‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercer ... les facultes de l'ame et de l'espritChapitre 24 sur 138 · RAISONNEMENT · texte numérisé non relu

RAISONNEMENT

fc votre cuisinier , lui dit Zenon , vous servoit un mets « trop salé , vous lui en feriez des reproches ; mais s'il « vous disoit : Monsieur, j^ai une bonne provision de « sel, il faut bien Remployer ; que répondriez-vous ? »

/!^,Alamondarey\e plus puissant des rois sarasins sujets de la Perse, #étoit faitinstruire des principes ducfaristiar nisme , et ayant trouvé cette religion plus raisonnable qu^ celle de ses pères, ilavoit reçu lehai^ptème. Sévère, que la faction d'Eudchès avoit placé sur le siège d^Antioohe, se fit un foint d'honneur d'entraîner dans Phérésie un guerrier dont le nom faisoit trembler la Syrie et la Fhénicie. Il }ui envova deuxévéques pour lui ins* pîrer les erreurs d'EudcTieSydont la principale consistoit a ne reconnoître en Jésus-Christ qu'une seule nature^ la nature divine, à laquelle dévoient s'attribuer lanais^ sance , les souffrances et la mort de Dieu. Le Sarasin , après les ^voir écoutés , leur promit de se décider le lendemain. Pendant la seconde entrevue , un de ses officiers étant venu lui dire un mot à PoreiUej il feignit de tomber tout-à-coup dans une profonde tristesse; et comme les prélats lui en demandoient respectueusement la cause : « Hélas ! leur dit-il , j'apprends que « l'archange Michel vient de mourir. » Les prélats lui représentant, pour le consoler, qu'on le troimpoit, et qu'un ange étoit immortel de sa nature : « En quoi ! « leur répliqua-t-il , vous voulez bien me persuader « que la nature divine à subi la mort ! » Cette brusque réfiitajion, appuyée d'un regard et d'un ton militaire , déconcerta les deux convertisseurs. Ik prirent snr-lechamp congé d'un prince aussi expcditif dans lesdiscussions théologiques, que dans ses incuirsions guerrières.

5.Un vendeur de pots de terre se présenta hSchahrochy un des fils de Tamerlan, et lui demanda s'il netenoitpâs pour véritable la doctrine de la religion mahométane , qui enseigne que tous les musulmans sont frères? « Oui, « sans doute. — Or, s'il est vrai que nous sommes tous « frères, n'est-ce pas une injustice que vous ayez un si « grand trésor, tandis que moi, votre frère, je suis dans «[ le besoin d'une pauvre maille ? Donnez-moi au moins € la portion qui me touc];ie« en qualité de frère. ï^ l^^

"prince lui fit donner une pièce de monnaie d'ài^ènt d^ t* ' yàleur d'environ trois sous. Mais il n'en fut pas eûaidv^ et il dit : « Quoi ! d'un sigrand trésor il ne me revient q;A^ ^ 4C cette petite portion ? » Schahroeh le renvoya , et irf* « dit : Retire-toi, et iie parle à personne de ce cpiefffi^ ' « t'ai donné S ma portion ne seroit pas si cl^idéralÀ^ 4i si tous nos autres frères me demandoient là lettr.'# S.Socraie \pyant c^n'Alcibiade^ son disciple^ n'ééoitf se produire eà public , et que sa timidité YeikpècMh^ de parler de vant le peuple, l'encouragèl par detife indàc^' tion : « Vous ne trouvez pas qu'un coraonnier toit tni « homme bien propre à imâlper du réâpéctP-^Nc^i;-:** « Un crieur public , un cliitp<||tier , ne sont pas âët « gens bien redoutables ?-r- Non. — Uiî boocflérV "^ << maçon , enfin , tous ces artisans éans lettres qui se « trouvent dans les assemblées, ne sont raère capidilès ' « de nous déconcerter ? — Non. — Eh bien ! v6ilà' lèé ^ gens qui composent le peuple d'Athènes. Vcms les « méprisez chacun en {>articulier ; pourquoi^ dcmc VA « craignez-vous qu^nd ils sont rassembles .^ »

Un homme se piaignoit de la fiiti^ue d'un long vc^agé qu'il avoît fait à pied. SocnUe lui demanda : « Votre « esclave a-t-il pu vous suivre ? — Oui. — Portoit-îl << quelque chose ? — Il étoit chargé d'un gros paquet « — Se plaint-il de la fatigue ? — Non ; je rai en- « voyé , en arrivant , faire une commission dans la « ville. — Vous avez sur votre esclave les avantages « de la fortune : il a sur vous ceux de la nature ; vous « êtes riche et libre, mais foible , mou et languissant: « il est pauvre et esclave, mais sain, robuste et vigou- « reux. Décidez lequel est le plus heureux. »

1. i^YLOSON , frère de Polycrate , tyran de Samos , avoit fait autrefois présent à Darius , fils A'HystaspeSy d un habit de couleur rouge, dont <;elui-ci témoignoit avoir beaucoup d'envie , et n'avoit jamais voulu recevoir le prix. Darius étoit pouirlors unsimple particulier»

oflffiBer dans les gardes de Cambyse^ qu'il avoit suivi à Memphis en Egypte. Quand il fut monté sur le trône^ Syloson alla à Suze , se présenta à la porte du palais , et se fit annoncer comme un Grec à qui le roi avoit obligation. Darius^ surpris de cette annonce, et curieux d'en approfondir la vérité, le fit entrer. Le monarque reconnut en effet que c/étoitson bienfaiteur, et loin de rougir d'une aventure qui paroissoit ne lui être pas fort honorable , il loua avec admiration une générosité qui n'avoit eu d'autre motif que celui de faire plaisir à un homme de qu'il n'avoit rien à attendre , et lui promit de lui donner beaucoup d'or et d'argent. Ce n'étoit point ce que Syloson désiroit \ l'amour de la patrie étoit sa passion. 11 supplia le roi de l'y rétablir, mais sans répandre le sang des citoyens, et en chassant seulement de Samos celui qui en avoit usurpé la domination depuis la mort de son frère. Darius chargea de cette expédition Otane, l'un de premiers seigneurs de sa cour, qui s'en acquitta avec joie et avec succès.

2. Athènes ayant recoiîvré sa liberté parla prudence et le courage à'Harmodiuse\.à'Aristogiton^ tous les citoyenss'empressèrentdetémoigner leur vive reconnoi^sance à ces généreux libérateurs. On leur érigea sur-lechamp des statues dans la place publique, honneur qui jusques- là n'avoit encore été rendu à personne. Ayant appris, plusieurs années après,que la petite-fille A'Aristogiton étoit à Lemnos , où elle vivoit dans un état malheureux, sans pouvoir se marier, à cause de sonextiéme misère, ils la firent venir à Athènes; et lui donnant pour époux un des plus riches citoyens de la ville, ils lui assignèrent pour dot une terre dans le bourg de Potamos.

5. La gloire qu'on a donnée aux Egyptiens d'être les plus reconnoissans de tous les hommes, fait voir qu'ils étoient les plus sociables. Les bienfaits sont le lien de la concorde publique et particulière. Qui reconnoît les grâces, aime à en faire ; et enbannissant l'ingrat itude, le plaisir de faire du bien de^meure si pur, qu'il n'y a plus moyeu d'y être insensible. C'étoitsur-tontà l'égard de leurs rois que les Egyptiens se piquoient de retour. Ils 1 es honoroient;pendant leur vie, comme les images vivante»

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de la divinitë , ils les pleuroient , après leur mort^ comme les pères communs des peuples. Le deuil étoit général; et chaque citoyen ressentoit la perte publique aussi vivement que si elle n^eût touché que lui seul.

4. Les Carthaginois étoient une colonie de Tyriem. Jamais ils n^oublièrent leur origine; et leur reconnoi»sance pour leiu* ancienne patrie fut toujours àl'épreuve des caprices de la fortune. Tous les ans 5 ils envoyoient régulièrement à Tyr un vaisseau chargé de presens^ Ce toit comme un tribut de gratitude qu'ils pay oient à leurs compatriotes : ils faisoient offrir un sacrifice annuel aux dieux tutélaires du pays , qu'ilis regardoient aussi comme leurs protecteurs. Ils ne manquoient jamais d'y porter les prémices de leurs revenus, aussi-bien que la mme des dépouilles et du butin qu'ils faisoient sur les ennemis, pour les offrir à Hercule , une des principales divinités de Tjrr et de Garthage. Lorsque Tyr fut assiégée ^2ir Alexandre , les Tyriens , pour mettre en sûreté ce qu'ils avoient de plu» cher ^eii; voyèren t à Garthage leurs femmes et leurs enfans , qui y furentreçuset entretenus, quoique dans le tempsd'une guerre fort pressante, avec une bonté, une générosité telles qu'on auroit pu les attendre des pères et des mères les plus sensibles et les plus opulens. Ces marques consr tantes d'une vive et sincère reconnoissance , ne fontelles pas plus d'honneur à une nation que les plus grandes conq4*etcs , que les plus glorieuses victoires ?

5. Jusques dans les plus petites choses , le peuple d'Athènes faisoit éclater cette vive reconnoissance qui coHiStituoit son caractère. Après avoir achevé le temple qu'on notx^moit liécatonpédon , ils renvoyèrent libres toutes les betes de charge qui avoient fourni à ce travail , et leur assignèrent de gros pâturages comme à des animaux cons^acrés. On dit qu'une de ces bêtes étant allée d'elle-même se présenter au travail , se mettre i la tête de celles qui traînoientdescharrettes à la citadelle, * marcher devant elles , comme pour les exhorter et pour les encourager, ils ordonnèrent par un décret qu'elle scroit nourrie, jusqu'à sa mort, aux dépens du public.

G.Quand-^i/g^wj/evitque sa puissance étoit affermiir

snir.^es fondemens inébranlables , il ne s*occupa plus que du soin de rendre les mortels heureux , et de faire oublier le barbare auteur des proscriptions. Aussi jamais prince ne reçut plus de marques de tendresse et de vénération, de la partde ses sujets. Les chevaliers romains 3 de leur propre mouvement , célébroient tous les ans son jour natal ^par une fête qui duroit denx jçurs. Tous les ordres, chaque année , à un certain jour, en vertu d'un vœu fait pour sa conservation, alloient jeter leurs offi-andes dans le lac Curtius. Sor palais ayant été brûlé , les vétérans , les compagnies de juges ou de greffiers, les tribuns , et même les particuliers s'empressèrent de lui apporter de l'argent pour aider à le rçbâtir ; et lui , coulent de leur bonne volonté , et souhaitant de leur faire connoître qu'il y étoit sensible , sans néanmoins leur élre à charge , portoit la main sur chaque tas , et en prenoit comme les prémices , n'allant point au deUd'un dernier. Des pères de famille ordon^ noient^ parleur teMament, qu'on les portât après lenr mort api Capitole , et qu'on y offrit en leur nom des sacrifices d'actions de grâces pour acquitter le vœu qu'ils avoient fait , si , en mourant , ils laissoient Auguste plein de vie. Plusieurs villes changèrent, en son honneur le commencement de leur année, et en comptèrent pour premier jour celui où il les avoit visitées : les rois alliés de Pempire fondèrent , pour la plupart., dans leurs états, des villes qu'ils appelèrent (^isiiEr^e. Ejifin , dans les provinces , outre les temples et les aisteb que l'on dressoit à ce prince c*héri , tou« les cinq ans on établîssoit des jeux pour célébrer la gloire de son nom.

7.7u£r/u« J,noble romain, avoit suivi le yxï^j^ Antoine. La victoire s'élant déclarée pour-^Kg-wj^c, ¥urniiis^<\\\\ craignoit le ressentiment du vainqueur, envoya sonfîls demander sa grâce, et l'obtînt. Touché de la clémence du dictateur, il osa sepr-ésenter alors à %e.% yens, et lui fit ceremercîment: «C6Var,}e n'ai jamais reçu de vous que « des bienfaits ; et le seul mal que vous m'ayez jamais «fait, c'est de me forcer à vivre et à mourir ingrat.»

^.Alexandre-le-Grand avoiteu pour maître lecélcJ^re JrîHofe. Après la mort de ce philosophe,on lui demanda lequel il regrettoit le pluS; de son père ou de son pré-

134 llECOϫrNOIS8ANCE.

ceptcur?» Le dernier, répondit-il; mon père m'a^doif |p <c né la vie , mais Aristote m^a appris à en user, »

9. M. Viviani , savant géomètre de Florence , étoit reconnoissant au souverain degré. Il est vrai que le car ractère général de sa nation peut lui dérober une partie de cette gloire. Les Italiens conservent le souvenir d« bienfaits 5 et, pour tout dire aussi, celui des offenses , plus profondément que d^autres peuples , qui ne sont uère susceptibles que d^impressionspluslégères.Mais a reconnoisssince que M. Viviani a fait éclater en tontes occasions pour tous ses bienfaiteurs , a été regardée comme extraordinaire, et s'est attiré de Padmiratîon, même en Italie. Il avoit reçu les leçons de GalUée, durant les trois dernières années de la vie de ce grand homme ; et, malgré Textrême disproportion d'âge, il conçut pour ce savant vieillard une tendresse vive et nue espèce de passion. Par-tout il se nommoit le disciple , et le dernier disciple du grand Ga/i/^e; jamais il ne mettoit son nom à un titre d'ouvrage sans l'accompagner de cette qualité ; jamais il rie inanquoit une occasion de parler de Galilée ; et quelquefois même, ce qui fait encore mieux l'éloge de son cœur, il en parloit sans beaucoup de nécessité ; jamais il ne prononçoit le nom de Galilée y sans lui rendre un hommage ; et l'on sentoit bien que ce n'ctoit point pour s'associer , en quelque sorte , au mérite de ce grand homme , et en faire rejaillir une partie sur lui : il est aisé de distinguer le style de la tendresse d'avec celui de la vanité. Louis Xll^ l'avoit honoré d'une pension considérable , et l'avoit mis au nombre des huit associés étrangers de l'académie des sciences. Avec la pension du monarque , il acheta une maison à Florence ; il la fît rebâtir sur un dessin très-agréable, et aussi magnifique qu'il pouvoit convenir à un particulier. Au frontispice de cette maison, il mit cette \s\&' cription : y£é/e^ à deo datœ ; allusion heureuse , et au nom de Dieu-donné qu'avoit d'abord porté le roi , et à la manière dont elle avoit été acquise. Une reconnoissance ingénieuse , et difficile à contenter , n'a pu rien imaginer de plus nouveau et de plus noble qu'un pareil iïionuraent. M. Vivianv^ si digne ; p^p: son sayoji

HECONNOISSANGK. Iâ5

et par ses talens , de recevoir les bienfaits du roi , s'en rendoit encore plus digne par l'usage qu'il en faisoit aprèS' les avoir reçus. Galilée ne fut pas oublié dans le plan de cette maison. Son busle Ait place sur la porte y et son éloge ^ ou plutôt toute l'histoire de sa vie, dans des places ménagées exprès ; et M. Viviani , pour lépandre dans le monde un monument qui de luimême n'étoit pas durable , en fit faire des estampes , çu^il mit à la fin d'mi de ses ouvrages dédié au roi. 1 o.Hérod€-^grippa,petit-ûl8d'Hérode-le- Grand^n'étant encore que particulier, fut arrêtésurdefauicsoupçonSjCt conduit àRome par ordre de l'empereur 77ière^ qui le fit attacher au tronc d'un arbre en face de son palais-Onétoltenétéîlachaleurluicausoitunesoifardcnte, lorsque 7 'A^zamû^rèj, esclave de CûZzg^i/Za, vint à passer avec un vase plein d'eau fraîche : il le pria de lui donner à boire 5et, l'esclave l'avant fait avec plaisir, il lui promit delen récompenser un jour. Quelque temps après 7 ibèremouTutyeiCaligula montasur le trône. ^ grippa ^qui n'avoîtété mis en prison quepourmortifier ( aligulaqui Taimoit, fiitaussitôt mis en liberté, et re<»uldu^nouvel empereur le titre de roi de Judée. A sa prière . ce pi ince affranchit Jhaumastès, agrippa , reconnois*aut , le mit aunombre de ses amis et de ses ministres 501, lorsqu'il mourut, il pria, dans son testament , sa femme et ses enfans de lui conserver le même poste auprès d'eux. W.Louis Xiy'A\o\ly en i683, chargé Duquesne de bombarder Alger, pour la punir de ses infidélités et de soninsolence.Le désespoiroù étoient les corsaires5de ne pouvoiréloigner de leurs côtes la flotte qui les foudroyoit, tes porte à attacher à la bouche de leurs canons des esclaves français, dont les membres sont portés sur les vaisseaux. Un capitaine algéiieujqui avoit été pris dans ses courses , et très-bien traité par les Français , tout le temps qu'il avoit été leur prisonnier , reconnoît, parmi ceux qui vont subir le sort affreux que la rage aimaginc, tm officier, nomméChoiseul^donl il a éprouvé les alt(*ntions les plus marquées. A Tinstant , il prie , il sollicite , il presse pour obtenir laconservation de cet homme généreux. Tout est inutile ; on va mettre le feu aw eawcw okChoiseul est attaché. L^Algé.nen se îette auss\\.o\.s\\r

J.26 RECONNOIftSÀlfèi.

lui y Pembrasse ëtroitcment , et, adressant la parole arî canonnier , lui dit : « Tire ; puisque je ne puis sauTer K mon bienfaiteur , j^aurai du moins la consolation d^ ^^ « mourir avec lui. » Le dey, sous les yeux duquel là scène se passoit, en fut si frappé, qu'il accorda, leslarmel r^ aux yeux, ce qu^il avoit refusé avec tant de férocité. fP

Le cardinal J^oi^ey, ministre et favori de Henri F'HI, ^1 rx)i d^ Angleterre, étant tombé dans la disgrâce de son F maître, se vit tout-à-coup méprisé des grands, et haï dû \ peuple.Fitr- IVilliamsyim de ses protégés,fut le seulqni * osa défendre sa cause , et faire Téloge des talens et des ^ grandes qualités duministre disgracié. Ilfit plus; il offrit sa maison de campagne à Wolsey^ etleconjurad^y venir au moins passer un jour. Le cardinal, sensible à ce zèle, alla cAiezFitS' WilliamSyqm reçutson éminence avecles marques de la plus vive reconnoissance etdupi usprûfond( respect. Le roi , instruit de Taccueil que ce particalief avoit osé faire à un homme tel que Wolseyfityemr WUliams;eï demandant d^un air et d\in ton irrités, par quel motifil avoit eu Paudacede recevoir chez lui le cardinal accusé et déclaré coupable de haute trahison? «Sire,ré- « pondit Williams^\e suis pénétré, pour votre majesté, « delasoumissionlaplusrespectueuse;jenesuis nimau- « vais citoyen , ni sujet infidelle.Ce n^est ni le ministre « disgracié, ni le criminel d'état que j'ai reçu chez moi; « c'est mon bienfaiteur, c'est mon protecteur, celui qui « m'a donne du pain , et de qui je tiens la fortune et la <( tranquillité dont je jouis. Ah ! sire , si je i'avois aban- « donné dans son malheur, j'eusse été le plus ingrat des « hommes.» Surpris, etplein d'admiration, le roi conçut dès cet instant la plus haute estime pour le généreux Fits- Williams. Il le fit chevalier sur-le-champ ; et , peu de temps après , il le nomma son conseiller-privé.

i3. Après la prise de Corinthe,un Romain se mit en tête de faire abattre les statues qu'on avoit dressées à la mémoire dn célèbre Philopémen yVun des plus grands hommesqu'aitjamaisproduitsIaGrèce.Ileutlahardiesse de le poursuivre criminellement, comme s'il eût été en vie, etde l'accuser devantiMiw/wTwzW, général de l'ai'mée romaine , d'avoir été 1 ennemi de la république , «l

1ISCONNPI68ANCC. 1&7

Pavoîr toujours traversé ses desseins autant qii'il avoit ►u. Cette accusation étoit outrée; mais elle avoit quel- [ue couleur ^ et n'étoit pas tout-à-fait sans fondement-. je£aL.meuxPolybe, qui avoit eu PAz'/opc/nen pour maître [ans la science delà guerre, prit hautement sa défense. 1 représenta Philopémen comme le plus estimable des léros qiii eût illustré sa patrie , qui pouvoit peut-être kvoir quelquefois porté un peu trop loin son zèle pour la liberté de la Grèce; mais qui, en plusieurs occasions, kvoit rendu des services considérables au peuple rottiaîn^commedanslesguerrescontre^Ti^iocAif^etcontre les EtoliensXies commissaires, devant qui i] plaidoitune  belle cause, touchés de ses raison^, et encore plus de saieconnoissance, décidèrent qu^on ne toucheroitpoint aux statues du héros accusé, en quelque ville qu'elles se trouvassent. Polybe , profitant de la bonne volonté de Mummius , lui demanda encore les statues A'Aratus et SAehéus : et elles lui furent accordées , quoiqu'elles eussent déjà été transportées du Péloponnèse dans VAcamanie. Les Achéens furent si charmés du zèle que Polybe avoit fait paroître en cette occasion pour l'honneur des grands hommes de son pays , qu^ils lui érigèrent à lui-même une statue de marbre.

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