I. O I s. 4ii
H déclara qu^un fils ne seroit pas tenu de.nonmr son père dans sa vieillesse , s'il ne lui avoit fait apprendre aucun métier. Il dispensa du même devoir les enfans nés d'ujié courtisane. « II est évident , disoit-il, que « celai qui méprise la sainteté et Thonnêteté du ma- « riage , ne voit dès femmes que pour asssouvir une ■fc passion aveugle et brutale , et point du tout pour i( avoir des enfans. 11 a donc sa récompense. Il ne s'est « -réservé aucun droit sur ceux qui sont venus de ce « commerce , et dont il a rendu la vie , aussi-bien « que la naissance un opprobre éternel.»
• Il étoit défendu de dire du mal des morts , parce que la religion porte à tenir les morts pour sacrés ; la justice, à épargner ceux qui ne sont plus ; la politique , a ne pas souffrir que les haines soient éternelles. ' Il ré toit aussi de dire aucune injure à personne dans les temples ^ dans les lieux où se rendoitla justice , dans les assemblées publiques, et dans les théâtres pendant les jeux.
Quand lés esclaves étoient traités avec trop de dureté et d^inhumanité , ils avoient action contre leiurs maîtres , qui étoient obligés de les vendre à d^autres,, si le fait étoit bien prouvé. Ils pouvoient se racheter , même malgré leurs maîtres > quand ils avoient amassé une somme assez considérable pour se rédimer.
Enfin Solon fit encore une loi pour la réparation du dommage causé par les bétes , dans laquelle il ordonna que le maîtçe d^un chien qui auroit mordu quelqu^un , seroit tenu de le livrer, et de lui attacher au cou un billot de quatre coudées ; assez plaisante invention pour mettre en sûreté contre les attaqoes d'un chien.
Il ne statua rien contre le parricide 5 et comme on lui en demandoit la raison , il répondit qu^il lui sem- Lloit que faire des lois et décerner des peines contre un crime inconnu et inoui jnsques-là,c^eût été Penseigner plutôt que le défendre.
■ 7. Toutes les lois des Egyptiens avoient pour objet de rendre la vie commode etlespenplesheurenx : aussi cette nation grave et sérieuse ôbservoit-elle avecunreligieux scrupule ces saintes ordonnances, qui, fondées
4ia LOIS.
toutes sur la loi primitive que la main da Créateur a gravée dans nos cœurs , concouroient à ne former qu'une seule famille de tant de milliers d^ommes.
Dans la plupart des monarchies , le prince ne reconnoît d'autre règle de ses actions , que sa volonté et son bon plaisir ^termes queTaduIatichiou le despotisme a imagines. En Egypte , le roi étoit Te premier esclave de la loi : elle marquoit la qualité des viandes dont il pouvoit user , la mesure du boire et du manger y et remploi de tous les instans de la journée.
Le meurtre volontaire étoit puni de mort , de quelque condition que fiit celui qui avoit étë tué , libçp on non.
Le parjure subissoit la même peine , parce que ce crime attaque en même temps et les dieux , dont on outrage la majesté y en attestant leur nom par ud faux serment ; et les hommes , en rompant le lien le plus ferme de la société y la bonne foi.
Le calomniateur étoit impitoyablement condamné au même supplice qu'auroit éprouvé Taccusé y si le crime avoit été véritable.
Celui qui y pouvant sauver un homme attaqué , ne lefaisoitpaSj étoit puni de mort aussi rigoureusement que l'assassin. Si Ton ne pouvoit secourir le malheureux y il falloit du moins dénoncer Pauteur de la violence ; ainsi, par la loi, les ciloyens étoient confiés à la garde les uns des autres; et tout le corps de Tétat étoit uni contre les médians.
11 n 'étoit pas permis d'être inutKe. Chaque particulier étoit obligé tous les ans de faire inscrire chez les magistrats son nom , sa profession , sa demeure.' Les £»inéans , les vagabonds , ceux qui exerçoient des métiers infâmes , étoient punis de mort.
La loi ne condamnoit point à mort un père pour avoir tué son fils ; mais elle l'obligeoit à rester trois jours entiers auprès de son cadavre. La douleur et le repentir qu'un tel objet de voit exciter dans son ame étoient la peine dont elle punissoit sa cruauté.
Pour empêcher les emprunts, qui produisent ordinairement la fainéantise > les fraudes et la chicane , le roi