‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercer ... les facultes de l'ame et de l'espritChapitre 16 sur 138 · PRÉVOYANCE · texte numérisé non relu

PRÉVOYANCE

1. v>E fat à la sage prévoyance de Thémistocley que la Grèce dut son salut , lorsque Xerxès , suivi de toutesles forces de l'Asie, vint menacer d'un joug odieux cette contrée célèbre. C'en é toit fait de sa liberté , si les Athé*niens et lesLacédémoniensn'avoient eu que leurs troupes de terre à opposer au monarque persan. On sentit alors toutleprixdesprudentes mesuresde Thémistocte, qui, sous un autre prétexte, avoit fait bâtir cent galères, • Tout le monde avoitrégardé la célèbre journée de Marathon comme la fin de laguerre. Thémistocley au contraire, la regarda comme le signal des plus grands combats, auxquels il devoitpréparerson peuple; et dès-lors il songea à rendre sa patrie supérieure à Lacédémone, qui, depuis long-temps, dominoi t sur toute la Grèce. Dans cette vue , il crut devoir tourner toutes les forces d'Athènes du eôté de la mer , voyant bien que , foible par terre comme elle étoit , elle n'avoit que ce seul moyen de se vendre nécessaire aux alliés^ et formidable auxemveuàià*.

San avii'pàsêa malgré les efforts de JUUdade ^ taréli sans dpute par le peu d'apparence qall y avoit qùVifr< penpïe tout neuf aux combats de mer , et qui n'étdit en élit d'armer que de petits vaisseaux j pût résister à une puissance aussi redoutable que celle des Brt- «es > qui , avec une flotte de plus de mille vaisseam^ avoient encore une nombreuse armée de terre»

Les AiRniens avoient coutume de distribuer entrfe «nx tous les revenus qu'ils tiroient des mines d'àrg^lit. 'Thémistocle eut le courage de proposer au peuple d abolir ce^ distributions y. et ^émçiù'jeT cet argent à cons* triurd des vaisseaux à trot» ra||gs de rames pour fidie k guerre aux Eginètes , contre te^[uels il réveilla leur ancienne jalousie. Le peuple ne sacrifie pas volontiers ses intérêts particuliers à Tutilité publique, et n'aime jpas Il aéheter le bien de lOStat.par ses propres pertes. Il lé fit pourtant en cette occasion ; et , touché par les vives Temontrances de Thémistocle y il consentit que Targeni

gii reyenoit des mines fût çmi)lo vé à bâtir cent gal&es. n doubla ce nombre à l'arrivée de Xerœès ^ et ce fut cette flotte qui sauva la Grèc^. .

2. ArlottOyCVLvé italien, s'embarquant pour un voyage, lut prié par plusieurs de ses amis de leur faire diverses emplettes au pays où il alloit : ik lui en donnèrent des mémoires ; mais il n^y en eut qu'un qui s'avisa d'y join? dre l'argent nécessaire pour payer ce qu'il demandoit. Le curé employa cet aident de son ami conformément à, son mémoire, etn'acheta rien pour les autres. Lorsqu'il fat de retour, ils vinrent tous chez lui pour y recevoir leurs emplettes, et Arlotto leur dit : « Messieurs, lors- « que je fua embarqué, je mis tous vos mémoires siur le ^ pont de la galère , à dessein de les ranger par ordre , « mais il s'é leva un vent qui les emporta tous dans la « mer, ainsi je n'ai pu me souvenir de ce qu'ils conte- « noient. » Cependant , lui dit im d'entre eux , voua avez apporté des étoffes à un tel. « Il estvrai, répliquale « curé; mais c'est qu'il avoit enveloppé dans son mé- « moire un bon nombre de ducats dont le poids empé-« « cha le vent de l'emporter avec les autres. »

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