée , des excèsqni ne lui permissent plus d’user de clémence. II craignoit lui-même
‘OO prudince.
fl onlrpr la sévérijr. Il msolnf, enfin de n’éeonlor qne la
jinulence el la modérai ion. Pour CCI effet, il envoya dans les villes Irilmtaireseeiix qui étoient chargés de IcveiHes fleniersdc la rtq)iihliqiie;el celle démarche fite.spércr aux soldais qn’ilslom heroientincessaniment la somme qm leur éloil duc. Quelques jours après, il publia une ordonuance qui leur enjoignoit de vcniràCarlhagène , pour iece\oir leur paie, separcmenl par compagnies, ou tous cnscmQc.s’ilsraimoientiuieux.La sédition éloit déjà hien alloihlie ; mais quand on sutque ceux des Kspagnolsqui s'éloient soulevés, rentroient dans lecalme, elle fut toiil-a-fait éteinte ; c.i\r Mandonius et Indihili^ , princes espagnols , n^avoient pas plutôt appris que . Scrpion joui.ssoit d^inc parfaite santé , qiPahandonnant leiir entreprise , ils étoieni retournés dans leur pays. Ainsi, il n y avoit plus ni citoyen, ni étranger, que les
soldat.sdeSucronepussentassocieràleurrévolte.Après
Lien des réflexions , ils prirent Punique parti qui se présentoit à eux : c’étoit de remettre leur sort entre les mains de leur général. Us se représentoient qiPil avoit Lien pardonné à des ennemis vaincus par la force des armes; que, dans leur sédition, il n’y avoit pas eu une épée tirée, pas une goutte desang répandue. Ils étoient seulement en doute s’ilsiroient chercher leurs’olde tous enseniLle, ou en différentes Landes. Ils prirent le parti qui leur parulleplus sùric’étoit de ne se point séparer.
Scipion , de son côté , dc^ihéroit sur la conduite qu’il devoit tenir à leur égard. Son conseil étoit partagé en deux sentiniens. Ijes uns vouloient que l’on se bornât au supplice des chefs , au nombre d’environ trentecinq ; les autres croyoient qu’une sédition si criminelle demandoit une punition plus générale. L’avis le plus doux prévalut. Au sortit du conseil , on avertit les soldats,qui étoient à Carthagène, de se tenir prêts â marcher contre les Espagnols révoltés , et de se munir de vivres pour plusieurs jours.On vouloit donner lieu de croire que c’étoit sur cette expédition qu’on venoit de délibérer. Quand les séditieux approchèrent de Carthagène, ils apprirent que le lendemain toutes les troupes que Scipion avoit dans cette ville , dévoient partir sous la conduite de Celte nouvelle leur causa
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beaucoup de joie: ilss'iinaginoicnt avec plaisir que leur général alloit rester seul avec eux, et qu’ils seroient plutôt en état de donner la loi, que de la recevoir. Ils entrèrent dans la ville vers le coucher du soleil , et virent les troupes de Carthagène qui faisoient tous les préparatifs de leur départ. Pendant la nuit, ceux sur q4ii l’on vouloit faire tomber la punition, furent arrêtes. On avoit pris de bonnes niesiures pour se saisir d’eux sans bruit. Vers la fin de la nuit, les bagages de l’armée que l’on feignoit de faire partir, commencèrent à se mettre en marche. A la pointe du jour, les troupes s’avancèi'ent jiisques hors de la ville , mais s’arrêtèrent à la porte ; et l’on mit des gardes à toutes les autres portes , pour empêcher que qui que ce fiit ne sortît.
Après ces précautions , ceux qui étoient arrivés la veille vinrent à l’assemblée, où ils étoient appelés ; et par l’air de fierté et d’arrogance qu’ils affectoient , on eût dit qu’ils alloient donner de la terreur à leur général , loin de rien craindre de sa part. Alors Scipion monta sur son tribunal ; et en même temps, les troupes qu’on avoit fait s^tir de la ville en armes , étant rentrées , se répandirent atitour des soldats qui étoient venus à l’assemblée sans armes, suivant l’usage. Dans ce moment toute leur fierté les abandonna. Ce qui les effraya davantage , fut la vigueur et l’embonpoint de Scipion , qu’ils s’étoient attendus de ti’ouver abattu d’une longue maladie'-, et les plus audacieux tremblèrent en voyant le feu de ses yeux et la tranquille sévérité de son visage. Il demeura quelque temps assis , sans rien dire , pisqu’à ce qu’on vînt l’avertir que les auteurs de la sédition avoienl été conduits dans la place publique, et que tout étoit prêt. Alors, ayantfait faire silence par le héraut , il prit la parole avec cette éloquence vive et mâle qui accable, qui anéantit le coupable : «Quel nom vous donnerai-je ? dit-il aux séditieux. Vous appellerai-je citoy<‘ns } vous vous êtes révoltés contre votre patrie. Soldats ? vous avez secoué le joug de la discipline militaire. Ennemis ? l’extérieur, les visages , l'habillement annoncent des citoyens : les actions, les discours, les complots me montrent en vous 4es cimemis.... Après avoir chassé lesCai tiiaginois de
l’Espagne , je ne m’imaginois pas , vu la conduite que i’avois tenue, qu’il y eût dans tonte la province un seul lieu où nia vie fût odieuse , un seul homme qui souhaitât ma mort.. .Dans mon armée , dans mon camp , mes soldats ont appris avec joie le bruit de ma mort ; ils en ont attendu la confirmation avec empressement.... Je suppose que je n’aie pas mérité, comme je le crovojs, votre attachement et votre fidélité ; hélas ! que vous avoit fait la patrie que vous trahissez, en vous unissant avec les Espag^nols révoltés.^... Quel étoit le but de votre entreprise ? Espériez-vous ôter au peuple romain la
fiossession de l’Espagne , et vous en rendre maîtres ? nsensés ! vous aviez donc oublié que la république , qui a triomphé de tant de nations , pouvoit aussi triompher de vos perfides eflTorts ?... Mais que tout le passé demeure enseveli, s’il se peut, dans un éternel oubli, et que la punition des scélérats qui vous ont portés à ce crime, vous serve à l’avenir d’expiation et d’excinple.»
A peine 6'cipio« eut-il cessé de parler , qu’on présenta de concert aux yeux et aux oreilles des coupables, tout ce qui pouvoitporter la terreurdans leiu’s âmes. Les soldais der.autre année, qui s’étoient répandus autour de l’assemblée J commencèrent à frapper de leurs épées sur , leurs boucliers; et, dans le même moment, on entendit la voix du héraut qui citoit ceux qu’on avoit condamnés dans le conseil. Après les avoir dépouillés de leurs habit-s, on les traîna au milieu de la place ; et,sur-le-champ, on fit paroi tre les instrumens de leur supplice. Pendant qu’on les attacha aupoteau, qu’on les battit de verges, et qu’on leur tranchala tête, leurs complicesdemeurèrent immobiles, et tellement saisis de crainte , qu’il ne leur échappa aucune plainte, ni même aucun gémissement.
4. '/jénis , Dardanien , avoit gouverné TEolie sous l’autorité du satrape Pharnabaze; et, comme après sa mort on vouloit donner cette province à un autre, Mania,ss. veuve, vint trouver Pharnabaze avec des troupes et des présens, et lui dit qu’étant veuve d'un homme qui lui avoit rendu de grands services, elleleprioitdene lui point ôter les récompenses deson mari,qu’elleleserviroit avec le même zèle et la même obéissance; et que, si
lOlc V mniiquoil', il lui seroilloiijourslibrodf’la dépouiller de son goiivernejnent. Elle le eonserva doiir, et s’y conduisit avec toute la saf^esse et toute l'iiabileté qu'on auroit pu attendre de l’homme le plus consommé dans l’art de commander. Aux ti-ihuts ordinaires qu’avoit pavés s6n mari, elle ajoutoitdes présens d’une maf'nilicence extraordinaire ; et lorsque Phamahaze venoit dans sa province, elle le traitoit plus splendidement que ne faisoient tous les autres gouverneurs. Elle nese contenta pas de conserver les places qu’on avoit commises à sa garde *, elle en conquit de nouvelles , et prit , sur ja côte de Larisse , Leuxite et Colonne. On voit ici que la prudence , le hon esprit et le courage sont de tout sexe. Mania se trouvoit présente à tout , montée sur un char , et prononcoit elle-méine sur les peines et sur les récompenses. Il n’y avoit point, dans les provinces voisines , de pins belle armée que la sienne ; et elle tenoit à sa solde un grand nombrede soldats grecs- Elle • accompagnoil im^mePharnabaze dans toutes ses entreprises, et ne lui étoil pas d’un médiocre secours : aussi ce satrape , qui counoissoit tout le prix d’un si rare mérite, faisoil à cette dame plus d’hottîneur qu’à tous les autres gouverneurs ; il lui donnoit ménie entrée dans son conseil; et il la traitoit avec une distinction capable d’exciter la jalousie, si la modestie et la douceur de cette héroïne n’eussent tempéré l’ét latdeses vertus.
5. Cotis , roi de Thrace , étoit extrcn.ement \if et colère, et punissoit avec sévérité les moindresfaules.Un étranger lui ayant apporté de très-beaux vases, admirablement bien ciselés, etlravaillésavecun artinlini, mais très-fragiles, Cotis Icsrccut, et fit un riche présent à cçt homme. Ensuite il brisa tous ces effets précieux, disant qu’il ne vouloitpas s’exposer à punir ceuxquiles casscroient. l.,esage seconnoît lui-même, et prévient, parsa prudeuce,le.^autesoù scs passions pourroientl’engager.
G. Jphicrate, général athénien, étant un jour campé sur les terres de ses allies , ne laissoit pas de fortifier son camp d’un fosse et d’une palissade , comme s il eût été en pays ennemi. « A quoi bon tant de soins , « lui dit quelqu’un ? que craignez-vous? — Quand on « ne voit rien à craindre , répondit le prudent capi-
llÔ P U D E Ü Ri
« c’est alors qn’on doit craindre le pins. Lorsqu’un « malheur imprévu est arrivé , il est honteux pour un « général d’être obligé de dire : Je n*y avais pas pensé. »
Après avoir vaincu et mis en fuite les Lacédémoniens J il les poursuivit jusques dans un défilé trèsétroit, dont ils ne pouvoient plus sortir , à moins qu’ils ne s’ouvrissent un passage à travers son armée. 7pAzcrate sachant que le désespoir donne du cmiir aux plus lâches , s’arrêta , et dit : « Ne forçons pas nos en- « nemis à devenir braves. » 11 les laissa échapper, et ne voulut point risquer de perdre le fruitde sa victoire, . en combattant contre des gens qui n’avoienl plus rien à perdre, oyez Prévoyance , Sagesse.