‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercer ... les facultes de l'ame et de l'espritChapitre 17 sur 138 · Jean V , duc de Bretagne , étoit ennemi mortel · texte numérisé non relu

Jean V , duc de Bretagne , étoit ennemi mortel

PREVOYANCE. ^o3

^Olivier de CfaV^on. Voyantqu'ilne pouvoit nuire & ce suëtrîer par la force ^ il eut recours à la trahison et à raitiiîce. Il feignit de se réconcilier avec lui ; ilTinvita à venir à sa cour , et le reçut avec les démonstrations de la plus sincère amitié. Un jour ^ à la fin d^un repas magnifique qu^il lui avoit donné y il le pria de venir voir un diâteau qu'il faisoit bâtir. Clisson , trompé par les politesses du duc , e t ne se défiant de rien , y consenti t volontiers. Lorsqu'ils eurent visité les appartemens^ le prince proposa à Clisson de monter dans la maîtresse - tour da château y lui disant qu'il vouloit savoir ce que pensoit de saforce le plushaoile homme du royaume en matière de fortifications. Clisson y monta 3 mais des gens armés, qui se tenoient en embuscade dans une chambre , se jettent tout-à-coup sur lui , et Parrêtent. Clisson se dé* fendit comme un lion; mais ses efibrts furent inutiles. On le traîna dans ime chambre, où les gens du duc lui mirent trois paires de fers aux pieds. Le duc , voyant son ennemi en sa puissance, se hâta de satisfaire sonressentiment. 11 appela un de ses plus fidèles officiers , homme sage et prudent, nommé Jean de Baz^alen^ et lui ordonna de faire mourir Clisson sut le minuit , le plus secrètement qu'il seroit possible. Bazvalen^romit d'exécuter ses ordres, et se retira. La nuit étant venue, le duc se mit au lit, et s'endormit d'abord ; mais l'inquiétude le réveilla bientôt. L'ordre .cruel qu'il avoit donné vint alors se présenter à son esprit, sous la forme la plus effrayante : il fit les plus tristes réflexions sur le sang de C/wjo/i,etsurles suites qu'auroit sa mort. Dès le point du jour il envoie chercher Bazvalen; il arrive : cÂvez-vous exécuté mes ordres? lui dit précipitamc ment le dud. » L'officier répondit qu'il avoit obéi. r Quoi ! Clisson est mort ! reprit le duc. — Oui , mon- « sieur , repondit Bazvalen; cette nuit, bientôt après f minuit, il a été noyé; et j'ai fait mettre le corps en

€ terre dans un jardin Ah! ah ! s'écria tristement le

t prince, veie-cy un pitieux réveille-matin ! Retirezf vous , messire Jehan , que je ne vous voie mie plus. » fiaz(^aZe/2 se retira; et le duc commença à se totumenter dans son lit , et à jeter des cris affreux. Il n'écoxxUyft.

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