‹ Dictionnaire historique d'éducation, où, sans donner de préceptes, on se propose d'exercer et d'enrichir toutes les facultés de l'ame et de l'esprit, ... Par m. Fillassier, des Académies royales d'Arras, de Toulose, de Lyon, de Marseille, etc. Tome premier troisième Tome troisièmeChapitre 29 sur 169 · Jean y 3 duc de Bretagne , ctoit ennemi mortel · texte numérisé non relu

Jean y 3 duc de Bretagne , ctoit ennemi mortel

FRÉVOYANCE. 1o3

à' Olivier de CZmon. Voyant qu’il ne ponvoil nrtire à ce mierricr par la force, il eut recours a la trahison et à î’arlitice. Il feignit de se réconcilier avec lui ; il l’invita à veniràsacour , et le rcçutaveclesdéinonslrations de la plivs sincère amitié. Un jour , a la fin d un repas magnifique qu’il lui avoit donné, il le pria de venir voir un château qu’il faisoithàlir. Clisspn , trompé par lespolitessesdu duc ,el nesedéfiant de rien , y consentit volontiers. Lorsqu’ils eurent visité lesappartemens, le prince proposa à Clisson de monter dans la maîtresse - tour du château, lui disant qu’il vouloil savoir ce que pen.soit de saforcele plushabilc homme du royaume en matière de fortifications. Clisson y monta ; mais des gens annés, qui se tenoieut en embuscade dans une chambre , se jettent tout-à-coup sur lui , et l’arrêtent. Clisson sedéfendit comme un lion; mais ses efforts furent.iuutiles. On le traîna dans une chambre, où les gens du due hû mirent trois paires de fers aux pieds. U« duc , voyant son ennemi en ra puissance, se hâta de satisfait e son ressentiment. 11 appela un de ses plus fidèles ofl-ciers , homme sage et prudent, nommé Jean de Bazvalen,ci lui ordonna de faire mourir Clisson sur le minuit , le plus secrètement qu’il seroit possible, liazvalen promit d’excculei' ses ordres, et se retira. La nuit étant venue, le duc se mit au lit, et s’endormit d’abord ; mais l’inquiétude le réveilla bientôt. L’ordre cruel qu'il avoit donné vint alors se présenter à son esprit , sous la forme la plus effrayante : il fit les plus tristes réflexions sur le sang de Clisson , et sur les suites qu’auroil sa mort. Dès le point du jour il envoie cherclier Bazvalen; il arrive : «Avez-vous e.xéciilé mes ordres? lui dit. précipilam- K ment le duc. » L’otficier répondit qu’il avoit obéi. « Quoi ! C/wjo» est mort ! reprit le duc. — > uion- « sieur , répondit Bazoalcn ; cette nuit, bientôt après « minuit, il a été noyé; et j’ai fait mettre le corps en

« terre dans un jardin Ah ! ah ! s'écria I rislenient le

« prince, veie-cy un pilieux réveille-matin ! Retirez- « vous , messire Ve/iaM , que je ne vous voie mie plus. » Bazvalen se retira ; et le duc commença à se tourmenter dans son lit, et à jeter des cris affreux. H n’écoutoit

fo4 "PROBITÉ.

personne , et ne voulut ni boire ni manger de tout Iç jour. Alors Bazvalen, voyant que sa douleur cloit sincère, alla le trouver, et lui avoua qu’il n’avoit point exécuté ses ordres, prévoyant bien qu’il s’en ropentiroit. A ces mots , le duc sauta de joie , embrassa son fidèle officier , et loua sa prudence. Quelque temps après il délivra Clisson. V oyez Prudence.

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