‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercerChapitre 106 sur 130 · MAGNIFICENCE · texte numérisé non relu

MAGNIFICENCE

^ Syrie. » Ces paroles firent rire le roi, et il demandai Jfyrcan d'où venoit donc qu'il y avoit devant lui une A grande quantité d'os ! «Sire, luirépcMidit-il, Ëiut-ils'ea <c étonner ? Les chiens mangent les os avec la chair , ^ comme vous voyez qu'ont fait ceux qui sont à la table « de votre majesté ; mais les hommes se contentent de « manger Ta chair , et laissent les os comu-e j^ai fedt. * Les moqueurs pour lors furent moqués, et demeurèrent' muets et confus. Quand le jour où Ton devoit £ûreles; présens fut arrivé , comme Hyrcan avoit répandu lebruit qu'il n'avoit que cinq taléris àoffrir, ons^attendoit qu'il seroit fort mal reçu du roi , et Ton s'en faisoit un plaisir par avance. L -s plus grands présens que firent tous les autres ne montèrent pas à plus de vingt talens. Mais Hyrcan offrit au prince cent jeunes garçons , bien faits et superbement vêtus , qui lui présentèrent chacun nn talent ; et à la reine cent jeunes filles trèsbien parées , dont chacune lit aussi un pareil présenta cette princesse. Toute la cour fut extraordinairement étonnée d'une si grande magnificence. Le roi et la reine renvoyèrent Hyrcan comblé de marques de bonté et d'amitié. 11 les mériloit bien par ces riches offrandes.^ 2,.Ainrou^ prince dOrient, étoitsi magnifique, qu'il falîoit trois cents chameaux pour porter seulementrattirailde sa cuisine, lorsqu'ilalloit en campagne. Ayantété arrêté prisonnier pairis/naëly il vit près de lui le chef de sa cuisine, qui ne l'avoit pas abandonné, et lui demanda s^il n'avoit rien à lui donner pour manger. Lecuisinier^ qui avoit un peu de viande , la mit aussitôt dans une inarmite,et alla chercher quelqu 'autre chose pour régaler son maître, dans sa disgrâce, le mieux qu'il pourroit; mais il ne fut pas plutôt parti, qu'un chien vint là par hasard , et mit la tête dans la marmite pour prendre la viande. En relevant la tête, l'anse lui tomba sur le cou;, et ne pouvant se dégager , il prit la fuite , et emportai» nvinnite. A ce spectacle, ^/wrow, malgré son infortune, ne pjit s'empêcher de rire, et dit à un officier, surpris de cette joie déplacée : «Ce matin, trois cents chameaux ne « suffisoient pas pour le transport de ma cuisine , et « maintenant un chien n'a pas.de peine à l'emporter. »

S.Unmarchand d^ Anvers , nommé Jean Déàns^ avant prêté quelques millions d'or à Tempereur Charles^- Quint 5 le pria de lui faire Thonneur de venir dîner chez lui. L^empereur ne voulant pas le refuseràcause de Pobligation qu^il lui a voit, accepta ses offres, et se rendit chez ce bourgeois. Il n'a voit rien épargné pour honorer 6onmaître;et, pour porter la magnificence à son comble, il fit lyiettré le feu à un bûcherde cannelle ; puis, prenant ]a cédule que le monarque lui avoit donné pour assurance de sa dette , il la jeta dans le feu , en disant : « Sire , « je vous tiens quitte à Tégard de cette obligation. »

4* Un trésorier de Denys le tyran faisoit admirer au philosophe AristippeXdi magnificence de son hôtel, où ror et le marbre étoient prodigués , et dont le plancher étoit couvert des plu s précieux tapis : alors le sage , ayant besoin de cracher, le fit sur le visage du maître de ce palais somptueux 5 et , voyant qu'il étoit furieux de cet outrage : « rfe vous fâchez pas , lui dit-il ^ je crache dans « Tendroit le moins propre de toute la maison. »

Le sophiste Polyénus, étant entré chez ce même jiristippe , y vit une table dressée et servie avec plus de magnificence qu'il ne convenoit à un philosophe : il en dit son sentiment; md\sAristippe^ dans le moment, ne parut pas faire attention à ce reproche. Quelques ilistans après, il invita le rigide sophiste à se mettre à table avec lui ; et Polyénus l'accepta volontiers : « Ah ! ah ! dit a Aristippe^oii sont donc maintenant vos scrupules ? 4: Vous blâmiez tout-à-l'heure la somptuosité de ce « repas ; mais vous vous radoucissez quand il s'agit € d'en prendre votre part.» Voyez Dépense.

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