llérode le sophiste étoit si allligc de la mort de Tld
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^ille son épouse, qti’il avoit fait tendre en noir toute sa maison. Lucius, son ami, avoit en vain essayé de modérer sa douleur. Voyant un jour des enfans qui lavoient des raves hlanchesàune fontaine, il leur demanda pour qui ces racines étoientdestinées? « C’est pour Uérode, . V. lui répondii-ent-ils.— Jen’eneroisrien,iepritL</ciW ••
« comment //cVodepeut-il se résoudre à maneer ccsra- « ves qui sont hlauches, lui qui ne veut chez lui que du « noir » Uérode apprit celte raillerie ; et , malgré sa froideur, elle fit plus d’effet sur lui , cnie les plus sages remontrances. Il éloigna cet appareil lugubre , craignant de devenir bientôt la fable de toute la ville.
G. Un homme de lettres se vantoit, en présence d’une dame qui vouloit passer pour femme d’esprit, de dire sur-le-champ de quel poète et dans quel ouvrage seroit tel ou tel vers qu’il plairoit à chaque personne de la compagnie de citer. La dame voulant l’embarrasser , imagina d’en faire un , et de lui demander , s’il en eonnoissoit l’auteur : « Assurément , répondit-il ; il « est de la Chercheuse d’Esprit. » Il faisoit allusion à une pièce de théâtre donnée sous ce titre.
7. Lef prince de Coudé voulant se railler d’une personne qui , pour se donner des airs de qualité, disoit, monsieur mon père , madame ma mère , dit en sa présence : « Monsieur mon écuyer, allez dire à monsieur
• « mon cocher qu’il mette messieurs mes chevaux à. « monsieur mon carrosse. »
8. LeprinceHcriri-JuIestZe ConcZé,rongédevapcurs, se faisoit lire les vies de Plutarque par un de ses valctsde-chambre, et n’en éloit pas plus tranquille. « Pour- « quoi aussi , monseigneur , lui dit le lecteur, vousoc- « cupez-vous d’histoires qui ne parlent que de massa- « cres , de batailles , de destructions de peuples ? Tout
« cela vous noircit l’imagination Lis-moi donc , re-
« prit le prince , la vie du maréchal de***. » Il venoit d cire décoré de cette dignité par faveur.
q. .leanne de Bourbon , i\hhesse de Fonlevrault, fille naturelle de Henri , venoit de perdre un procès :\ la grand’chambre*. Elle alla trouver le premier président Molé , pour se plaindre à ce magistrat, qui lui répondit
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en riant. «Ignorez-vous, lui dit laprincesse irritée, (jne « je snisdu sang de France ? — Eh ! oui, madame, répondit « Molé , je sais que vous en êtes, et du plus chaud. »
10. Un de ces courtisans ambitieux qui veulent faire les personnages d'importance, dit un jour, en présence dhin grand seigneur : « J^ctois hier au coucher du roi , « quimeraconlaunenouvellebiensurprenante. — Moi, « dit le seigneur, j’étois hier au sermon du père Bour- « dalove , qui me dit de fort belles choses. »
11. Galba, jurisconsulte célèbre, éloit bossu; et l’on disoil de ce Romain que son esprit éloit fort mal logé. Un jour qu’il plaidoit devant César , il répétoit souvent: « Redrcssez-moi, César , si je me trompe en quelque « chose. — Je puis vous avertir et vous reprendre , lui « dit César , mais non pas vous redresser. »
Orhilius de Bénévent, fameux grammairien , parut en justice pour rendre témoignage contre un coupable. Quoiqu’il fût très-connu de CaZZ»a, cependant ce jurisconsulte lui demanda , pour se moquer de lui , quelle « étoitsa profession? « Ma profession , répondit Orbi- « lias , est de frotter les bossus au soleil. »
12. Le duc de entadour passoilun acte avee un gentilhomme fort mince, quiprit la qualité de très-haut et très-puissanlseigneur: leducn’cnpritaucune;lenotaire en étant surpris : « Quels titres voulez-vous donc que je «medonne?dit-il:monsicurnelesa-t-ilpastous pris ? »
13. Après l’affaire deLeuze , où les g.udes du roi se • signalèrent par des exploits inouis,quel(iues-unsd’entre
eux, la plupar t Gascons, détailloient avec complaisance leursactionsetleursprouesses.L’undisoit: J’ai tué vingt hommes .à ma part. L’autre disoit : J’en ai tué autant, et j’aifail prisonniers deux officiers généraux.Untroisième ' ajouta qu’il avmt enfoncé , lui cinquième , deux ou trois escadrons , et qn'il en avoit rapporté tous les di’apeaux. « Et vous, » dit-on à un gentilhomme gascon de i-iche taille , de beaucoup d’esprit , et d’une valeur de sang froid , « vous ne dites rien : qu’avez-vous fait dans celle « grande et mémorable journée ? — Hélas! messieurs , « répondit-il, j’y ai été lue. *
i4- Lemaréchal deS*** vcuoildeprendroj)Ossessioa de G**. Il avoit déjà reçu à ce sujet les coiupliniens de
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tonte la noMesse. Un corps de uiafiislrals du voisinaj^e vint aussi pour le haranguer. Celui qui devoit porter la parole avoit prépare son discours, et avoit même recueilli par avance les suffrages de tous ses confi-ères. U arrive gravement devant le maréchal , qui , vêtu à la polonaise , étoit entre deux dames richement mises , et d’uneheauté éclatante. A cet aspect, Porateurpcrdittoutà-coup la mémoire, et, de toute sa harangue ne put retenirqueceseulmotrMowje/g'wewr.Fatiguéesdel'entendre , les deux dames ne purent retenir plus long-temps l’envie de rire qui les pressoit; clics éclatent, et tonte la suitedumaréchal les imite, tandis que le pauvre haranguciir se tourmentoit j)our retrouver, ;i l’aide du monseigneur qui ne sortoitpointdesahouche, lefil de son compliment. Les dames cependant se tenoient les côtés;alors le maréchal se touniant vers elles :*«Eh ! de quoi riez- « vous donc, mesdames? leur dit-il. Monsieur le ma- « gistrat s’essaie , et n’a point encore parlé. »
15. Un babillard , qui avoit l’honneur d’entretenir Aristote , voY«ant que ce philosophe ne répondoit rien : « Je vous incommode peut-être, lui dit-il : ces bagatelles «vousdétoni’ncntdequelques pensées plus sérieuses. — «Non, vous pouvez continuer; je n’écoute pas. »
16. Les chanoines de Chartres ayant perdu leur procès contre leur évêque , par le crédit de madame de Maint enon , l’un d’entre eux dit: «Comment « aurions-nous gagné ? Nous avions contre nous le « roi , la dame et le valet. »
17. Le cardinal Mflzari», sur le point de mourir, voulant cacher l’extrémité de son mal , se mit du rouge , et passa sur son balcon pour voir ess.ayer des chevaux. A l’aspect de son éminence, l’ambassadeur d’Espagne ne puts’empccher de rire , en disant : « Voihi un portrait « qui ne ressemble pas mal au cardinal Mazarin. »