Antoine Je Lèee,l’un des plus célèbres généraux
• de Charles- Quint, s’étant rendu auprès de ce prince , lo monarque lui fit l’accueil le plus honorable. De Lève
étoit plus que septuagénaire. Charles le fait asseoir près de sa personne , et veut absolument qu’il se couvre ; et , comme ce héros marquoit quelque ré-
λiignance à mettre son chapeau , le prince le pose ui-même sur sa tête , en disant ; « Un capitaine ita- « lien , qui a servi glorieusement pendant soixante « campagnes , mérite bien de jouir des privilèges des « Grands d’Espagne , et d’être assis et couvert , à « l’àge de soixante et treize ans , en présence d’un « empereur qui n’en a que trente. »
3. Jean-sans-Terre , roi d’Angleterre, foisoit à ses barons une guerre cruelle. 11 assiège , en 1 2x5, le château de Rochester. Guillaume ô’Àlbinet , gouverneur de cette place , y étoit renfermé avec toute sa famille.
Ce grand homme , voyant un arbalétrier qui visoit au roi , et qui alloit le tuer : « Malheureux ! s’écria-t-il ,
« en détournant le coup, songes-tu que c’est le roi ?
« Je sais que nous sommes réduits aux dernières ex- « tréniités ; que nous manquons de tout ; que nous « n’avons aucun espoir de secours ; qu’il va donner « l’assaut ; qu’il fut toujours sans miséricorde ; qu’il « nous fera tous massacrer, et que ma fille et moi « serons les premières victimes qu’il sacrifiera à son • . « implacable cruauté : mais c’est le roi. »
4- Fabius Maximus, qui avoit été dictateur, alloit à ^ cheval au devant de Quintus Fabius Maxinius, son fils, qui venoit d’être créé consul. Ce jeune homme, voyant son père venir à lui sans descendre de cheval , lui envoya (commander de mettre pied icrrc.Fabius descencendit aussitôt ; et , courant embrasser son fils : <i Je « me réjouis , lui dit-il , de ce que tu le conduis en ^ « consul. » Ce grand homme se trouvoit plus honoré d’avoir un fils qui sût soutenir sa dignité, que de se voir respecté par le premier magistrat de la république. •
5. M. Du Hamel , célèbre académicien , avoit été curé de Neuilly-sur-Marne ; et , tous les ans , il alloit visiter cet ancien troupeau. Le jour qu’il y passoit étoit célébré dans tout le village, comme un jour de fête.
On ne Iravailloil point ; et l’on n’étoit occupé que de’’* la joie de le voir. Pendant qu’il fut en Angleterre , les
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