CREDIT
1. \^moi.ksdeHarlaydeSancy, n'étant encdte que maître des requêtes , se trouva dans le côiiseil de Henri III y lorsqu'on délibéroit sur les moyens dé soutenir la guerre contie la Ligue. Il proposa de levet une armée de Suisses. Le conseil , qui savoitque le i-oi n'avoit pas le sou, se moqua de lui. « Messieurs , dit « Harlay^ puisque de tous ceux que le roi a comblés « de ses bienfaits , il ne ^'en trouve pas un qui veuille « le secourir , je vous déclare que ce sera moi qui « lèverai cette armée. » On bii donna sur-le-champ la commission , sans argent 3 et il partit pour la Suisse.
Jamais
C R i D I T^ êS
Jamais négociation ne fut si singulière. D'abord il periuada aux Genevois et aux Suisseis» de faire la gueire au duc de Savoie , conjointement avec la France; Il leur promit de la fcavaleriè , qu^lne leur doniia point, leur nt levet dix mille hommes d'infanterie , et les engagea ie pliis à donner cent, mille cens. Quand il se vit à la Wte de cette armée, il prit quelques places an duc dé Savoie : ensuite il sut tellement gagner les Suisses , qu'il engagea Parnice à marcher au secours du roi.
2; Péïopidas, général thébain , s'étant transporté àla cour à'Artaxerxes , roi de Perse , y reçut tous les jboimeurs dûs à la grandeur de ses vertus. En Tapperce- Vant > tous les satrapes s'écrioicnt , pleins d'admu*ation : 41 Vbilà cet homme qui aoté aux Lacédémoniéns l'em- « pire dé la terre et do la mer , et réduit Sparte à se « renfermer entre le Taïgète et l'Euro tas ; Sparte qui, k depuis peu encore , sous la conduite d'Jfg^ilas , ne ^ tendoit à rien moins qu'à nous venir attaquer dans « Suze etdan^ Ecbatane^ » Le roi , ravi de son arrivée,' fit ses efforts pour lui prouver son estime, et bientôt il ne dissimula point Textréme considération qu'il avûit polir lui, et la préférence qu'il lui dohnoit sur tous les autres. Pélopidas usa de son crédit en bon citoyen, ett «olifique habile. Il fit sentir au monarque de quelle importance il étoit , pcmr les intérêts de sa couronne , de protéger une puissance naissante, qui n'avait jamais porte les armes contre les Perses , et qui , formant imé fespèce d'équilibre entre Sparte et AÙiènes ^ pouvoit fedre une utile diversion contre ces deux républiques, ennemies perpétuelles et innîconciliables de la Perse; Le rOi goûta ses raisons , et les ratifia ; pùi$ , vou* tant récompenser dignement l'utile avis du capitaine thébain, il lui demanda quelle faveur il vouloit de lui? « Je souhaiterois , sire , répondit Pélopidas , que Mes- « sène demeurât libre et affranchie du joug de Lacédé- « mone ; que les Athéniens, qui s'étoient mis en tner « pour infester les côtes de la Ôéotie , retirassent leurs « galères, ou qu'on leur déclarât la guerre , que ceu* qui ne voudroiént pas entrer dans la ligue , ou mar- * cher contre les réfractaires , fussent attaqués Ic^ Tome IL ^
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« premiers. » Tout cela fut ordonne , et les Thëbains furent déclarés amis et alliés du roi. Lorsqu'on fit ]a lecture de ce décret aux ambassadeurs des autres républiques , Léon dit assez haut pour qn'^rtaxerxès pût ^entendre : « Athènes n^a qu'à chercher main- « tenant un autre allié que le roi. » Pélopidas , après avoir obtenu tout ce qu'il pouvoit désirer , partit de la cour , sans avoir accepté de tous les présens du roi , que ce qu'il falloit- pour porter chez lui une marque de sa faveur et de sa bienveillance.
- 3. Le célèbre Périclès , étant parvenu h. la souveraine autorité , alloit rarement aux assemblées. Il savoit que le peuple , naturellement léger et inconstant , se dégoûte ordinairement de ceux qui sont toujours sous ses yeux ^ et qu'un trop grand empressement à lui plaire , le lasse et l'importune. Afin d'éviter 4^t inconvénient , il ne se montroit en public que par intervalles , pour se faire désirer , pour conserver auprès de ses concitoyens un crédit toujours nouveau , qui ne fût point usé et comme flétri par •tme grande assiduité ; se réservant avec prudence pour les grandes et importantes occasions. G^est ce qui fit dire qu'il imitoit Jupiter, qui , selon le senlMy^nt de quelques philosophes , ne s'occupoit , dansjft^ gouvernement du monde , que de grands événemens, et laissoit le soin du détail à des divinités subalternes.