SOBRIÉTÉ
1.X-/A sobriété , la tempérance doivent être sages , et dirigées par la raison : il ne faut pas qu’un amour aveugle de lavertunous conduise à des infirmitésqui nous obligeroient d’en interrompre l’austère pratique. S. Paul^ dans sonEpître aux Romains , leur dit: «11 est bon de « ne point manger de viande , et de ne point boire de « vin. » Dans celle aux Corinthiens , il dit : « Si la « nourriture que je prends scandalisoit mon frère , je « m’en Jbstiendrois pour toujours. » Mais ces deux préceptes de tempérance ne regardent que les personnes en santé , comme ce saint docteur des nations le fait connoître, lorsqu’il prescrit à Timothée la nécessité de corriger son eau par un peu de vin , à cause de la foiblesse de son estomac.
2. Le raaréchfd de laFerté pensoit qu’on devoit accoutumer la jeunesse à une vie sobre et dure. Son maître-d’hotcl ayant fait , par ordre de son fils , une ^
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ample provision pour la campagne , de tniffes , de morilles , et de toutes ces autres superfluités que l'amour des bons ragoiits a rendues si nécessaires , lui en apporta le mémoire. Le maréchal n^eut pas plutôt lu cet article, qu'il jeta le mémoire avec indignanalion : « Ce n’est pas ainsi , dit-il , que nous avons « fait la guerre ; de la grosse viande apprêtée simple- « ment , c’étoient-là tous nos ragoûts. 11 faut à mon « fds des triifiTes , des morilles , mille bagatelles pour « flatter délicieusement le palais de monsieu rie déli- « cat. Oh bien ! dilcs-lui que je ne veux entrer pour « rien dans une dépense aussi folle que celle-là , aussi « indigne d’un homme de guerre ; et vous , cherchez « quelqu’un qui vous en tienne compte.»
3. En 172b , un nommé Villars confia à quelques amis que son oncle , qui avoit vécu près de cent ans , et qui n'étoit mort que par accident, lui avoit laissé le secret d’une eau qui pouvoit aisément prolonger la vie jusqu’à cent cinquante années , pourvu qu’on fut sobre. Lorsqu’il vovoit passer un enterrement , U levolt les épanlcs^de pitié : « Si le défunt , disoit-il , « avoitbu de mon eau , il ne seroit pas où il est.» Ses amis auxquels il en donna généreusement , et qui observèrent un peu le régime prescrit , s’en trouvèrent Lien , et le prônèrent. Alors il vendit la bouteille six francs. Le débit en fut prodigieux. Ceux qui en prirent, et qui s’astreignirent à un peu de régime , sur-tout qui étoient nés avec un bon tempérament , recouvré-' rent en peu de temps une santé parfaite. Il disoit aux autres : « C’est votre Êmte si vous n’êtes pas entiére- « rement guéris; vous avez été intempérans et incon- « tinens. Corrigez^ vous de ces deux vices ,*et vous « vivrez cent cinquante ans pour le moins.» Quelquesuns se corrigèrent. La fortune de cet homme s’aug-, menta comme sa réputation. Des enthousiastes le mettoient fort au-dessus du maréchal âe Villars. aW fait « tuer des hommes , disoient-ils ; et lui les fait vivre.» On sut enfin que l’eau de Villars n’étoit que de l’eau de Seine avec un peu de nitre. Voyez Abstiis'emcs , Frugalité , Tempérance.
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SOCIABILITlf.