Thémistocle sachantquc dans laflotle grecqueqni
E'iloit à Salamine^ on songeoit à éviter d'en venir nains avec celle de Xerxès , roi des Perses , fit er avis y sous main , h ce monarque y que les alliés fiant réunis dans le même lieu y il lui seroit facile de les vaincre et de les accabler tous ensemble ; au lieu que, s^ils se séparoient y comme ils étoient près de le £ûre,il manqueroit pour toujours une si favorable occasion. Le roi le crut ; et, par son ordre , un grand nombre de vaisseaux environna y de nuit y Salamine y pour ôter aux Grecs tout moyen de sortir de ce poste. Personne ne s'aperçut que Tannée fût ainsi enveloppée. Aristide vint y la nuit même y d'E,qine y où il commandait quelques troupes , et traversa , avec un très-grand danger 3 toute la flotte des ennemis. Quand il fut arrivé à la tente de Thémistocle , il le tiia eu particulier , et lui parla de la sorte : ^ TJiérnistocle ySi « nous sommes sages , nofts renoncerons désormais à « cette vaine et puérile dissension qui nous a divisés « jusqulci^ eXy par une plus noble et plus salutaire % émulation y nous combattrons à Penvi à qui servira K mieux la patrie ; vous ^ en commandant et en faisant « le devoir d'un bon et sage capitaine 5 et moi , en t obéissant et en vous aidant de ma personne et de € mes conseils. >> Il lui apprit ensuite que Parmée étoit enveloppée par les vaisseaux des Perses, et Pexhorb^ fcrt à ne point différer de donner le combat. Thémistocle yéioimé jusqu'à Pexcèsd'une tellegrandeur d'ame et d^une si noble franchise , eut quelque honte de s'être laissé vaincre par son rival; et, ne rougissant point d'en feire l'aveu , promit bien d'imiter sa générosité, et même, s'il pouvoit, de la surpasser par tout le reste de sa conduite. Puis , après lui avoir faitconlîdence de la ruse qu'il avait imaginée pour tromper Ip Barbare, il le pria d'aller trouver Eurybiade , généralissime de la flotte , et qui s opposoit fortement à la l)ataille, pour lui représenter qu'il n'y avoit d'autre salut pour eux , que de combattre par mer à Salauûue j
ââ4 FRANCHISÉ.
ce qu^il fit avec joie et avec succès 5 car il avoit coup de crédit sur.resprit de ce général.
^. Lélius y fameux jurisconsulte romain , s^étoit chargé de plaider ime affaire criminelle^ dans laquelk étoient impliqués quelcjues publicains ou fermiers déi revenus publics , et dont le sénat avoit renvoyé la . connoissance aux consuls. 11 la plaida avec son exactitude et son élégance ordinaires ; mais les consuls ne furent point persuadés , et ordonnèrent que Taffaire scroit plaidée une seconde fois. Nouveau plaidoyer dô Lélius , encore plus travaillé et plus précis que le premier : nouveau renvoi du jugement à une troisième {)laidoirie. Les fermiers reconduisirent Lélius h stsA ogis , en lui marquant une vive reconnoissance^ etlc priant de ne point se rebuter. 11 leur répondit au'il étoit plein de considération poTir eux, et qu'il te feu* avoit prouvé en se chargeant de cette affaire 5 qu'il y avoit donné tout le soin et tout le travail dont il étoit capable 5 mais qu'ils fjroient mieux de s'adresser à Galba, qui , étant orateur plus véhément, mettroit plus de feu , plus de force dans la manière dont il plaideroit leur cause , et emporteroit vraisemblablement le consentement des juges, lis prirent ce parti, et recoururent à Galba , qui , ayant à remplacer unliomme d'un si grand mérite , refusa long-temps de s'en chat^ gjer , et ne céda qu'avec peine à leurs vives sollicitations. Il employa le lendemain tout entier à étudier la ^ause , à s'en instruire à fond, à préparer et à arranger ses preuves. Le troisième jour , qui étoit celui où elle deyoit se plaider, il s'enferma dans un cabinet voûté qui étoit à Pécart, avec des esclaves lettrés qui lui servoient de secrétaires. Quand on lui eut annoncé que les consuls étoient sur leur tribunal , il sortit deso& cabinet le visage et les yeux tout en feu, Comme s'il venoit de prononcer son plaidoyer. L'auditoire. étoit fort nombreux et dans une grande attente : LéliuslMimême étoit présent. Galba commença à parler avec tant de vivacité et d'éloquence , que , presqu'à chaqn e partie de son plaidoyer, il étoit interrompu pas desapplaudissemens 3 et il employa si à propos et la force des
preuve*
preuves et la vëhëmence des passions y que les fermiers gagnèrent absolument leur cause, et furent renvoyés absous. On applaudit à Téloquence victorieuse de Galba ; mais tout le monde combla d'élofes la noble franchise de Lélius.