‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercerChapitre 19 sur 130 · Lconidas y roi de Sparte, étantprès de livrer aux · texte numérisé non relu

Lconidas y roi de Sparte, étantprès de livrer aux

fersaû^. le fameux cozj^bat dçs Thermopy les ^ doimaU

6o C U It i. C E.

permission de se retirer à Eutiche,{rhs'hrr9e Aoldat^ Biais fort incommodé de la vue. Cet homme , ea s^en retournant ^réfléchit siu* la démarche qu^ilfaisoit ; et^ jugeant qu^il seroit houteux pour lui de survivre à ses compagnons y il revint sur ses pas y et se rendit au camp en tâtonnant. La mêlée étoit commencée: il s'y fît conduire par un esclave ; et^ quoiqu^il put à peine distinguer l'ennemi d'avec ses compatriotes , il combattit avec valeiu*, et mit le comble à son courage en Êérissant glorieusement , comme les autres , pour la berté de la Grèce et ITionneur de sa patrie. i3. Le plus grand embarras de Catherine de Médi^ cisy mère du roi Charles IX y ptoit d'arrêter Tardeur que ce jeune monarque mon Iroit pour la guerre. ^E^i ^ pourquoi y disoit-il en se plaignant y pourquoi me « conserver avec tant de soin ? Veut-on me retenir ^ toujours enfermé dans une boite y comme les meu* « blés de la couronne } — Mais, sire y lui l'exHontroit-oa, « ne peul-il pas arriver quelque accidwt fâcheux i. « votre personne ? — Qu'importe ? répondit-il 5 quand « la France me perdroit , n'ai-je pas des frères pour ^ prendre ma place ? » L'éclat des journées de Jarnac et de Moncontour lui- inspira la plus vive jalousie contre le duc d'Anjou son frère. Après la mort d'Anne de Montmorenci , la reine-mère , qui sembloit n'avcwr un cœur que ppur le duc d'Anjou , demanda pour lui la dignité de connétable , qui donnoit un pouvoir presque absolu sur les gens dic guerre y par l'étendue infinie des droits qui y sont attachés. Le roi qui y tout jeune qu'il étoit y pénétra «ans peine le but de sa mère y lui répondit avec fermeté : « Madame y je me <« sens assez de force pour porter mon épée 3 et quand « cela ne seroit pas , mon frère , plus jeune que moi, « seroit-il plus propre à s'en chaurger ? » Souvent il se désespéroit de ce qu'on ne lui permettoit pas d'être à la têle des troupes. Au siège de Saint-Jean-d'Angely, an le voyoit chaque jour dans la tranchée et dans les postes les plus exposés. 11 dit publiquement : « Je € m accorderois volontiers avec le duc d'Anjou mon « frère i pour commander alternativement l'armée >

« el gouverner le royaume. A cette condition , je lui * verlt)is avec plaisir porter la couronne pendant six « mois.)»

i4« A la bataille de Rosebecque , BoUcicaut , depuis maréchal de France , très-Jeuue encore , et nouvellement armé chevalier , combaltoit où le péril étoit le plus grand, ne prenant conseil que de son courage. Il remarqua un chevalier flaihand qui , à coups de sabre, àbattoit tout ce qui se trotivoit dàvant lui : rien ne pouyoit résister aux efforts de s(m bras victorieux. Boucicaut court à lui , Tattaqiïe , la hache à la main , et le menace d'un ton intrépide. Le Flamand , remarquant sa jeunesse, le méprise , et, d^nn cmip violent , rai fait tomber sa hache : « Va tetei* , enfant , » lui dît-il 5 et tournant d'un autre cAté , il ne daignoit pas acheyer sa victoire. Boucicaut , outré de colère , tire ion épéfe , s'élance sur lui , et vient à bout , après quelques momens de combat , de la lui passer au travers du ciorps,

i5. jigis II, roi de Lacédémone , passant auprès de CoriAthe, et considérant la hauteur , la force et retendue des murailles de cette ville : « Quelles sont les % femmes , dit-il , qui font là lénr séjour ? »

i6. Antàlcidas , général làcédémonien , disoit qn# les jeûnes gens éloient les murs deSpîarte, et que les pointes de leurs javelots étoient les bornes de leurs Etats.

i7.Lavaleurintrépide et le courage intelligent d'un seul hoikime sont quelquefois le salut d'une armée entière. LesRornains , commandés f>ar le consid Corné- 2{i/.r,faisoient la guerre auxSafnnites.Ce général conduisit imprudemment ses troupes dans une forêt , où Ton ne pouvoit arriver que par une vallée assez profonde, sans a^oir pris la précaution d'envoyer devant lui quelque détachement pour reconiioître les lieux. 11 ne s'aperçut que les ennemis s'étoient emparés des hauteurs , et qu'ils étoient sur sa tête , que lorsqu'il ne fut plus en état d^ reculer. Les Samnites attendoient, pour l'attaquer, que toute l'armée fut engagée dans le yall<?p. Dans cette eictréâiilé , P. Décius Mks ^

tribun de Tarmëe , aperçoit dans la forét une colline élevée , qui commandoit le camp des ennemis, et dont ■l'accès n'éloit pas impraticable à des soldats légère-» ment armés. Il s'adresse au consul , lui communique son projet , et demande un détachement de quatre mille hommes , promettant de sauver Tarmée» Le consul lui donne de grands éloges , et lui accorde tout ce qu'il demande* Le héros traverse la forêt , sans être aperçu de Pennemi , qui ne le vit que lorsqu'il fut près du lieu vers lequel il marchoit.Il s'empare de la colline, tandis que, suivant le plan concerté, le consul fait déftler ses troupes. Les Samnites , étonnés de ce mouvement soudain, n'osent poursuivre le consul ^ ni s'engager dans le vallon , de peur d'être accablés par Décius , dont la contenance fièreinspiroit la terreur- Pendant qu'ils délibèrent, l'armée romaine se met en sûreté : la nuit vient , sans qu'ils aient encore fait aucun mouvement. Décius , dont l'œil pénétrant suivoit toutes leurs démarches ; envoie reconnoître leurs retranchemens ; et , vers le milieu de la nuit , il y conduisit ses soldats , en grand silence , par les endroits oiiil n'y avoitpomt de sentinelles. Tous y passèrent sans exception, et ils éloient déjà arrivés à la moitié du camp , lorsqu'un soldat , ayant heurté le bouclier d'un Samnite qui étoit endormi , l'éveilla t celui-ci en éveilla d'autres , et l'alarme se répandit dans tous les rangs. Aussitôt les Romains poussent de grands cris : l'eimemi , saisi de frayeiu*, et à moitié endormi , ne peut ni prendre les armes , ni s'opposer à leur passage. Décius avance à la faveur de ce désordre , tuant tout ce qui se présente devant lui, et arrive enfin dans un endroit sûr et inexpugnable* Il attendit le jour pour entrer dans le camp du consul , où il fut reçu comme en triomphe ; mais ce brave officier, sans s'arrêter à de vains applaudissemcns , s'adresse à Cor* nélius : « Mon général , lui dit-il , les momens sont « précieux ; l'ennemi , à peine revenu de sa frayeur « nocturne , erre maintenant sans ordre dans la forêt « et autour de la colline , occupé à me poursuivre : « profitons de ce tumulte , et courons l'attaquer. » Il

dit : on applaudit à cet avis courageux. Les légions partent ; elles tombent à l'improvisilc sur les Samnites dispersés ; elles en font un grand carnage , et s'emparent de leur camp. Tons ceux qui s\ rencontrèrent lurent passés au fil de Pépce , et le nomJ)rc des morts monta à plus de trente mille. Le consul reconnut devoir à la valeur du généreux Décius le glorieux succès d<î cette bataille, et combla ce héros des honneurs et des présens militaires qui étoient dûs à son courage.

18. Le célèbre Bertrand du Guesclin pensa périr au siège du château d^Essay, situé dans le Bas-Poitou. La place fat emportée à la première attaque. L^intrépide Bertrand y qm venoit de planter son enseigne sur la muraille , voulant passer d'un endroit à un autre , mit le pied sur un morceau de bois pourri , et tomba dans la courdu château. 11 eutla Jambe cassée de cette chute. Ce vaillant homme s étant relevé avec beaucoup de peine , s'appuya le dos contre la muraille ; et , se soutenant seiuement sur une jambe, il attendit qu^on vînt le secourir. 11 n'avoit pas abandonné sa hache : il la tenoît d'une main, et de Pautre il soulevoit sa jambe blessée. Il étoit couvert- de sang ; ses armes étoient faussées en plusieurs endroits: ilétoit accablé de douleur et de foiblesse. Cinq Anglais , Payant aperçu en cet état^ se hâtèrent de le joindre , dans Pespérance de s'enrichir de ses dépouilles. Ils l'attaquèrent tous cinq à la fois ; mais ils virent bientôt leur nombre diminuer de deux de leurs camarades , que du Guesclin étendit morts à ses pieds : les autres redoublèrent leurs efforts , mais avec précaution. Bertrand , se croyant près de sa fin, vouloit illustrer ses derniers momenspar une résistance vigoureuse.il alongeoit à ses ennemis de terribles coups de hache qui les obligeoient à se tenir éloignés ;niais le sang qui sortoit de sa blessure diminuoit ses forces , à mesure qu'il en avoit le plus besoin ; et sans doute il alloit succomber, malgré son grand courage , si un officier breton , nommé Honger , ne fût venu charger les Anglais qui Tentouroiont. Il les eut bientôt mis en fuite 3 puis , aidé de quelques gcntilsboDunes , U porta du Guesclin dans sa tente.

lo. Au siège d'Agria par les Turcs , en 1066, le* femmes, animées d'un beau zèle , disputèrent aut hommes la gloire de défendre la patrie. Elles poi'toient aux guerriers de Phuile , de I3 poix , de Peau bouillante , que Pon versoit sur les Infidèles qui vôuloièiit

escaladerlesremparts.L^unes^atancaïitavecUnepièrfê

qu^elle alloit jeter sur les Turcs , fut atteinte par un

houlct de canon q;ui lui emporta la tête. Sa fille , la

voyant tomber à ses côtés , prit la pierre y la laAca

contre les ennemis ; courut eh fureur au milieu

d'eux , à travers la brèche ; en tua plusieurs ; en

blessa d'autres , et sacrifia sa vie à la veligeance de

celle dont elle l'avoit reçue. Une de ses concitoyennes ,

combattant sûr le parapet , vit Son gendre inversé

par terre , d'un coup de feu , et dit à sa femme

d'emporler le cadavre pour lui rendre les derniers

devoirs. « Il en est un autre plus pressant , répondit-

« elle 5 C'est de défendre la religion et la patrie :

» celles-ci doivent passer devant la teïidresse ; et je

» leur donnerai jusqu'à la dernière gputte de mon

« sang. Les officiers qui commahdoieût dans la place ,

n'eurent point de motifs plus puissans pour animer

les soldats , que de leur proposer l'exemple de ces

femmes courageuses , qu'ils ayoient sans cesse devant

les yeux. Voyez Bravoure , ÎNtRÉPiDiTi , Valeur.

Page 1