COMPLIMENT
1. La première fois que le P. Séraphin ^ fameux orateur , prêcha devant lA>uis XI f^^ au lieu de lui faire uu complimenta ^ordinaire , il lui dit: Sire , je n^ignore pas « la coutume , mais je prie votre majesté de m^en dispen- « ser : j'ai cherché un compliment dans TEcriture , « et j'ai eu le malheur de n^y en point trouver. »
2. yi.deMontausier, gouverneur du grand-dauphin> n'aimoit pas qu'on flattât ce jeune prince. Il le fit bien sentir un jour, en badinant, au marquis Je CréquL Le dauphin, étant jeune, s'amusoit à tirer au blanc ^ et tiroit fort loin du but. Son gouverneur se moqua de lui, et dit au marquis de Créquiy qui étoit fort adroit^ de tirer ; mais cç jeune seigneur tira beaucoup plu* loin du but que M. le dauphin : « Ah ! petit corrompu, » sécria M. de Montausier , «il faudroitvous étrangler. » Le daviphin , devenu plus grand , fiit mis à la tête des armées ^ et ce prince , digne de son auguste père et de son sage gouverneur , emporta la ville de Philis- Lourg, qui passoit pour imprenable. Pour l'en féliciter, M. de Montausier lui écrivit en ces termes ; « Je ne « vous fais point compliment , monseigneur, sur la prise « de Phislisbourg; vous aviez une bonne armée, des « bombes, du canon, et Vauban. Je ne vous en fais « point aussi sur ce que vous êtes brave : c'est une vertu ^. héréditaire dans votre maison, mais je me réjouis « avec vous de ce que vous êtes libéral, généreux, 'i humain, et faisant valoir les services de ceux (\\nfoiv\. ic bien: voilà sur gw^i/e \o\xs hk mon compTimTLewU ^> Tome II. A,