‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercerChapitre 35 sur 130 · Le talent que le fameux Périclès cultiva avec le · texte numérisé non relu

Le talent que le fameux Périclès cultiva avec le

f)lus de soin^ fut celui de la parole. 11 le regardoit comme 'instrument le plus nécessaire à quiconque veut conduire et manier les caprices du peuple. En effet, c'est parla que, dans une république comme celle d'Athèriès> en dominoit dans les assemblées , qu'on entrainoil les suffrages, qu'on se rendoit maître des affaires, et qu'on exerçoit sur les esprits et sur les cœurs un empire absolu. Ce grand homme n'eut pas lieu de se repentir da temps qu'ail donna à celte étude , car le succès passa toutes ses espérances. Les poètes de son temps disoient de lui qu'il foudroyoit , qu'il tonnoit, qu'il mettoit toute la Grèce en mouvement; tant sou éloquence étoit mâle et impétueuse ! Il avoit de ces traits vifs et perçansqui touchent et qui pénètrent, et son discours laissoit tou-*

i'ours dans l'esprit des auditeurs une espèce d'aiguillon. J*8avoit joindre l'agrément à la force , et au moment où il combaltoit avec le plus de fermeté le goût et les^ désirs des Athéniens , il avoit l'art de rendre populaire la sévérité même , et l'espèce de dureté avec laquelle il parloit contre les flatteurs du peuple. On ne pouvoit se défendre de la solidité de ses raisounemcns , iii de la douceur de ses paroles ; ce qui faisoit dire q^ie la . déesse de la persuasion , avec toutes ses grâces , résidoit

iStOQtJENCÉ. jZg

énf ses lèvreé. On demandoit à Thucydide , son adversaire et son rival , qui de lui ou de Périclès luttoit le mieux :.« Quand jei ai renversé par terre en luttant, i répondit-il^ il assure le contraire avec tant de force , « qu^il persuade en effet à tous les assistans , contre « le témoignage de leurs propres yeux , qu'il n^cst 4C point tombé , et je finis par le croire moi-même. » 8. la'orateuT Marc- j4ntoine^ aïeul du triumvir, ayant appris que jMarîwjlefaisoitcHercherpourlui ôter lavie, s^ réfugia chee un plébéien de ses amis, homme pauvre, mais d^uûe fidélité éprouvée. Ravi d'avoir dans sa maison «n des principaux citoyens de Rome , et voulant le Lien traiter, il envoya son valet chez un marchand de vin du voisinage , avec ordre d'acheter du meilleur vin. Ce valet , ayant goûté avec j)lus d'attention qu'à l'ordinaire le vin qu'on lui donnoit , et ne le trouvant pas assez bon , en demanda du meilleur. « Qu'est-ce « donc qui se passe chez toi ? lui dit alors le marchand « de vin , et pourquoi te faut-il aujourd'hui de siexcel- « lent vin? » L'imprudent valet lui répondit que son mai tre vouloit régaler Marc-Antoine , qui s'étoit caché chez lui. A peine fut-il sorti , que ce marchand , homme scélérat et sans foi, court chez Marius, qui venoit de se mettre à table pour soviper. Dès qu'on l'eut fait entrer , il annonce au proscriptcur qu'il alloit lui hvrer son ennemi. A cette nouvelle. Marins jette un cri, et frappe des mains pour marquer la joie qui le transporte. Il fut même sur le point de quitter la table , et d'aller chercher l'orateur dans son asile ; mais ses amis le retinrent : il se contenta d'y envoyer un de ses officiers, nommé Annius y avec plusieurs soldats. Le marchand les conduisit. Lorsqu'ils furent arrivés , Annius resta à lâ porte , et les soldats montèrent à la chambre où étoit Antoine. Il ne les eut j)as plutôt aperçus , qu'il se douta de leur dessein. Il commença d'abord à leur parler avec tant d'éloquence et d'un ton si pathétique , que leurs cœurs farouches s'attendrirent. Aucun d'eux n'osa mettre la main sur lui , ni même le regarder en face. Ils avoient tous les yeux baissés , et ne pou voient s'empêcher de verser des larmes. Cependant Annius y fatt-

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çaé dattendre y monte dans la chambre. Il voit tous sel soldats rangës,autour de PinfortUî>é proscrit , Pécoutanl en silence. Ce spectacle enflamme sa fureur : il les appelle lâches et traîtres ; et coiu'ant sur Antoine , il lui couple la tête qu^il va déposer aux pieds de Marius, 9. Gainas y chef des Goths ariens, homme fier et impérieui: , chagrin de n^avoir point d'Eglise dans Cons^ tantinople , en demanda une pour lui et pour ceux de sa secte à Pempereur Arcadius, Ce prince timide lui promit de le satisfaire. Ayant fait venir S. Jean-Chrysostôme , qui siégeoit alors sur la chaire de Constantinople 5 il lui exposa la demande de Gainas , et combien il étoit dangereux d^irriter un Barbare si fort à caindre* Le généreux prélat lui répondit « que le prince n'étoit « pas le maître de disposer à son gré de la maison de « Dieu; que pour lui il ne souffriroit jamais qu'on fér- « mât une éfi[lise aux Fidelles ,pour l'ouvrir aux ennemis « de Jésus-Christ. Prince , continua-t-il , si vous crai- « gnez ce Barbare , permettez - moi de lui parler en « votre présence , et écoutez-nous sans rien dire. Pes- « père lui fermer la bouche , et le réduire à se désister « d'une prétention siir laquelle on ne peut sans crime « lui rien accorder. » L'empereur y consentit avec joie, et les manda tous deux le lendemain. Chrysostôme se rendit au palais, accompagné des prélats qui se trouvoient pour lors à Constantiuople. Gainas ^ avec son audace ordinaire , somma le prince de tenir sa parole. Il représenta que ce seroit une injustice de lui refnsernne église, et qu'après ce qu'il avoit fait pour l'honneur et la défense de l'empire, il méritoit bien cette déférenee. Alors Chrysostôme , prenantla parole , ettenantenmain la loi de Théodose , qui ôtoit aux sectaires toutes les églises de Constantinople : « H est vrai, dit-il à GaJnaSy « que vous avez servi le père de l'empereur ; mais ju- « gez vous-même si les récompenses n'ont pas aumoins « égalé les services. Considérez ce que vous étiez et ce « que vous êtes. Né Barbare , fugitif de «votre pa)^s, « réduit o-ki plus extrême misère , vous y trouvâtes des « richesses et des honneurs. Vous lui jurâtes alors de « servir, lui et se* enfans, et d'observer fidellement les

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lois de Fempîre. Vous êtes maintenant gënëral; vous portez les ornemens de la dignité consulaire : com-

Îiarez res habits dont vous êtes revêtu, avec ceux sous esquels vous passâtes le Danube. Souvenez-vous de [ votre serment. Voici une de ces lois auxquelles vous ( avez juré d^obéir. N^oubliez pas les bienfaits du c père 5 n^oubliez pas ceux que les enfans y ont ajoutés. i Les empereurs sont-ils seuls obligés à la reconnoisi sance? et vous est-il permis d'être ingrat? Pour vous, K prince , ajouta-t-il en se tournant vers Arcadius , c'est t à vous à maintenir les saintes ordonnances de votre K père. Vous perdriez moins en renonçant au nom c d'empereur , qu'à celui de prince catholique \ et vous € ne pouvez conserver ce titre , si vous abandonnez la « maison de Dieu à un culte qui l'outrage. » Ces paroles foudi-oyèrent l'audace de Gainas ,• il se retira confus , renfermant sa honte , et jurant en secret de ne point dévorer impunément la douleur de sa défaite.

lo. Julien V Apostat, ayant promis à ses soldats, pour récompenser leurs travaux , cent pièces d'argent par tête , s'aperçut qu'une gratification si modique n'exciloit que des murmures. Alors , prenant un air majestueux et sévère , et montrant de la main le pays qu'il avoit devant lui : « Voilà , dit-il, le domaine des rer- « ses : vous y trouverez des richesses, si vous savez com- « battrç et m'obéir. L'empire fut opulent autrefois : il « s'est appauvri par Pavarice de ses ministres , qui ont « partage les trésors de leurs maîtres avec les Barbares « dont ils achetoient la paix. Les fonds publics sont « dissijvés 5 les villes épuisées, les provinces désolées. « Quelque noble que je, sois , je suis le seul de ma « maison : je n'ai de ressoun^e que dans le cœur. L^n IL empereur qui ne connoît de trésors que ceux de .« lame , sait soutenir l'honneur d'une vertuei]se indi- « geacc. Les Fabrice , qiii firent triompher Rome des « plus redoutables ennemis , n'éloient riches que de « {gloire. Cette gloire vous viendra avec la fortune , « si vous suivez sans crainte cl sans murmure les ordres « de !a Providence , el ceux d'nn général qui partage « avec elle le soin de vos joujs. Mais , si \o\is x^£v)L»ex

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