POLITESSE
E chevalier William Gooëls , Anglais, gouverneur dîe Viï^itwe , causant avec un nëgociaot dans une iiié de Williamskouj^ y vît pass^ un nègre qui le salua , et aussitôt il lui rendit le salut. « Comment, « dit le négociant , votre excellence s'abaisse jusqu'à « saluer nn esclave ? — Sans doute , répondit le gou- . « vemeur; je serois bien fâché qu'un esclave se mon- « trât y\m hoanjête que moi. ^
a. L'empereur Adrien itaettoit toujours dé la poKtesse dans ses discours , même en parlant à des gens d'une condition vile , et détestoil cent qui , sous prétexte qu'un prince ne doit jamais déroger à la majesté de son rang , lui faiscàent une espèce de crime du piaisir qu'il goùtoit à donner ces marques d'humanitév
3. Lefameux-^rwft)if65 étaaat près de mourir, fiitprié par ses diîscipJes de se nommer un successeur. TÀ^o- /?Arû^/«deLesbos,etili^»^£iè>wfedeRhodes,prétendoient. tôiiis deux t\ cet honnetir. Aristote se fit apporter deux Jbou teilles, Tune de vin de Rhodes, l'autre devindeLes^ 1)03. lil goûta d'abord le premier vin , et en fot très-content : ï\ pàss^ ensuite au vin de Lesbos; et, loirsqu'ilen eut bu : « Ges deux vins,dit^l , sont très-bons , sans doute ; « celui de Lesbos me parcwt cependant plus agréable. » 11 votiloît, par cet ingéni^iit fe'àit de politesse, d^ônner honnêtement la préférence à Théophrast'è.
4. C'étoitdutemps>de ^^^J^fe/^tasy^w^jùne 'sorte de politesse chrétienne et d'usage, de demander le pain béni aux évêqnes. CAorZe^ l'ayant demandé à fuûdesprélais
de sa cotir,Pe pontife bénit un pain ^ le coupa y en retint un morceau , et donna Tautre à Tempereur. Le monarque y choqué de la grossièreté de son procédé , lui dit : « Gardez tout} vous avez précisément retenu « le morceau que }e. voulois. »
5. Après Pentrevue d'Aiguçs-Mortes , en i538 , François I alla visiter Tempercur Charles-Quint sur sa galère , et lui dit : <( Mon frère , vous me voyez t une seconde fois votre prisonnier. — Non^ monfrère^ « répondit aussitôt Fempereur y je ne vous ai jamais <c eu pris(Mmier que dans mon cœur y qui est tout à € VOUS j avec autant de sincérité que je voudrois que « le vôtre fdtà moi. » Voyez Civilité y Sàvoih-Vi vke. Ton ( bon ) j^ Urbanité.
1. x\ PRE 8 avoir subjugué Babylone et PAssyrie , CyruSy devenu maître des vastes provinces de TÀsie, voyoit àses pieds des nations puissantes etbelliqueuses. Abandonnant désormais le désir des conquêtes y il ne songea plus qu^à diriger au même but y par ime sage politique ,. toutes les parties de ce corps immense dont il étoit Pâme et le modérateur. Seul, il n^eût pu wsontenir le fardeau du commandement \ il commença doue par choisir des minisires sages , capables de concourir avec zèle au bien public, dignes de partager avec lui les devoirs péniblesi de la royauté. Chacun avoit son district et son objet particulier, dont il rendoit compte à celui qui étoit au-dessus de lui;. et celui-là à un troisième, et ainsi de tous les autres , jusqu'à ce que par ces différens degrés , la vérité confiée à desbouclies intègres, parvînt au pied du trône. Il évitoit avec soin de déférer à un seulhomme un pouvoir absolu , sachant qu^ia prince se repentira bientôt d'avoir élevé cet homme unique , s^il consent qu'il abaisse tous les autres. Il établit un ordre merveilleux pour la guerre, pour les finances, pour la poUce. Il avoit dans toutes les provinces des personne^ d^une probité reconnue > qui lui rendoient coixvçVe à&
tout ce qui s^y passoit. Il étoit attentif à honorer, à recompensertous ceuxqui se distingnoientpar leiirmérite, et qui excelloient en quelque genre que ce fui. Il préféroit infiniment la clémence au courage guerrier, parce que le dernier entraîne souvent la ruine et la désolation des peuples, aulieuque Taulre esttoujours bienfaisante et salutaire. Il savoit que les loispeuvent beaucoup contribuer aux réglemens des mœurs; mais , selon lui , lé prince devoit être, par son exemple,.une loi vivante; et il ne croyoit pas qu^il fût di^ne de commander aux autres , s^il n^avoit plus de lumières et plus de vertu que ses sujets. Il étoit aussi persuadé que le moyen le plui sûr de s^attirer le respect des grands de sa cour, et de tous ceux qui Tapprochoient , étoit de leur en porter assez de son côt« , pour ne vouloir jamais , en leur présence , rien faire ni rien dire qui fût contraire aux règles de ITionnêteté et de la pudeur.
2. Les revenus des rois de Perse consistoient ou en levées de deniers imposés sur les peuples, ou en fourniture de plusieurs choses en nature , comme grains, provisions , fourrages et autres denrées, chevaux, chameaux, comme aussi de ce qu^il y avoit de plus rare en chaque proyince.Strabon remarque que le satrape d'Arménie envoyôit régulièrement tous les ans au roi de Perse vingt mille poulins. On peut juger du reste à proportion. Les tributs n'étoient imposés que sur les nations conquises; car les sujets naturels , c'est-à-dire, les Persans , étoient exempts de toute imposition. Ce ne fut même que sous Darius que cet usage fut introduit , et que Ton détermina les sommes que chaque province devoit payer tous les ans. Elles montoierit à peu près à quiirante-quatre millions.
Les contributions qui se faisoient en nature , avoîent pour objet l'entretien de la table du prince et de sa maison, et la subsistance des armées.Lessix vingts satrapies ou provinces de la Perse,fournissoient chacune sa quote^ part ef sa taxe. Il y avoit aussi certains cantons assignés ^pour l'entretien de la toilette et de la garde-robe de la "reine , l'un pour sa ceinture , l'avitre pour son voile, et ainsi du reste; et ces cantons étoient d'une fort grande
«tendue , puisqu^un d'eux renfermoit autant d^espace qu^un homme en peut parcourir en un jour.
3. Pour rétablir rordre etla tranqpiillité dans sapatrie, hycurgue forma un sénat composé de vingt-huit sénateurs , auxquels présidoient les deux rois de LacédémoDe.Cetteauguste compagÉle^qui comprenoitcequ^il y avoit dans la nation d'hommes les plus sages et les
S lus expérimentés , servoit comme de contre-poids aux eux autres autorités , c^est-à-dire, à celle des rois et à celle du peuple ; et , quand l'une vouloit prendre le dessus 3 le sénat se rangéoit du côté de Tautre , et les tenoit ainsi toutes deux dans un juste équilibre. Dans la suite ^ pour empêcher que cette compagnie mêmenV busàt de son pouvoir (fui étoit fort grande on lui mit une espèce de frein , en nommant cinq éphores qui ^toient tirés du peuple , et dont la charge ne duroit qu'un an y mais qui avoient une inspection absolue si^* les sénateurs et sur les rois même.
Le pouvoir des rois étoit fort borné , sur-tout dans la viUe et en temps de paix. Dans la guerre , c'étoient eux qui commandoient lés flottes et les armées ; et pour lors leur puissance étoit plus étendue. Cependant on leur dcffinoita^ors même des espèces d'inspecteurs et de commissaires qui leur tenoientlieu d'un conseil nécessaire; et .l'on choisissoit ordinairement pour cette fonction , ceux des citoyens qui étoient mal avec eux, afin qu'il n'y eût point de connivence de leur part , et que le public fût mieux servi. 11 y avoit presque toujours un^e secrète nriésintelligence entre les denx rois ; effet de la politique spartaine , à qui leur trop grande union auroit pu donner de l'ombrage.
Les affaires se proposoient et s'examinoient dans le sénat , et c'étoit-là que se formoient les résolutions. Mais les décrets du. sénat n'avoient point de force , s'ils n'étoient ratifiés par le peuple.
4. Par des services affectés, par un soin ardent en apparence à rétablir l'ordre parmi les Mèdes, Déjoce s'en étoit fait aimer. Devenu nécessaire, on lui conféra le titre et la puissance de roi. C'étoit ce que sa sombre politique avoit cherché jusqi^^à ce jour 5 et peut-être e\iXH\
5I> POLTTIQUK.
été digne du choix de ses compatriotes , si lui-même, par sa conduite, n^eût , pour ainsi dire , nécessité leurs suffrages. Lorsqu'il fut monté sur le trône , il voulut
t* oindre h la dignité suprême dont il étoit décoré , toutes es marques qui ont coutume d'en relever l'éclat , et qui pouvoient inspirer pdir sa personne de la crainte et du respect. Il obligea les Mèdes à lui bâtir un palais magnifique : il le fit très-bien fortifier , et choisit ceux d'entre ses sujets qu'il jue^a les plais propres pour être ses gardes. Persuadé que là majesté des rois se fait plus respecter de loin , il mit d'aboM lui grand intervalle entre le peuple et lui. lise i^ndit presque inaccessible^ et comme invisible : on ne pouvoit lui parler ni lui communiquer les affaires que par des placets et des personnes interposées. Ceux même qui avoient le privilège de l'approcher, tte pouvoient ni rire ni cracher en sa présence. Il ne se faisoit connoître que par les sages lois qu'il établissoit, et par Fexacte justice qu'il se piquoit de rendre h. chacun. On dit que du fond de son palais il voyoit tout ce qui se passoit dans ses Etats, parle moyen dé ses éndss Aires qui lui rendoient compte et l'informoient de tout. Ainsi nul crime n'échappoit à la connoissance du prince , ni à l'animadversion des lois : la peine , suivant de près la foute , contenoit les méchans , et arrêtoit les violences. Mais cette politique ne pouvoit être bonne que pour Déjoce; car, combien de princes , aprè* lui , ont été trom^pé» par leurs officiers y toujours intéressés à déguiser k vérité !
5. Charles JTJ, roi de Suède , Ibrma une milice qui subsiste encore aujourd'hui, laquelle n'est ni à charge au trésor public, ni trop onéî^eusfe nUx particuliers, et qui fournit toujours dès soîdat» & PEtat, sans ôter des laboureurs aux campagnes. Les plus riches villages qu seigneuries qui étoieht ou qui sont encore du domaine du roi, entretienne!^ à leurs frais un cavalier. Les paysans de chaque vilîage foutnissent un fantassin, à proportion de leurs- l^venus > c'fest-à-dire, qu'il faut avoir un certain bien, comme dix ou douze mille francs, pour être obligé d'équiper un soldat d'infanterie. Le paysan qvki n'a que cinq ou six mille lî^es, se joint à un autre