SOCIABILITÉ
1. MORTEL maréchal £?<? Turenne comptoil au nonilue de ses vertus, toutes celles qui caraclérisentet qui rendent aimable l’hommequi vit en société. 11 vivoit. à Paris dans une "randesimplicité,scinblableauxhéros de PancienneRome,quine se dislin^uoient par aucun éclat'extcrieur. Un jeunehomme de condition, arrivé de province , et qui ne connoissoit pas le vicomte , frappa un jour son cocher dans un embarras des ruesde Paris. Un artisan sortit de sa boutique , un bâton à la main , en criant : « Comment ! on maltraite ainsi les gens de «M.t/e 'J'urenne! » A ces mots,l<' jeune homnieéperdu vint à la portière du carrosse faire des excuses au vicomte , qui dit en souriant : « Vous vous entendez fort « bieç, monsieur, à châtier les gens; quand les miens « feront des sottises , trouvez bon que je vous les en- « voie. » 11 alloit souvent entendre la messe â pied, et de là se promener seul sur le rempart , sans domestiques, et sans aucune marqtie de distinction. Un jour , dans sa promenade, il passa près d’une troupe d’artisans qui jouoient à la boule , et qui, sans le connoître, le prièrent de juger un coup. 11 prit sa canne, et après avoir mesuré les distances , prononça. Celui qu’il avoit condarnnélui dit des injures : lemaréchalsourit;et, comme il alloit mesurer une seconde fois, plusieurs officiers qui l’aperçurent vinrent l’aborder. L’artisan demeura confus, et se jeta à scs genoux pour lui demander pardon. Le vicomte répondit : « Mon ami , vous aviez tort de « croire que je voulusse vous tromper. » Il alloit quelquefois aux spectacles , mais rarement. Un joxir il se trouva seul dans une loge , où entrèrent quelques provinciaux en pompeux équipage, llsnfele connoissoient pas , et voulurent l’obliger à leur céder sa place sur le premier banc. Comme il le refusa, ils eurent l’insolence de jeter son chapeau et ses gants sur le théâtre. Sans s’émouvoir , il pria un jeune seigneur de la première qualité de les lui ramasser. Ceux qui l’avoient