‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercerChapitre 89 sur 130 · La divisira s'étant mise dans la flotte dc · texte numérisé non relu

La divisira s'étant mise dans la flotte dc

qui mouilloità Salamine, les alliés, dans un

guerre qui se tint, se trouvèrent fort partagée p<Ar<

terminer l'endroit ou se devoit donner leéoiAlNiu

uns, et c'étoit le plus grand nombre, qui aVei^eiit]

eux Eurybiade , géneralisme de la flotte ,

qu'on s'approchât de Ksthme de Gorinthe, poW

plus près de Parmée de terre , qui gardoit cette»

sous la conduite de Cléombrotte y frère de Léot

roi de Lacédémone , et plus à portée de dél

Péloponnèse. D'autres, et ils avoient Thémi

leur tête, prétendoient que c'étoit trahir la patrie,

d'abandonner un poste aussi avantageux que cel

Salamine.Comme Thémistocle soutenoitson sent*

avec beaucoup de chaleur, Eurybiade , ne potti

lui faire goûter ses raisons , eut recours h, une

espèce d'argument, et leva la canne sur lui. W

nien, sans s'émouvoir: Fr^T^pe, dit-il, mais et

et continuant de parler , il fit voir de quelle \m]

il étoit pour la flotte des Grecs , dont les

étoient plus légers et moins nombreux que eeoxi

Perses , de donner la bataille dans un détroit

celui de Salamine, qui mettroit l'ennemi horsd'ft'jf'

faire usage de toutes ses forces. Eurybiade , suq

modération et de l'intrépidité de 3 'hémistocley se:

k ses raûk>iis,e\.>s^ai& dsû»\s&ft ^ encore plu» à lacraiot

ÎTVTREPIDITE. 35l

qii^il eut que fcs Alhéniens , dont les vaisseaux faîsoîent ^ plus de la moitié de la flotte ^ né se séparassent des 1^ aUiës , comme leur général Pavoit laissé entrevoir. ^ Ô.Durant le siège de Charbonnières , viHe frontière. ' de la Savoie 5 Cri7/o;ï,mestre*de-camp du régiment des Ij; Gardes, vint se logera Aiguebelle, petite ville voisine ^ de Charbonnières. Il commandoit Pinfanterie du siège, ; pendant que Rosnyy grand-maître de Partillerie, foudroyoit la place. Grillon , que Phabitude des périls avoit itois à répreuve de la crainte , apercevant le grandmaître qui tâchoitde reconnoître un ravelin , s'avança • vers lui ; et voyant qu'importuné des canonnades des exmemis , il se préparoit à attendre le déclin du jour pour achever de faire ses observations , il Tarrêta , et lui dit d'un air intrépide : «Quoi ! corbieu ! mon grandie maître , craignez-vous les arquebusades en la compare gnie de Crillon? Amihien ! puisque je suis ici, elles « n'oseront approcher. Allons , allons jusqu'à cesarbres ♦ que je vois à deux cents pas d'ici , car de là vous reconnoîtrez plus aisément. — Allons, répondit Rosny en souriant , allons , puisque vous voulez que nous « baissions à qui sera le plus fou. » Le grand-maître , tenant Crillon par la main, le mena bien au delà des arbres que cet officier lui avoit indiqués. Alors les aaaîégés les découvrant depuis les pieds jusqu'à la tête, fiTent un feu terrible. Crillon entendant siffler à ses oreilles les balles de mousquets , se tourna vers Rosny: «Ace que je vois, dit-il, amibien ! ces coquins-là ne « respectent ni le bâton de grand-maître, ni la croix du « Saint-Esprit, et nous poiuroientbien estropier. Par- « tant , gagnons cette rangée d'arbres ; car , par la « corbieu ! je vois que vous êtes bon compagnon , et « digne d'être grand-maître : je veux être toute ma « vie votre serviteur et votre ami. »

9. Jean Basilowitz ou Ivan If^y grand-duc de Moscovie, étoît un prince cruel et féroce.Il fit clouer unchapcausiu'latêted'unambasssadeuritalienquis'étoit couvert devant lui. Cependant Jérôme Boze , ambassadeur de la reine d'Angleterre , osa encoremettre son chapeau en sa présence. Basilowitz lui demanda s'il ignoroit le

traitement qui avoit ëtëfait à un autre ambassadeur) pour une semblable hardiesse ? « Non , repondit cet! « homme intrépide , mais je suis Tenvoyë de la rekie , « EUzabeth ; et si Ton fait un affront à son ministre , <( elle saura bien en tirer une yengeance éclatante.- « O le braye homme ! s'écria le czar. Qui de tous, dit: « il à ses courtisans y eût agi et parlé de la sorte ^ pour % soutenir mon honneur et mes intérêts ? ï^

lo. Après la prisedeThèbesenBéode^ -par ^lejcandre' le-Grand y des Thraces abattirent la maison d'une dame de qualité et de vertu, nommée Timocléa, pîUcrenttous ses meubles et tous ses trésors ; et leur capitaine Tayant

Erise elle-même, lui demanda^ après avoir assouvi sa rutale passion, si elle n'avoit point dePoretde Paiçent caché.''ïï/nocZ^a,animéed'unviolentdésîrdeseveiigeri lui ayant répondu qu'elle en avoit, le mena seul dans son jardin, lui montra un puits, etluidit que dès qu'elle avoit vu la ville forcée , elle avoit jeté là eUe-méme tout ce qu'elle avoit de plus précieux. L'officier ran s'approcha du puits, se baissa pour regai-der dedans, rtj en examiner la profondeur. T£wocZ^a,quiétoit derrièreJ le poussa de toutes sa force , le précipita dans le puits^ et jeta dessus quantité de pierres , dont elle l'assomma. En même temps elle fut prise par les Thraces , et conduite au roi, les fers aux mains. A sa contenance età sa démarche, Alexandre connut d'abord que c'étoit une femme de qualité et d'un grand courage 5 car elle suivoit fièrement ces barbares , sans faire paroître le moindre étonnement, sans témoigner la moindre crainte. Le monarque lui ayant demandé qui elle étoit , elle lui répondit qu'elle étoit sœur de Théagène , qui avoit combattu contxe Philippe ^onrh. liberté de la Grèce, et qui avoit ete tue a labataille deCheronnéè, où il couimandoit.^/carandre, admirent la réponse intrépide de cette dame, et fncore I>h.s 1 action qu'elle avoit faite , commanda

^'' "^ M wfn f " ^^^^^^^ ^^^^ ^es enfans.

ii.M.le prmce, étant devant une place où Uy avoit une palissade a brûler, promit cinquante louisi celui qui seroit assez brave pour entrepi^ndre un^si be^^^^^ action , Le pénl étoit si évident mi ^ 1 1 '

r «Ac^Yiuciu. ^ que la recompense ne

tentoit

tentx)îtpenoilne* ll,i3i\y «nt qti^un soldat qui, fins courageux que les autxes , dit au prince , qu'il le quittoU des cinquaute louis , s'il vouloit le faire sergent de sa compagnie» Le prince lui ayant promis l^un et l^aiitre , il descendit dans le fossé avec des flambeaux, €t brûla la palissade , malfpi'é une grêle de mousquèterie , doiït il ne fut que légèrement blessé. Toute l^armée , témoin de cette action intrépide j.et le voyant revenir, le combloit de louanges ; mais s'aperce vaut qu'il lui manquoit un de ses pistolets : « Il ne me sera pas re*- <t proche , dit-il, que ces marauts en aient profité 5:^ €t, quoiqu'on promit de lui en douiier d'autres, ilre*tourna sur ses pas , essuya encore cent coups d^ mousquets , et rapporta son pistolet.

12. Après la mort d'Isdegerdes yToi de Perse, lés Persans , qui avoient beaucoup souffert de ses violences , jugèrent que Baharam*Gury son fils ,seroit aussi cruel que lui : ainsi,loin d'appeler ce prince à la succession, ils j etcrent les yeux sur un seigneur nommé A^c,ym,et le placèrent sur le trône* Baharam , qui étoit alors à Hirach, en Arabie , ayant appris ces nouvelles , assembla une grosse armée d' A rabes, et vint attaquer l'usurpateur. li avoitencoredanslaPerseplusieurSamisquis^efibrcèrent de ménager un accommoderaententre les deux princes; mais la chose étoit assez difficile. 11 falloit que l'un des deux cédât sa place à l'autre. Baharam proposa un expé" dienlquifut approuvé des deux partis; cefiitde mettre la couronne royale entre deux lions affamés, et euferpaés dans un lieu choisi exprès : celui des deux princes qui la pourroit enlever de cel,endroit,devoitétre jugé le plus digne de laporter,etreconnu pour en être le légitime possesseur. Le jour destiné pour ce fameux combat étant arrivé , les deux concurrens se présentèrent* AloTsBaharam dit à Kesra : (/Avancez courageusement, « et enlevez la couronne* — Je suis en possession du « trône, dit Kesra : c'est à vous, quiy prétendez, de reti- « rer la couronne du lieu où elle est. » Baharam , sans répliquer ni hésiter, se jeta aussitôt sur les lions , avec la furie et l'impétuosité d'un tigre ; et ne se servant d'autres armes que dç ses p~*opres br^ > il les tua toiii» Tom,e II* Xà

354 T N T R i p'îDI Tlê*

deux, et ceignit fièrement le diadème. Il comparut eu cet état devant les seigneurs persans , accounis de toutes parts à un spectacle si extraordinaire : et Kesra fat le premier qui, après Pavoir embrassé, le proclama digne de la couronne qu'il venoit d'acquérir par soa intrépide valeur.

i^.Alexandre'le-Grani^LYOilidÀthkÛTxxne ville sur les bords deTIaxart-cLie roi des Scythes qui hab'toient au delà de ce fleuve, voyant que c'étoit nn joug qu'on lui imposoit, envoya de nombreuses troupes pour la démolir^ et pour en chasser les Macédoniens. En même temps , il députa vers Alexandre des ambassadeurs au nombre de vingt , selon la coutume du pays , qui traversèrent le camp à cheval, demandant à parler au roi. Alexandre les ayant fait entrer dans sa tente , les pria de s'asseoir. Ils furent long-temps à le regarder fixement , dans un profond silence , surpris apparemment de ne pas trouver que sa taille répondît à la grandeur de ca renommée. Enfin, le plus ancien de la troupepreuant la parole, adres|^ ce discours au conquérant de l'Asie: « Si les dieux t'avoient donné un corps proportionné à ton ambition , tout l'univers seroit trop petit pour toi. D'une main tu toucherois l'Orient, et de l'autre l'Occident : que dis-je ? tu voudrois suivre le soleil dans «a course rapide ; tu voudrois savoir où cet astre radieux va cacher sa lumière. Homme petit et foible ! tit aspires où tu ne saurois atteindre. De l'Europe tu

{)asses dans l'Asie ; et quand tu auras subjugué tout e genre humain , tu feras la guerre aux rivières , aux forets , auxbê tes sauvages.Ne sais- tu pas que les grands arbres sont long-temps à croître, et qu'il ne faut qu'une heure pour les arracher ? que le bon sert quelquefois de pâture aux petits oiseaux? que le fer, maigre sa dureté , est consumé par la rouille ? qu'enfin il n^est rien de si fort que les choses les plus fbibles ne puissent détruire ? Qu'avons-nous à démêler avec toi ? jamais nous n'avons mis le pied dans ton pays. N'est-il pas permis à ceux qui vivent dans les bois d'ignorer qui tu es, et d'où tu viens ?Nous ne voulons ni commander^ ni obéir à personne \ et afin que tu saches quels

lN*rRépïDï»rE» 555

hommes sont les Scythes , nous avons reçu du Ciel , comme un riche présent^ un joug de bœufs , un soc de charrue , une flèche , un javelot > et ime coupe .* c^est de quoi nous nous servons et avec nos amis et contre nos ennemis. A nos amis , nous donnons du blé provenu du travail de nos bœufs : avec eu^ , nous offrons du vin aux dieux dans la coupe; et, pour nos ennemis, nous les combattons de loin à coups de fie* ches , et de près avec le javelot : c^est avec quoi nous avons domté autrefois les peuples les plus belliqueux, vamcu les rois les plus puissans , ravagé toute l'Asie , et pénétré jusques dans PEgypte. Mais toi , qui te vantes de venir pour exterminer les voleurs , tu es toi-même le plus grand voleur de la terre. Tu as pillé et saccagé toutes les nations que tu as vaincues ; tu as pris la Lydie, envahi la Syrie , la Perse, laBactriane: tu songes à pénétrer jusqu'aux Indes; et tu viens ici pour nous enlever nos troupeaux. Tout ce que tu as ne sert qu'à te faire désirer plus ardemment ce que ttt n'as pas. Ne vois-tu pas combien il y a de temps que les Bactriens t'arrêtent? Pendant que tu domtes ceuxci, les Sogdiens se révoltent; et la victoire n'est pour toi qu'une semence de guerre. Passe seulement l'ia^ xarte , et tu verras l'étendue de nos plaines.. Tu as beau suivre les Scythes ; je te défie de les atteindre. Notre pauvreté sera toujours plus agile que ton armée chargée des dépouilles de tant de nations ; et quand tu nous croiras bien loin , tu nous verras tout d'un coup tomber sur ton camp ; car c'est avec la même vitesse que nous poursuivons et que nous fuyons nos ennemis. J'apprends que les Grecs font passer en proverbe et en raillerie , les solitudes des Scythes. Oui , nous aimons mieux nos déserts , que vos grandes villes et vos fertiles campagnes. Crois-moi, la fortune est glissante ; tiens-la bien , de peur qu'elle ne t échappe. Mets un frein à ton bonheur, si tu veux en demeurer maître. Si tu es un dieu, tu dois faire du bien aux mortels , et non pas leur ravir ce qu'ils ont : si tu n'e& qu'un homme , songe toujours à ce que tu es. Ceux q[ue tu laisseras en paix , seront véritablement te»

ÊJk. ^

amU 9 parce que le3 plus fermer amitiés n^erxisteiA qu^eutre de^ personnes égales ; et ceux-là sont estimée égaux 5 qui n'ont point éprouvé leurs forces Vun contre Tautre. Mais ne tixnagine pas que ceux que fu auras vaincus puissent t aiiner : il n'y a jamais d'amitié entre le maître et l'esclave ; et une paix forcée est bientôt suivie de la guerre. Au reste , ne pense pas que les Scythes , pour contracter une alliance y £sissent aucun serment : ils n'ont point d'autre serment que de garder la foi sans la jurer. De telles précautions conyiennent aux Grjecs, qui signent les traités , et appellent \es dieux à témoins. Pour nous , nous ne nous croyons religieux qu'autant que nous agissons de bonne £(H^ Qui n'a pas ho^e de manquer de parole aux hommes , ne craint point de tromper les dieux. Et de quoi te serviroient des amis à qui bi ne te fierois pas ? Considère que nous veillerons pour toi à la garde de l'Europe et de PAsie* Nous nous étendons jusqu'à la Thrace ; et Li Thrace , h ce que l'on dit , confine à la Macédoine. Il ne s'en faut que de la largeur de Waxarte que nous ne touchions à la Bactriane : ainsi nous sommes tes voisins des deux côtés. Vois lequel tu aimes le mieux , de nous avoir pour amis ou pour ennemis.» 14. Durant la guerre du Péloponnèse , Philoclèsy V\xa des généraux athéniens, avoit fait prononcer im décret qui ordonnoit qu'on couperoit le pouce de la main droite à tous les prisonniers de guerre , afin qu'ils fussent hprs d'état de manier la pique , et qu^ils ne pus&eotservir qu^ù la rame. Ayant été fait prisonnier lui-même par hysandre , général de Lacédémone , il fut condamné à mort avec tous les compagnons de sa disgrâce. Levainqueiu , avant de le faire conduire au supplice , le fit venir, et lui demanda comment il vouloit qu^on pumt la barbarie dont il avoit usé juqu'a ce jour envers les Spartiates. Philoclhs^ sans rien rabattre de sa fierté, incapable de trembler ai la vue de la mort qui le mena^ çoit, lui répondit: «N'accuse point des gens dont tu « n'es pas le juge. Tu es vainqueur ; use de tes droits : « fais contre nous ce que nous eussions fait contre toi, % si nous t'avions vaincu. » Il alla se mettre au bain ,

prît nn manteau , et marcha le premier à la mort.

10. Le fameux Pélopidas , ayant été fait prisonnier psirj4 lèxandre ,ty ran de Pbères, fut jeté dans ulie prison 5 que Ton s'efforça de rendre plus horrible encore , par les maux qu^on fit souffrir à Pillustre captif.Mais éé grand homme, supérieur à ces foiblcs disgrâces , hravoit la tyrannie , se rioit de ses vaines menaces et dé ses inutiles tentatives. Alexandre l'étant veilu voir , il osa lui parler en ces lermçsmenaçans: «Tyran, fais- « moi mourir ;car si tum^épargnes, sois ^ûr (JUe je t^eii « ferai repentir. — Pour quelle raison y àxlAlexandre , désire-ta la mort? — Monstre, je te répondrai quand tu m^auras dit qui peut te faire aimer la vie , à toi qyxe la terre porte avec regret , et que lés dieux , que les hommes ne voient qu^avec horreur.

i6.Le coTisnlFulvius Flaccus^ pour châtier léshalntansdeCapoue, qui avoient embrassé le parti d^^//mbal^ condamna à mort les principaux citoyens de cette ville perfide. Pendant cette sanglante exécution, il vint des lettres da sénat, qui ordorinoient au consul de né feire mourir aùCun sénateur. Alors JubelÙus-'Tûuréa , Pimdesplus grands personnages deCapoue ,s'avançant fièrement devant le consul , lui dit : «Si tu as tant d'en- « vie de répandrié notre sang, je viens t^offrir le mien ; ^ ordonne iiion supplice , tu pourras té vanter d'avoir € fait périr un homme qui vdoit mieux que toi. — Je « Paurois déjà fait, i*épondit lé consul, si l'ordre queje << viens de recevoir du sénat ne sf'opposoit pas à ma « juste sévérité. — Eh bien ! je vais tefairô voir, reprit « Juheïlius , que ma vie ne dépend point des caprices « de ton sénat. » Il dit; et, par un acte de cette intré-

Î)idité païenne que l'antiquité profané combloit d'éoges , il tue sa feihmé , sé^ eilfahs , puis se perçant lui-même , il tombé sur leurs corps sanglans.

1 7. Le philosophe ^/lû^ûr^we étoit à la table à^Alexandre-le-grand ; ce monarque lui demanda ce qu^il pensoit du repas : «11 est très-bien ordonné, seigneur, « répondit-il ; il n^y manque que la tête d'un de vos « officiers.» En prononçant ces mots, il regarda Nico^ eréon ^ son ennemi mortel, et qui, bientôt après , s^etk

ycHgea cruellement. Quand la mort eut enlevé le coin quéiant de TAsie , Anaxarque fit un voyage par mer ; et son vaisseau alla , malgré lui , prendre terre en Chypre, oùiVkVocr^oTi s^étoit établi depuis quelques années. Il fit arrêter le philosophe; et, par son ordre, on le mitdans une pierre creuse, pouryêtre broyéavec des pilons de fer« Mais Anaxarque , bravant cet horrible supplice , crioit au tyran : «Pile , pile Pétui &A-naxarque ; tu ne pileras pas Anaxarque lui-même. » JS^icocréon , que l'intrépidité de son ennemi rendoitfu' rieux, commanda qu^on lui coupât la langue. Le généreux philosophe prévint Texécution de cet ordre > se coupa lui-même fa langue avec les dents, et la cracha au visage du tyran. Ce fut avec la même constance quMl vit achever ses tourmensT

1 8. Pompée , dan3 sa première jeunesse , suivant son père qui faisoit la guerre à Cinna, avoit un ami et ua compagnon d^armes, appelé jLttc«/j Térentius , avec lequel ilpartageoitsatente.Ce TirfreTiriwj, corrompu par Targent de Cinnay s^étoit chargé d^assassiner , la nuit > Pompée y tandis que les autres conj urés m ettroient le feu à la tente du général, Pom/?ee, étant à souper, eut avis de cette conjuration : il n'en témoigna aucun étonnement 5 il fut aussi gai qu'à Tordinaire pendant le repas, et il fit beaucoup de caresses à TeVeA^^îi^.Le souper fini, chacun se retira pour se coucher ; mais Pompée se déroba secrètement de sa tente, alla mettre une bonne garde autour du quartier de son père , et demeura ensuite en repos. TérentiuSy lorsqu'il crut que Pheure étoit yenue d''exé<'uter son dessein, se leva Pépée à la main > et s'approchant du lit où il cro3'^oit que Poihpée étoit couché, il donna plusieurs coups dans les couvertures^ Le père de Pompée étoit fort haï des soldats. L^action de Térendus excita une grande rumeur dajis tout le camp. Tous les soldats conre^it pour aller se rendre à I ennemi: ils plient leurs tentes, et preiment leurs ar-^ ines. Le général n'osant s^exposer ace tumulte, ne sortit pobit de sa tente ; mais Pompée se jetant au milieu dç ces troupes mutinées, les conjure , en pleurant, de^ »e pas faiçç cet outrage àleur capitaine^ et, ne pouv^U.

INTREPIDITE. SSg

len gafçner, il se jette enfin le visage contre terre, au -ravers de la porte du camp , et leur commande de passer sur son corps, s^il ont tantd^envie de se retirer. A. :es mots , saisis de honte, ils s'en retournent tous, et se réconcilient avec leur général, à Pexceptidh de 800 qui persistèrent dans leur révolte, et allèrent joindre Cinna. ig. Pisistrate s^étant rendu maître d'Athènes, tous jes ennemis prirent la fuite. Chacun trembloit dans la wiUeySolon seul étoittranquille;e t,supérieur à la crainte, ce sage législateur reprochoithautement aux Athéniens leur lâcheté, et au tyran sa perfidie. Comme on luidemandoit ce qui pouvoit lui donner une telle assurance , une telle hardiesse : « Ma vieillesse, » répondit-il. f^oj-ez Assurance, Bravoure, Constance,Courage, Egalité d'Ame , Fermetj^ Grandeur dAme , Héroïsme , Magnanimité, Résolution, Valeur.

Page 1