‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercerChapitre 86 sur 130 · INTEGRITE · texte numérisé non relu

INTEGRITE

n'ëtoit plus inîusle. Alors tout le peuple , d'une mune voix^dëfendit à Thémistocle de rien entreprendre.

2 . Après la £sime use bataille de Marathon, AristideixA laissé seul avec sa tribu , pfour garder les prisonniers et le butin ; et ce grand homme justifia la bonne opiniob qu^on avoit de son intégrité. L^or et Targent étoienl semés çà et là dans le camp ennemi; toutes les tentes, aussi-bien que les galères qu'on avoit prises , étoient pleines d'habits et de meubles magnifiques : non-seulé ment il ne fut pas tenté de toucher à ces monceaux de richesses ,mais il empêcha que les au très n'y touchassent

3. Les boulangers de Lyon , voulant renchérir leur pain , vinrent trouver M. Dugasy prévôt des marchands de cette ville ; et , après lui avoir expliqué leurs raîr sons, laissèrent sur la table ime boiu*se de deux cents louis , ne doutant point que cette somme ne plaidât efficacement leur cause. Quelques jours après ils ifi] présentèrent pour recevoir la réponse du magist « Messieurs , leur dit M. Dugasy j'ai pesé vos raû « dans la balance de la justice, et je ne lés ai pas tn « vées de poids. Je n'ai pas jngé*^u*il fallût, par u « cherté mal fondée , faire souffrir le peuple ; au reste/ « j'ai distribué votre argent aux hôpitaux de cette ville, « n'ayant pas cru que vous en ayez voulu faire un « autre usage : j'ai compris aussi que, puisque vous « êtes en état de faire de telles aumônes , vous ne per- « diez pas, comme vous le dites , dans votre métier. » Jls s'en retournèrent fort surpris et pleins deconfusion«

4- Un homme fort pauvre ti-ouva une bourse qui contenoit cent pièces d'or. « Cet argent n'est point à « moi, se dit-il à Ini-mçnie : cherchons qu£l est son maître, » Aussitôt il fait publier que si quelqu'un a

f)erdu une bourse remplie d'or, on peut s'adresser à ui. Celui qui l'avoit perdue vient le trouver , et lui désigne la bourse de manière à prouver qu'elle lui appartenoit. « Je vous la rends , lui dit le pauvre, et je « me féUcite d'avoir pu vous la rendre, » Cet homme, plein de joie et de reconnoissance , le prie d'accepter vingt pièces d'or comme une preuve de sa gi*atitude.Le pauvre les refiise, H lui en offre dix 5 il les refuse encore.

, ^n(in, le maître de la bourse la prend et la lui jette.

^« Gardez-la 5 lui dil-il : puisque vous ne voulez rien ac-

j « cepter, je n^ai rien perdu . » Ce pauvre , pour ne point

^l'offenser 5 prit enfin une pièc«d^or, qu'il donna sur-V-.

^ champ à deis malheureux estropiés qui passoient par-là,

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