COMPLIMENT
5. Dans une conférence que le célèbre Annibal eut avec Scipion , général des Romains, on vint à parler des grands capitaines ; et Scipion ayant demandé celui qvv Annibal croyoit le premier de tous ? Il répondit : « Alexandre-le-Grand. — Et le second ? — Pyrrhus ^ << roid'Epire. — Quel estle troisième , reprit le général romain, impatient peut-être de ne s^entendre pointnommer.«Moi-même,répondiL47i«ziaZ.— Etsivousm^aviez « vaincu , lui dit Scipion} — Je me serois mis le premier, s> répliqua-t-il. Cette manière délicate de donner la préférence à Scipion sur tous les autres généraux, fait voir qa' Annibal n'étoit pas moins bel esprit que grand capitaine.
4. Raoul de Lannoiy tout jeune encore, s^étoit fort distingué à un assaut; Louis Xlleût venir après l'action et lui dit : « Pasque-Dieu , mon ajmi, ( c^étoit son ser- « ment ordinaire ) vous êtes trop furieux en un combat : «âl faut vous enchaîner ; car je ne vous veux point per- « dre, désirant me servir de vous plusd^une fois. » En prononçant ces flatteuses paroles , le monarque passoit ail cou du guerrier, une chaîne d'or, quivaloitcinq cents écus : ce présent ftit suivi de plusieurs autres qui servirent de récompense à une bravoure supérieure.
5. Il étoit un temps que tout le monde disoit gros -pour grand ; une grosse chose, une grosse maison, iine grosse réputation. 'Louis -ïi^ étant un jour chez madame deMontespan , oii se \xo\i\oil Despréaux , lui témoigna qu^il n^aimoit pas cette expression nouvelle. <c II est surprenant , lui dit le satirique, qu^on veuille « par-tout mettre gros pour grand. Par exemple , « ajouta- t-il en fin courtisan, il y a bien de la diiTé-
« rence entre Louis-le-Grand etLouis-le-Gros y etja- ; << mais la postérité ne prendra Pun pour Tautre. » '
6. Louis XI f^ devoit se rendre à Véglise de Notre- Dame de Paris , pour assiter à une bénédiction de drapeaux , et avoit témoigné qu'il souhaitoit qu'onne lui fi t point de harangue. M. de Ilarlay de Chanvallon , qui. * étoit pour lors archevêque de Paris , se contenta de lui ^1 dire, à la porte de l'église, où il le reçut : « Sire, ^' ^^vous me fermez la bouche, pendant que vous Fou- N(
^ vrcz a la joie publique. » VoyezYi\.<^^Y.%. f^i
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