VIRGINITÉ
1. S. Macatre étant en ojraisonj entendit une voi* qui lui disoit : «Maurice, tu n’es pas encore arrivé aune aussi «grande vertu quecellededeuxfemnics,quidemeurent « ensemble dans une telle ville. » Aussitôt le saint vieillard prit son bâton , se transporta dans cette ville , et chercha la demeure des deux femmes. L'ayant trouvée, il frappa à la porte : l’une des deux vint lui ouvrir et le recul avec bien de la joie. 11 demanda aussi à parler r-aulre.Lorsqu'elle fut venue, il s’assit avec elles, etleur dit: «C’est pour vous que je suis venu du fond dudésert:
« c’est pour savoir ce que vous faites et comment vous « vivez. Je vous prie de m’en informer. — Très - saint « père , lui répondirent - elles, quelles bonnes œuvres « pouvez-vous attendre de personnes engagées, comme «nous, dans le mariage, et qui habitent avec leurs ma- « ris ? « Macaire les pressant toujours de lui déclarer comment elles vivoient, elles lui dirent : « Nous avons « épousé deux frères ; et il y a quinze ans que nous de- «meurons ensemble. Depuis ce temps-là-,nousnenous « souvenons point d’avoir proféré une seule parole li- « bre , ni d’avoir eu la moindre dispute , nous avons « toujours vécu dans une parfaite union. Nous avons « essayé tous les moyens possibles pour engager nos. « époux à nous permettre de nous retirer dans une « communauté de vierges chrétiennes; mais, comme « ils n’ont pas voulu y consentir , nous nous sommes « promis l’une à l’autre , en la présence de Dieu , de « conserver pure la virginité conjugale , et de ne pro- « nonoer jamais aucune parole mondaine, tant que nous « vivrons. » S. Macaire ayant entendu ce discours ,, s’écria : « Qu’il est bien vrai , mon Dieu ! que vous ne « regardez point si l’on est vierge ou femme mariée ; « si l’on estinoine ou séculier ! Vous ne considérez que « là disposition du cœur : vous donnez votre esprit « saint à tous ceux qui veulent vous servir , quels « que soient leur condiüon et leur genre de vie. »