RAISONNEMENT
1 . î jE rhéteur Corax, qui le premier établit une école d'éloquence à Syracuse, convint avec Lisias, l'un de ses disciples, qu'il ne lepayeroitque lorsqu'il seroit parfaitement instruit dans l'art de parler. Quand LiV/W eut achevésesétudes,etqu'ileutacquisun^ntièreconnoissance de la rhétorique, il refusa lepayemenldoiit il éloit convenu, et Corax fut oblif'é de le citer en justice. Le disciple s'en embarrassoit fort peu; il disoit, en badinant, à ses amis : « Si je persuade aux juges que je ne « dois rien, ma cause est gagnée; si je ne le persuade
pas , elle est encore gagnée , puisque mon maître ne « m'aura pas bien instruit dans l'art de persuader. » ÎVIais Corax, retournant la proposition, raisonnoitbien autrement : « Si Lisias ne persuade pas'séS juges , il « perd sa cause; et s’il les persuade , il la perd encore, « puisque ce sera une preuve que je l’ai bien instruit.»
2. Platon voyant que le philosophe Jï^cAine étoit méprisé à la cour de Denys-lé- Jeune, tyran de Syracuse, demanda à ce prince un èntretiensecret; etl'ayantobtenu, il lui parla de la sorte : «Si quelqu'un étoit, Venu « en Sicile dans l’intention de vous faire du mal, etqu'il « n'en eût point fait, faute d'occasion, ne punirîea-vous « pas sa mauvaise volonté ? —Sans doute. — Par la même « raison, si quelqu’un étoit venu pour vous rendre ser- « vice, maisqji'il n’en eût pas encore trouvé les moyens, « vous trouveriez que son zèle seul est dignfe’de récom- « pense ^ — Assurément. — Eh bien ! voila le cas où « est aujourd’hui le philosophe Escltine; il a passé les
merspourvous communiquer sascience et ses lùmiè- « res ; cependant jusqu'ici qu'avez-vous fait en sa fa- « veur?» Dewyj admira la générosité AePlaton,et reçut avec les plus grands honneurs le philosophe Eschine.
3. Un homme riche, adonné au luxe et à la mollesse, cherchoit à s'excuser, en disant qu’il avoitle moyen de suJ)venir à toutes ces dépenses , et qu’après tout , il falloil bien faire usage des présens de la fortune. « Si
by Googli