‹ Dictionnaire historique d'éducation, où, sans donner de préceptes, on se propose d'exercer et d'enrichir toutes les facultés de l'ame et de l'esprit, ... Par m. Fillassier, des Académies royales d'Arras, de Toulose, de Lyon, de Marseille, etc. Tome premier troisième Tome troisièmeChapitre 99 sur 169 · VIRGINITÉ · texte numérisé non relu

VIRGINITÉ

a. Sainte Geneviève avoit environ sept ans , lorsque S. Germain, évêque d’Auxerre, et S. Loup , évêque de Troyes, passèrent à Nanterre , sa patrie, pour aller en Angleterre combattre contre l'hérésie de Pélage. A leur arrivée , une foule de gens , attirés par la réputation de leur sainteté , s’assembla autour d’eux pour recevoir leur bénédiction. Geneviève V alla avec lesaiitres, conduite par son père et sa mère. Cermam la distingua du milieu de la foule ; et l’ayant fait approcher «Ma fille , lui dit le prélat , voulez-vous vous consacrer à « J. C. pour être son épouse ?— C’est totil mon désir ,

« mon père , répondit la sainte. » Germain la mena dans le moment à l’église , lui imposa les mains , et la pria de le venir voir. Elle y alla le lendemain , conduite par son père et sa mère: et le pieux évêque l’.ayant prise à part : «Ma fille , lui dit-il , vous souvenez-vous « de ce que vous m’avez promis hier? — Oui , mon père ;

« et j'espère l’observer par le secours de Dieu et par i« vos prières.» Alors Germain reg.irdant à terre , vît une médaille de cuivre où la croix éloit empreinte : îl la lui donna, en lui recommandant de la porter à son •cou ; puis il ajouta ces paroles remarquables , ^i sont une leçon pourtoutes les vierges chrétiennes : «Ne souf- « frez pas que votre cou on vos doigts soient chargés « d’or , d’argent , ou de pierreries ; car sr vous aimez « la moindre parure du siècle , vous serez privée des « omemens célestes et étemels. » .

, 5.Sainte£«pùrojieperdit Son père fort jeune ; et sa mère , dame vertueuse , prit soin de l'élever dans les principes les plus austères du christianisme. Euphraaie avoit. reçu en partage tous les dons de la nature çt de la forlune.Sa mère l’avoit promise , dès l’âge de cinq ans , au fi^ d’un sénateur de Constantinople ; et pour la rendre digne de son époux , elle se retira dans un monastère de vierges, afin d’y cultiver en sûreté cette •jeune plante, et de la faire fructifier à l’abri du souffle corrupteur du monde. La supérieure de cette communauté prenoit un saint plaisir de s’entretenir avec cette jeune fille , qui n’avoit alors'quc sept ans. Elle aimoit à l’entendre raisonner sur la piété , et admiroit ce que

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Dieu peut dans un cœur qu’il prévient de sa grâce , et qu’il daigne éclairer de ses lumières. Un jour , lui ayant demandé qui elle aimoit davantage, ou de celles qu’elle voyoil dans le rnonaslèie , ou de 1 époux auquel elle étoit accordée ?la jeuneiiw^/œa.yie lui répondit: «Je ne •« connois poihl celui qu’on m’a destiné, et je n’en suis '« point connue : pour vous autres , je vous connois et « je vous ^ime toutes. — Si vous m'aimez, dit la supé- « rieure en riant , demeurez donc avec nous. — Je le « veux Lien , dit l’enfant, pourvu qne ma mère y con- « sente.» Elle lui demanda on effet son agrément , en lui témoignant un grand désir de demeurer dans le monastère; mais la supérieuie craignant qne cette inclination ne vînt d'une attache passagère , assez ordinaire aux efans, :i qui la nouveauté plaît toujours, lui dit : « Ma chère fille , on ne peut demeurer ici, si on ne sê consacre entièrement à Jesus-Christ. — Et où « est Jésus-Christ ? repartit Euphrasie. » On lui montra un crucifix , eu lui disant que c.’étoit l’image de Jésus-Christ , le sauveur de tout le genre humain. Euphrasie l’embrassa tendrement , en disant : « Vous « êtes mon seigneur; je me consacre à vous pour tou- « jours : je ne veux point d’autre époux que vous ; je « ne .sortirai point d’ici.*— Vous n’y pouvez demeurer, « lui lépliqua la supérieure : on ne sauroit cm vous « loger. — Eh quoi ! ne puis-je cire on vous logez vous' « mênee.^ — Mais si vous demeurez ici , il faudra que « vous appreniez tout le psautier, que vous jeûniez « tous les jours , que vous veilliez , et tpie vous pra- « tiquiez beaucoup d’antres mortifications. — Ah fma « nièie ; j’espère être fidclle à tout , pourvu que vous « me laissiez avec vous. » Euphrasie perdit , peu de temps après avoir pris le voile , sa tendi ^ et pieuse mère ; et l’empereur 'S fié.edose-le^Grand ay.aut su sa mort, en apprit la nouvelle au sénateur à qui la jeune vierge .avoil été accordée , et lui fit savoir en même temps qu’elle avoit pris Jésus-Christ pour époux. Cependant sa prièÆ , il écrivit h Euphrasie , afin de rinformerde l’engagement que ses parons avoient con- Uacté pour elle. Cette généreuse épouse de Jésus-

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