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1. JLje tnarquis de VHSpiial y étant encore en&nt, eut im précepteur qui voulut apprendre les mathématiques dans les heures de loisir que son emploi luilaissoit. Lé ]èûne écolier , qui avoit peu de goût , et même , à ce qu'il patôissoit , peu de disposition pour le latin , eut à peine aperçu ^ dans les élémens de géométrie , des cercles et des triangles , que l'inclination naturelle, qui annoncé presque toujours les grands talens, 6e déclara^ il se mit h étudier avec passion ce qui auroit épouvante tout autre que lui à la première vue. Il eut ensuile lu» autre précepteur qui fut obligé , par son exemple , à se
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mettre dianè la géométrie ; mais quoiqu^il fût homme d'esprit et appliqué , son élève le laissoit toujours bien loin derrière lui. Ce que Ton n'obtient que par le travail , n'égale point les faveurs gratuites de la nature. Un jour , M. le mafquis de VUÔpital^ n'ayant encore que quinze ans , se ttt)uva chezM. le duc deRoannèsy où d'habiles géomètres , ^t entre autres M. Arnaud^ parlèrent d^un problême de M. Pascal sur la roulette, [ni paroissoit tort difficile. Le jeime mathématicien it qu'il ne désespéroit pas de le pouvoir résoudre. •A peine trouva-t-on que cette présomption et cette témérité pussent être pardonnées à scmàge. Cependant, peu de jours après , il leur envoya le problême résolu.
2. Aumilieude cette éducation communequ'ondonne aux jeunes gens dans les collèges, tout ce qui peut les
occuperunjourplusparticulièrementvientpardifférens hasards se présenter à leurs yeux; et s'ils ont quelqu'inclination naturelle bien déterminée , elle ne manque
I)asde saisir son objet, dès qu'elle le rencontre. Comme es architectes , et quelquefois les simples maçons savent faire des cadrans, M. f^arignoriy encore jeune, en vit tracer , et ne le vit pas indifféremment. Il en apprit la pratique la plus grossière, qui étoit tout ce qu'il pouvoit apprendre de ses maîtres ; mais il soupconnoit que tout cela dépendoit de quelque théorie générale , soupçon qui ne servoit qu'à l'inquiéter et à le tourmenter sans fruit. Un jour, pendant qu'il étoit en philosophie chez les Jésuites de Caen , feuilletant par amusement diffé* rens livres dans la boutique d'un libraire, il tomba sur un Euclide , et en lut les premières pages , qui le charmèrent, non-seulement par l'ordre et l'enchaînement des idées , mais encore par la facilité qu'il se sentit à les saisir. Comment l'esprit humain n'aimeroit-il pas ce qui lui rend témoignage de ses talens? Il emporta l'EucIide chez lui, et ce géomètre l'attacha de plus en plus. L'incertitude éternelle, l'embarras sophistique, l'obscurité inutile et quelquefois affectée de la philosophie des écoles , aidèrent encore à lui faire goûter la clarté, la sûreté, la liaison des vérités géométriques. La 5ométrie le conduisit aux ouvrages de Descartes ; et il tfirappé de cette nouvelle lumière, qui bientôt après
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^ëdairatout le monde pensant.Il prenoit sur les nëoessltës Absolues de la vie de quoi acheter des livres de cette espèce > ou plutôt il les mettoit au nombre des nécessités absolues : il falloit même, et cela pouvoit encore irriter la passion, il faUoit qu^il les étudiât en secret; car ses
{)arens, qui s 'aperce voient bien que ce n^éloient pas là es livres ordinaires • dont les autres faisoient usage 5 désapprouvoient beaucoup et traversoient de tout leur pouvoir Tapplication qu'il y donnoit. Mais son inclination pour la géométrie triompha de tous les obstacles y et tout fiit sacrifié à cette passion dominante.
3. Lepère de Nicolas HarUoéker y savant Hollandais^ avoitsurluiles vues communes des pères : ille fit étudier pour le mettre dans sa profession de ministre remontrant, ou dans quelqu'autre également utile. Unes'attendoit pas que ses projets dussent être traversés par où ils le fîirent:parlecieletparlesétoiles,quele)eunehommeconsidéroit avec beaucoup de plaisir et de curiosité. Il alloit chercher dans les almanachs tout ce qu^ils rapportoient sur ce sujet , et ayant entendu dire , à l^à";e de douze ou treize ans, que tout celas'apprenoitdans les mathémati*^ ques , il voulut donc étudier les mathématiques ; mais son père s'y o^posoit absolument. Ces sciences avoient «u jusqu'alors si peu de réputationd'utilité, que la plupart de ceux qui s'y étoient appliqués avoient été des rebelles à l'autorité de leur parens. Le jeune Hartsotker amassa le plus d'argent qu'il put : il le déroboi t aux diver* tissemens qu'il eût pris avec ses camai^ades. Enfin, il se mit enétatd'aller trouver un maître de mathématiques 5 qui hii promit de le menervi te , et lui tintparole. Ilfallut cependant commencer parles premièresrèglesd'arithmétique : il n'avoit de l'argent que pour sept mois, et il étudioit avec toute l'ardeur que demandoit un fonds si court. De peur que son pèrene découvrît, parla lumière quiétoitdanssachambre toutes les nuits , qu'il lespassoit i travailler, il étendoit devant safenêtre les couvertures de son lit , qui ne lui servoient plus qu'à cacher qu'il ne donnoit pas. Par cette constance opiniâtre h suivre des études conformes à son goût , M. Hartsoè'ker devintbieatât un^esplus grands physiciens de son siècle; et son pire lui-même eut lieu de ^ féliciter de sa désijb&\^^xk&^«.
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