‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercerChapitre 102 sur 130 · LOIS · texte numérisé non relu

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fisychis fitnne ordonnance très-sage. Sans toucher à la ibertë personnelle des citoyens ^ sans ruiner les fam îles, U trouva moyeil de presser continuellementledëbi- :eur, par la crainte de passer pour infâme ^s'ilmanquoit l'être fidelle.Il n^étoit permis d'emprunter qu'à condition d'engager aux créanciers le corps de son père^ que chxicun^ dans l'Egypte, faisoit embaumer avec soin, et conseryoit avec honneur dans sa maison. Or , c'étoit une impiété et une iii£uuie tout ensemble , de ne pas retirer promptement un gage si précieux ; et celui qui mouroit sans s'être aquitté de ce devoir , étoit privé âeshonneurs<{u'(xi avoit coutume de rendre aux morts.

S.Leshahitansde Thurium , ville grecque , voisine de Sybaris et de Crotoue , ayant établi parmi eux le gouvernement populaire , voulurent l'affermir par de sages lois, et , pour cet effet, choisirent un citoyen respectable , appelé Charondasy élevé dans l'école de Pytkagore. Voici quels fiirent les principaux réglemens de ce sage législateur.

Il donna exclusion du sénat et de toute dignité publique à quiconcpie passeront à des secondes noces , après avoir eu des enfans du premier lit 5 persuadé qu'un homme si peu attentif aux intérétsde ses enËEiBs, ne le seroit pas davantage à ceux de la patrie ; et que , s'é tant montré mauvais père , il seroit mauvais magistrat.

Il condamna les calomniateurs à être conduits par toute la ville , couronnés de bruyère , comme les plus méchans de tous les hommes ; ignominie à laquelle , le plus souvent , ils ne pouvoient survivre.

Il permit de citer en justice ceux qui se lieroient d'amitié et de commerce avec les méchans , et de les condamner à une amende considérable.

Il voulut que tous les enfans des citoyens fussent instruits dans les belles-lettres , dont l'effet propre est de polir, de civiliser les esprits, d'inspirer des mœurs plus douces , de porter à la vertu ; et , dans cette vue , il stipendia des maîtres publies, afin que l'instruction, étant gratuite , pût devenir générale.

Il fil une loi en faveur des orphelins , qui paroitbiea sensée.U confia le soin de leur éducatiou aux paréos du

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côte maternel , de qui ils n'avoient rien à craindre potnr leur vie ^ et Tadrainistration de leurs. biens aux pareu du côté paternel, qui avoient intérêt de les conserver, pouvant en devenirles héritiers parla mort des pupilles.

Au lieu de puqir de mort les déserteurs et ceux qui fuyoient dans le combat , il se contenta de les condamner à paroi tre pendant trois jours, dans la viUe , revêtus d^un habit de femme.

Pour empêcher que ses lois ne fussent abrogées avec trop de facilité et de témérité , il imposa une condition bien dure et bien hasardeuse à ceux qui proposeroient d'y faire quelques changemens.Ils dévoient paroître dans l'assemblée publique avec une corde au cou ; et si le changement proposé ne passoit point , être étranglés sur-le-champ. Dans toute la suite du temps , il n'arriva que trois fois de proposer de telles innovations , et elles furent acceptées.

Charondas ne survécut pas long-temps à ses lois. Revenant un jour de poursuivre des voleurs, et trouvant la ville en tumulte , il entra tout armé dans rassemblée , ce qu'il avoit défendu par une loi expresse. Un particulier lui reprocha qu'il violoit lui-même ses lois. «Non, dit-il, je ne les viole point, mais je vais les « sceller de mon sang. » En prononçant ces mots, il tira son épée et se tua.

9. L'empereur Antonin porta une loi qui ordonnoit que , si un mari poursuivoit sa femme en justice , comme lui ayant manqué de fidélité , il falloit que le juge exa-: minât si le mari avoit lui-même gardé fidélité à sa femme , et que supposé qu'ils fussent trouvés tous deux coupables , ils fussent tous deux pimis.

10. Zaleucus , législateur des Locriens , voulant écarter le luxe de sa république , défendit aux femmes de porter des étoffes riches et précieuses , des hal^its J)rodés , des pierreries , des pendans d'oreilles , des colliers, des brasselets, des anneaux d'or, et d'autres ornemens de cette sorte , n'exceptant de cette loi que les femmes prostituées.

1 1 . HenrilP^y voyant que tous les édits portés contre le luxe devenoient inutiles , en rendit enfin un , dan»

.. MAGNANIMITÉ. 4l5

^ lequel , après avoir expressément défendu à tous ses »* fiujels de porter ni or , ni argent sur leurs habits, il ^ ajouta : « Excepté pourtant aux filles de joie et aux 3 « filous, en qui nous ne prenons pas assez dlntérêt , t « pour leur faire Thonneur de donner notre attention ■ <c à leur conduite. »

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