‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercerChapitre 36 sur 130 · ÉLOQUENCE · texte numérisé non relu

ÉLOQUENCE

« d'obéir , si vous reprenez cet e«prit de désordre et dr « mutinerie qui a déshonoré et afibibli l'empirfB, reti- « rez-vous, abandonnez mes drapeaux. Seul^ je saurai « mourir au l)Out de ma carrière , méprisant la vie , « qu'une fièvre me raviroit un jour; sinon, Je quitte- « rai la pourpre. De la manière dont j'ai vécu enipe- « feur 5 je pourrai, sans déchoir et sans rougir, vivre « en particulier. ^ A ces mots , les soldats touchés et attendris , lui promettent une soumission sans réserve : Us élèvent jusqu'au ciel sa grandeur d'ame , et cette autorité plus attachée à sa personne qu'à son diadème; Ils font retentir leurs armes ; c'étoit par ce langage que $'expIiqnoit l'approbation militaire. Remplis de can* fiance , ils se retirent dans leurs tentes , et preiment leur nourriture , discourant ensemble de leurs espé* rances , qui les occupent jusques dans le^sommeil. 1 1 . Après avoir passé le fleuve Aboras, le niémeeiiH pereur, avant de s'enfoncer dans la Perse, crut devoir enflammer, par ses paroles, le courage de ses troupes. Il rassembla donc ses bataillons et ses escadrons qu'il fit ranger en cercle autour de lui. Aloi's , élevé sur un tribunal de gazon, environné des principaux officiers, et montrant sur son visage l'assurance de la victoire , il leur parla en ces termes : « Braves soldats , vous « n êtes pas les premiers Romains qui soyez entrésdan* « la Perse. Pour ne pas remonter jusqu'aux exploits « de Li/culluSf de Pompée , de F'entidius, plusieurs de « mes prédécesseurs m'ont prévenu dans cette glo- « rieuse carrière. Trajan^ Vérus^ Séi'ère y sont rere- <( nus de ces contrées victorieux et triomphans ; et le « dernier des Gordiens , dont le monument va bientôt « se montrer h nos yeux , ayant vaincu le roi de Perse « puprès de Résène , auroit rapporté ses lauriers sur « les terres de l'empire , si des mains perfides ne loi « eussent arraché la vie au pied même de ses trophées. « Les héros dont je parle, ne furent conduits dans ces « lieux que par le désir de la gloire. Mais nous, des roo- « tifs plus puis'sans nous y appellent : nos villes ruinées, « tant de soldats romains massacrés , dont les ombre» « sont errantes autour de nous , implorent notre

If vengeftnce. L^empire nous montre sa frontière dé- |. « vaslee : il s'attend que nous guérirons ses plaies ^ c que nous éloignerons le fer et le feu auxquels il est « exposé depuis plus d'un siècle. Nous ayons h nouf c plaindre de nos pères ; laissons à la postérité de quoi « nous vanter. Pjotégé par PEternel , vous me verrez ( par-tout à votre tête , vous commander, vous couvrir € de mon corps et de mes armes , combattre avec vous;. f Tout me fait espérer la victoire ; mais la fortune dis- « posera de ma vie : si elle me Tcnlève au milieu des « combats , quel honneur pour moi de m'être dévoué f à la patrie , comme les Mucius^ les Curdus; comme ff la faniille des Décius , qui se transmirent , avec la < vie , la gloire de mourir pour Rome ! Nos ancêtres « s'obstinèrent, pendant des siècles entiers, «\ soumet- « tre les puissances ennemies de Tempire. Fidènes , f Yeïes , Paieries , furent rivales de Rome , dans son 4 enÊmce. Carthage et Numance luttèrent contre elle « dans sa vigueur : ces états ne subsistent plus : nous ff avons peine à croire, sur la foi de nos annales , quïls m aient jamais osé nous disputer Pempire. Il reste une « nation opiniâtre , dont les armes sont encore teintes ff du sang de nos frères ; c'est à nous à la détruire , aclie- « vons Touvrage de nos aïeux. Mais, pour réussir dans ff ce noble projet , il n'y faut chercher que la gloire. « L'amour du pillage fut souvent pour le soldat romain « un piège dangereux : que chacun de vous marche en « bon ordre sous ses enseignes. Si quelqu'un s'écarte , € s'il s'arrête , qu'on lui coupe les jarrets , et qu'on le t laisse sur la place. Je ne crains que les sni^prises d'un f ennemi , qui n'a de force que dans ses ruses. Main- « tenant je veux être ol)éi : après le succès , quand « nous n'aurons plus à répondre qu'à nous-mêmes, peu «jaloux du privilège des princes , qui mettent leur «volonté à la place de la raison et de la justice , je « vous permettrai à tous de me demander compte de [ « toutes mes démarches , et je serai prêt àvous satis-

« faire. Eleyez votre courage ipartagezmesespérances; «\e partagerai tous vos travaux , tous vos périls. La ^< jusUcc de notre cause çst mi garant de la victoire. »

l44 ÉLOQUENCK.

Ce discours embrasa le cœur des soldats. Lesdiven^ «entimens Ae Julien paroissoientpasser dans leuramei et se peindre sur leurs visages. Dès qa'W eut cessé de parler , ils élèvent leurs boucliers au-dessus de leiii» têtes : ils s'écrient qu'ils ne connoiasent point de périls, point de travaux sous un capitaine qui en prend luimême plus qu'il n'en laisse à ses soldats. Les Gaulois signaloient leur ardeur au-dessus de tous les autres : ils se souvenoient , ils racontoient avec transport , qu'ils il'avoient vu courir entre leurs rangs , se jeter au plus fort de la mêlée ; qu'ils avoient vu les nations barbares, ou tomber sous ses coups, ou se prosterner à ses pieds. Julien , pour mieux assurer l'effet de ses parties , fit distribuer à chaque soldat cent trente pièces d'argent.

12. f^alentinîen II y dépouillé par le tyr soi Maxime, Be réfugia auprès de Tnéodose-le-Grand. Le jeune prince avoit favorisé l'arianisme : son protecteur entreprit de le ramener à la foi de ses pères ; et, après l'avoir tendrement embrassé , il lui tint ce discours : « Mon « fil^ y ce n'est pas la multitude des soldats , c'est la <i protection divme qui donne le succès dans la guerre. « Lisez nos histoires depuis Constantin : vous y verrez « souvent le nombre et la force du côté des Infidelles, « et la victoire du côté des princes religieux- C'est « ainsi que ce pieux empereur a terrassé lÀcinus , et « que votre père s^est rendu invincible. Valens, votre « oncle , attaquoit Dieu : il avoit proscrit les évêques « orthodoxes : il a^it versé le sang des saints. Dieu a « rassemblé contre lui une nuée de Barbares ; il a « choisi les Goths pour exécuteurs de ses vengeances : « Valens a péri dans les flammes. Votre ennemi a sur « vous davantage de suivre la vraie doctrine : c'est « votre infidélité qui le rend heureux. Si nous aban- « donnons le Fils de Dieu , quel chef, malheureux « déserteurs , quel défenseur aurons-nous dans les « batailles ? » Dieu parloit au cœur de Valentinien , en même temps que la voix de Théodose frappoit ses oreilles. Fondant en larmes , le jeune prince abjiura ^on erreur , et protesta qu'il seroit toute sa vie attadao à la foi de son père et de son bienfaiteur.

i3. Andochus , roi de Syrie , vouloit abolir la religion défi Juifs : les violences, les supplices, les tortures n'avoient servi qu'à manifester le courage des véritables Israélites. Il prit une autre route : il employa les voies d'insinuation. Une s'agissoit plus ,.pour leur donner du crédit , que de gagner Tun des principaux citoyens de Jérusalem , dont r autorité et l'exemple pussent servir de puissant motif aux autres. On jeta les yeux sur le célèbre MatathicLs ; et les envoyés du monarque lui parlèrent en ces termes : « Vous tenez le premier rang « dans cette ville , illustre Matathias : vous y êtes con- « sidéré > avec justice , comme le chef de ceux qui Pha- « bitent. Vous avez un ^rand nombre de fils , et vous « êtes à la tête d'une illustre famille , dont la vertu « vous honore encore plus que votre naissance. Vous « voyez que tout le monde a les yeux ouverts sur vos « démarchés , et qu'on attend de vous le premier « exemple d'une obéissance légitime aux ordres du « prince- Inutilement essayeriez-vous d'y résister, de- « puisque tous les peuples de son royaume, et sur-tout « votre propre nation, ce qui reste encore d'habitans à « Jérusalem, vos prêtres et vos pontifes en ont reconnu « la justice. On sauroit bien forcer à la soumission des « hommes rebelles , pour qui l'on auroit moins de con- « sidération ; mais pour vous et pour vos enfans , nous « vous offrons , au nom du roi , son amitié , ses tré- « sors , et toutes les faveurs que vous voudrez en obte- « nir. Rendez-vous à des promesses si précieuses , et € n'obligez pas le monarque à les changer, contre son « inclination , en menaces terribles et en supplices. » A cet artificieux discours , le généreux MataUiias répondit de la sorte : « En vain nous étalez - vous , 'jC pour nous séduire , la condescendance aveugle des « nations , et la honteuse lâcheté d'une partie de nos \ frères. Les exemples sont de mauvaises règles en « matière de religion , quand il s'agit de la défendre « et de s'exposer pour elle. Le parti des indifférens « et des foibles devient souvent le plus nombreux , « après une longue et violente persécution. La con- «duite des Gentils idolâtres ne nous surprend pas, et Tome IL . Ik

ijfi ELOQUENCE^

« celle des Juifs apostats nous feit rougir. L^anivers en- « tier auroit souscrit en aveugle aux ordres iniques de « votre maîti*e , que ce ne seroit pas pour nous umno- « dèle à imiter. Mes frères ^ mes enfans et moi ^ noui « ne reconnoissons qu'un souverain qui ait droit de do* « miner sur notre foi. Ce n^est pas , sans doute , votre « u4ntiochus , qui fait profession de ne rien croire : c^est 4( le Dieu du ciel et de la terre , le Dieu de nos pères , 4( et le nôtre. G^est à lui que nous obéissons. Il entend K la déclaration publique que nous faisons de le servir. « Qu^il nous traite en ennemis^ qu^il nous abandonne, « si nous sommes assez lâches pour lui manquer de pa- « rôle ! Nous n^avons qu'htm mot à répondre aux ordres fit de votre maître : qu^il en porte , s'il veut , qu'on « puisse exécuter sans crime , et qui ne donnent pobl « atteinte à une liberté inséparable de notre nom , ou « qu'il cherche ailleurs de vils esclaves de sa tyrannie. « Qu'on ne nous demande ni encens, ni sacrifices, ni fc abandon de nos lois. Il est trop tard de nous, montrer « de nouvelles routes : elles nous égareroient avec « vous. Nous sommes résolus de suivre celles que nous « ont tracées nos pères. Au reste , on n'a déjà que trop « immolé de victimes pacifiques , qui se sont laissé tran- « quillement égorger. On pourroit porter la violence h « cet excès , que bientôt l'innocence opprimée et la ^ religion insultée trouveroient des vengeurs en état « de se faire craindre. Je remercie votre maître de ses « offres généreuses : qu'il réserve ses dons : un verita- « ble serviteur de Dieu a toujours rejeté les présens « fait s par ceux qui l'outragent. »

14. Les officiers de ce même Andochus vouloient forcer Eléazar , vénérable vieillard , à sacrifier aux idoles , et à manger des viandes défendues par la loi. Les amis de ce véritable Israélite , alarmés pour ^s jours, voulurent l'engager à obéir au roi. « Pourquoi , « lui dirent-ils , respectable Eléazar ; pourquoi vous « obstiner à périr, tandis qu'il dépend de vous d'échap- « per à la mort, sans rien faire contre votre conscience? « Souffrez du moins que vos amis vous sauvent, puisse que vous vous abandonnez vous-même. S'il se trouve

ELOQUENCE. \l^y

« du crime dans nos conseils, il retombera snr nous , « cl vous n^en serez point chargé. Nous ferons apj^or- « ter ici des viandes , dont il vous est permis de manie ger; nous ne vous demandons que d^avoir la com- « plaisance d'y toucher. Vous le pouvez , selon la loi ; « reposez-vous surnoiis du succès. S'il faut faire enten- « dre aux ojfficiers du roi que vous êtes déterminé à « obéir , c'est notre affaire *, et le soin que notre zèle « nous impose ne doit point vous inquiéter. VoiL\, sans « doute , un moyen sûr , et tout-à-la-fois fort innocent ^ « d'échapper à une morthonteuse, qui déshonore votre « nation. Nous vous conjurons d'accepter ce parti , c que l'humanité seule nous obligeroit de vous suijff fférer , quand nous n'y serions pas engagés par le « devoir de notre ancienne amitié. »

Eléazar ne put entendre ces paroles , sans ôtre pénétré d'une sainte indignation. « Quelle humanité bar- « bare ! s'écria-t-il , quelle indigne amitié ! Qu'on me c mène au supplice; et» plutôt que de consentir jamais « à une infâme lâcheté , qu'on me jette tout vivant dans « le tombeau. Eh quoi ! on me croit donc capable à « mon âge, de l'odieuse dissimulation qu'on ne rougit « point de me proposer ? JS/éJazar auroit attendu, dans « la pureté et dans l'innocence , qu'il eût atteint quatre- « vingt-dix ans , pour donner lieu de croire qu'il seroit « passé de la religion de ses pères aux superstitions des » étrangers ? Et ce seroit le vieux Eléazar que notre « jeunesse pourroit se proposer comme le modèle de « la plus lâche prévarication ! Ce seroit moi qui leur « montrerois l'exemple de se laisser séduire par l'amour « de la vie et par la crainte des supplices ! Car , après « cela, qu'auroient - ils à se reprocher dans les plus « beaux jours de leur vie , et dès l'entrée de la car- « rière, si moi , prêt à la fournir, et touchant déjà au « terme, j'imprimois »i mon nom cette tache honteuse, « si j'attachois à ma vieillesse l'exécration de tous les « g;ens de bien } Le peu qui me reste de jours ne % mérite pas d'être acheté à ce prix. IVIais quand ]e « pourrois aujourd'hui , en prostituant mon honneur

t el ma conscience y me rédimer des tourmens , ou^

l48 ELOQUENCE.

« blerois-je que ]e sers un Dieu ^ à la îustice duquçlil « ne m'est pas possible d'échapper pendant ma vie , et « dont le pouvoir étemel s'étendra sur moi jusqu'au ^ delà de mon trépas. Mourons avec courage, etmon- « trons-*nous dignes de nos longues années. Puisque « Dieu daigne nous choisir pour nous donner en specta- « cle, apprenons par nôtre allégresse à tous nos jeune» « gens attentifs sur nos démarches , que la mort la « plus cruelle est aussi douce qu'elle est honorable , « quand c'est à la souveraineté de son Dieu, à la sainte teté de ses lois, à la conservation de son innocence, « qu'on fait le sacrifice de sa vie. »

i5. MathathicLS , près de terminer sa glorieuse carrière , fit assembler ses cinq fils , connus sous le nom des cinq Machabées y etleurtintce discours : « Jemeurs, ^ mes enfans, plein de jours et d'années, après avoir ^^ vu, dans le cours d'une si longue vie , le peuple choisi ^ de Dieu dans des états bien différens. Heureux aussi ^ long-temps que fidèles , nous n'avions point d'enne- ^ mis; et notre constante prospérité nousfaisoit moins ^ de jaloux, qu'elle ne. nous attiroitd'admirateurs. Nous ^< avons nous-mêmes enseveli notre bonheur sous les ^ ruines de notre innocence, et nous avons commencé ^ à trouver des tyrans dans nos souverains , quand ^ nous nous sommes fait un ennemi de notre iDieu. ^< Nous avons lassé sa miséricorde , avant que sa justice ^ ait éclaté. Mille avertissemens charitables nous presse soient de retourner à lui. Endurcis que nous étions , ^ c'étoit trop peu pour nous gagner , que des caresses « paternelles; il a fallu nous dompter par des vengean- « ces éclatantes. Vous avez vu , mes enfans , jusqu'où * 4( nos iniquités ont forcé notre Dieu de porter son in- <c dignation. 11 nous à livrés à 1 orgueilleuse tyrannie « des rois de la terre. Les feux de sa vengeance ne se a sont point éteints dans notre sang. La ville sainte et « le temple ont eu part à la désolation ; mais ce qui « me console en ces derniers momens , dans le souvc- « nir funeste de tant de maux, c'est qu'il paroi t qu'enfin « notre Dieu , réconcilié avec nous, veut nous en faire « trouver le remède. C'est vous , mes enfans , dont

éloquence; i4g

SK il a dessein de se servir ; et , en vous séparant du « qiilieu des coupables , il vous réservoit à être les^ « instnimens de ses miséricordes. Si vous vivez donc, « et si vous respirez , ce n'est pas pour vous, c'est pour

* votre Dieu , c'est pour son peuple que vous vivez. « Restes précieux de tant de saints opprimés, songez à ^ être d'intrépides zélateurs de la sainte loi qu'ils ont « scellée de leur sang. N'oubliez jamais que son réta- ^ blissement est entre vos mains. Vivez , en renouve-

* lant la divine alliance de nos pères , et mourez , en

* combattant pour elle. Je sais qu'une si grande en-

* treprise est au-dessus de toutes vos forces , et qu'à

^ en juger selon les règles de la prudence humaine ,

^ elle doit passer pour téméraire ; mais , qui sommes-

« nous pour mesurer les desseins de Dieu à nos foibles

« intelligences , et pour donner des bornes à l'étendue

« de son pouvoir ? Je ne vous rappellerai point, pour

« vous encourager , ce que je viens d'exécuter avec

« vous en si peu de temps, etavec si peu de ressources.

« C'en serait cependant assez pour vous faire com-

« prendre que la foiblesse se change en force , quand

« elle est niise en œuvre par le Tout-puissant. Dieu m'a

« fortifié dans l'exécution de ce que nous avons fait

« pour sa gloire; et je meurs content de n'avoir point

« délibéré en faux sage , quand il ne s'agissoit que d'o-

« béir en fidelle.Remontez,mesenfans, jusqu'aux pre-

« miers temps de notre origine ; rappelez-vous toute

« notre histoire ; souvenez-vous des merveilles que

« nos pères ont opérées , et voyez si la confiance au

« Seigneur a jamais été confondue. Devenus leurs imi-

« tateurs, vous achèterez comme eux une gloire solide ,

« et vous vous ferez un nom qui ne périra jamais *

« Abraham, notre père, fut mis à de rudes épreuves ;

« il so»tit victorieux delà tentation; et la ccmstance de

« sa foi lui étant imputée à justice, attira sur lui et sur

« sa famille les bénédictions les plus abondantes. L'in-

« nocent Joseph vendu , calomnié, captif, ne.put êti-e

« détourné de l'observation des saintes lois, par l'opi-

« niâtrelé des plus violentes persécutions, et sa fidélité

*f fat enfin couronnée par ime espèce de souvetaiueVè

l5® SLdQTTENCE.

« . sur toute TEgypte . Le brave Phinées , dé qiilfioti des* « rendons etde qui nous avons recnlâqualitédeprétre» « du Seigneur, brûladuzèleardentdclagloiredcDieu; € et il en reçut 5 pourrëcompense, là promesse infailli- « ble d'un sacerdoce éternel. L%trëpide«/ojw^obëît à 4( Tordre de Dieu , malgré les prévarications d'unjpeu- <c pie incrédule , dont il éloit environné ; et le Tout- ^ Puissant le déclare, par son serviteur ikfowe, chef el « conducteur d'Israël. Le fidellc Caleb soutint dans las- « semblée du peuple un témoignage aussi glorieux à « Dieu , qu'avantageux à sa natio)i ; et, parmi tant die « milliers d'hommes qui périrent dans le désert , Dieu « le réserva à un abondant héritage dans la terre de « promission. Le vertueux David ne put être forcé à la « vengeance par les plus indignes traitemens ; et sa « clémence lui valut un trône affermi pour toujours 4t dans sa famille. L'incomparable Elle braloit d'une « sainte ardeur pour la défense de la loi ; et il Hïérita « d'être , tout vivant , enlevé dans le ciel. Ananias , « Azarie et Mizaëly ces saints jeunes hommes , si cé- « lèbres dans notre dernière captivité , demeurent « inébranlal>les dans la profession de leur foi; et Dieu > « par un miracle éclatant, les conserve au milieu des « flammes. Daniel , ce prophète divinement éclairé, « persiste , avec une admirable pureté de cœur , dans ^ la pratique du saint culte , jusques dans le sein d'une « cour idolâtre. On le jette en proie à des lions affamés ; ^ et les bêtes féroces respectent sa vertu. Poussez plus ^ loin cette recherche, mes enfans : examinez en détail ^ ce qui s'est passé , de race en race , depuis tant de « siècles ; et vous verrez avec consolation , qu'une « filialcconfîanee dans leSeigneur assure de sa constante « protection , et , s'il le faut même , des prodiges de sa « droite. Que la puissance de ces hommes orgueilleux, « que vous avez à combattre , n'abatte point votre cou- ^ rage : ce sont des pécheurs et des ennemis de Dieu. « Leur gloire , plus méprisable que la boue, sera ç^ti^t- ^ velie dans le même tombeau, où leur corps livré à la ^ corruption deviendra la pâture des vers. Un impie ^ s'élève aujourd'hui jusqu'aux cieux \ demain il n'ea

ELOQUENCE. l5l

« paroitra pas de vestiges : il retourne dans la pous t « aière d^où il a été tiré , et ses ambitieux desseins s^é va— c nouîssent avec lui. Armez-vous , mes enfans , d ^une «invincible fermeté ; c^est pour la défense de noire tloi que vous allez combattre , et c^est le choix de Dieu jt que vous avez à justifier. Soutenez Pune et Tautre « avec vigueur : ce sera pour vous une source abont dantc de la plus belle gloire. Je compte que vous « consommerez Pouvrage que l'Etemel m^a chargé de « commencer : il ne reste plus à votre père mourant que « de partager entre vous les différens emplois auxquels « il vous destine. Le peuple fidelle , qui s'est attaché à % moi Jusqu'à ce jour , autorisera par son consentement « la distribution que Dieu m'inspire. Vous voyez Si- Mi mon votre frère : je sais que c'est un homme de bon t conseil , d'un esprit appliqué , et d'une grande sa- « gesse ; je vous ordonne de le consulter dans toutes « vos entreprises , de vous conduire par se% avis ; et jér « veux qu'après ma mort il vous tienne lieu de père.- « Pour Judas Machabée , j'ai reconnu dans lui , dès « sa plus tendre enfance , cette force de corps et cette « intrépidité de courage qui font les guerriers : je le dé- « clare général des troupes 5 et c'est à lui que je remets « le commandement des armées. Le peuple dé Dieu « sous ses étendards , ne peut marcher qu'à la victoire- « Sûr-tout, mes enfans , vivez unis, et agissez de con- « cert- Ne souffrez pas qu'une basse jalousie , qu'une t criminelle énftilation divisent jamais des frères invin- « cibles , tandis qu'ils seront liés par les mêmes intérêts ^ « Attirez près de vous tout ce que la sainte loi compte « dans Israël de fidelles observateurs. Les bons servi- « teurs de Dieimi&ront toujours vos meilleurs soldats. « Oubliez votre propre gloire , pour songer unique- « ment à tirer votre peuple de l'oppression. Faites re- « tomber sur les idolâtres tous les maux qu'ils nous « ont faits. Qu'Israël triomphe : que les méchans soient « punis : que Dieu soit vengé ! Approchez, mes enfans, « et recevez la dernière bénédiction de votre père. « Dieu m'appelle à lui ; et je quitte volontiers la terre r « cm ie laisse à nui place de si vertueux successexn:^.^

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