‹ Dictionnaire historique d'éducation, où, sans donner de préceptes, on se propose d'exercer et d'enrichir toutes les facultés de l'ame et de l'esprit, ... Par m. Fillassier, des Académies royales d'Arras, de Toulose, de Lyon, de Marseille, etc. Tome premier troisième Tome troisièmeChapitre 52 sur 169 · RETRAITE · texte numérisé non relu

RETRAITE

E philosophe Cléante, voyant un homme solitaire qui conversoit avec lui-même : « Prenez garde, lui dit- « il, que vous ne vous entreteniez avec un méchant. »

2. Théodose-le-Grand cherchoit im chrétien sage et éclairé pour former le cœur à’Arcadius son fils , et

fiour y jeter les pures semences de la véritable vertu.

1 le trouva dans Arsene , distingué par sa noblesse , i et plus encore par l’intégrité de ses mœurs , et par ime parfaite connoissance des lettres et de toutes les sciences humaines. Lorsqu’ Jÿonoriwrf, qui naquit l’année suivante 385, fut eu âge de recevoir des leçons, il le joignit à son frère , sous la direction à’ Arsène. Cet habile instituteur ne manquoit d’aucun des talens jropres à former de grands princes, si dans ses élèves, a nature ne se fût pas refusée à ses soins. Théodose ui donna sur eux l’autorité qu’il avoit lui-même. 'Mais Arsène y après onze ans de travaux continuels, se dégoûta de la cour. 11 viyoit dans la pompe et la délicatesse, superbement vêtu et meublé , servi par un grand nombre de domestiques } l’empereur lui ' enlretenoit

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enlretenoit une table somptueuse. A Pâ^e de quarante ans , il fit reflexion que , tandis qu’il se livroit tout entier à l’éducation des deux princes , il ne travailloit pas a se réformer lui-niéme. Frappé de cette pensée, il se retira secrètement du palais; et, s’étant dérobé à toutes les recherches de ’J héodose , il s’alla cacher dans le désert de Scéthé , où il vécut, jusqu’à l’àge de quatre-vingt-quinze ans, dans la plus austère pénitence, plus content dans sa chère solitude, qu’au milieu des grandeurs dont il étoit enviroimc.

^ 3. S. vferome disoit que les villes lui paroissoient être d'affreuses prisons , et que la solitude , au contraire, lui seinbloit un lieu de délices, im paradis. Ce grand docteur pensoit, sans doute, comme il parloit , puisqu’il préféra au voluptieux séjour de Rome , les affreux déserts de la Syrie , où, vêtu d’une casaque, couché sur la terre , vivant l’herbes , il habitoit avec les serpens et les bêtes sauvages.

1. bourgeois de Paris voyoit rire un savetier qui demcuroil auprès de chez lui , toutes les fois qu’il passoit. lin jour que celaTimpatienta plus qu’à l’ordinaire : « p'où vient, lui dit-il, que tu ris toutes les fois que « je passe ? ■ — Et d’où vient , lui répondit lirusquement « le savetier, passez-vous toutes les fois que je ris ? » 2. Un homme étoit extrêmement malade; un assoupissement mélancolique et presque continuel étoit son mal. Son singe , qui logeoit avec lui , cherchoit à se consoler de la maladie de son maître , par quelques friandises : il furetasi bien, qu’il vint à un gobelet d’une médecine préparée, qu’il avala. Mais la potion ne tardant point à opérer , il se mit à courir par toute la chambre; faisant sauts et gambades, et criant avec des grimaces effroyables. Son maître , sachant la cause de son agitation , se mit pour lors si fort à rire , qu’il se trouva beaucoup soulagé , et recouvra la santé.

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