‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercer ... les facultes de l'ame et de l'espritChapitre 25 sur 138 · Au siège de Naipur, en iBqS, il y avoit djins Tar · texte numérisé non relu

Au siège de Naipur, en iBqS, il y avoit djins Tar

mée du ToiGuillaumedeuxgnemeTS du régimentd'Hamilton : l'un bas-officier, nommé iy»io/t,Pautre simple soldat, appelé f^aleruinAls devinrent ennemi s irréconciliables, l/nioriy qui se trouvoit Pofficier de Valentin, saisissoit toutes les occasions possibles de le tourmenter et de £aiire éclater sonressentiment.Le soldat soutfroittout «ans se plaindre; ou, s'il gémissoit quelquefois de cette tyrannie , jamais il n'oublioit Pobéissance aveugle quç lui prescrivoient les lois du service. Plusieurs mois s'étoient passés dans cet état, lorsqu'un jourils furent com-r maudés l'un et l'autrepour l'attaque du château de Namur. Les Français firent une sortie, où l'officier Union reçut un coup de feu dans la cuisse. Il tomba; etcomme les Français pressoientde toutes parts les troupes alliées, il s'attendoit à être foulé aux pieds. Dans ce moment, il eut recours à son ennemi : Ah ! F'alentin \ VoXentxn \ « s'écria-t-U^ jpeiix-to m'kbandonnev} » t^alentin ,a svi

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voix, couru t précipitamment à lui ; et, au milieu du fieti des Français, il mit Pofficier.sur ses épaules, etTenlera

courageusementàtrayerslesdangers,jusqu*à]ahauteur de Tabbaye de Salzine. Dans cet endroit, un boulet de canon le tua lui-même,sans louchera roflBcier.^afenû» tomba sur le corps de son ennemi qu'il venoitde sauver. Celui-ci, oubliant alors sa blessure, se relève, ens^aira* chant les cheveux ; et, se jetant aussitôt sur le cadavre défiguré de son libérateur : « Ah! ^aZe/iriii,s'écrie-t-il, ff cher Valentiny est-ce pour moi que tu meurs Ppour « moi , qui te traitois avec tant de barbarie ? Homme « généreux ! je ne pourrai pas te survivre, je ne le veux ' « pasL...Non.» Il fut impossible deleséparerdececorps ensanglanté.Enfin on renleva,tenanttou jours embrassé son cher bienfaiteur; et, pendant qu^on les portoit ainsi Tun et Vautre dans les rangs, tous leurs camarades, qui connoissoientleurinimitié,pleuroientà4a-foisd^admiration et de douleur. Lorsqu^I7/wo« fut ramené d^s sa tente , on pansa , de force , la blessure qu^il avoit reçue ; mais le jour suivant, ce malheureux, appelaut toujours Valentin , mourut accable de regret , et plein de reconnoissance.

i5. Quelle honte pour les ingrats de voir les animaux leur donner Texemple de la reconnoissance ! Quandles Athéniens^tropfoibles pour attendre dans leurville l'armée innombrablede Xerxhs^ se furent embarques afm de se retirer à Salamine, la désolation devint générale, et il n^y eut pas jusqu^aux animaux domestiques qnine prissent part à ce deuil public.Onne pou voit s^empecher d^être touché et attendri, en les voyant courir avec des hurlemens après leurs maîtres qui les abandonnoient. Entre tous les autres^on remarquale chien de Xantippe, père de Périclès^ qui, ne pouvant supporter de se voir éloigné de son maître, se précipita dans la mer, et nagea ^ toujours près de son vaisseau , jusqu'à ce qu'il aborda presque sans force à Salamine , et. mourut incontinent sur le rivage. On montroit encore dans le même lieu , du temps de Plutarque , Pendroit où Ton préteîid qu'il . fut enterré, et que Pon appeloit la sépulture du chien- \6. Un éléphant^maltraité par soncoriiaCi (c'estainsi

qu'on -

KÉCONNOÎSSAIVCÏ. 12Q

^'on appelle les conducteurs de ces animaux), s*en ë toi t Tengë en le tuant. Sa femme , témoin de ce spectacrle , prit «esdenx enfens et les jeta auxpiedsde Tanimalencore furieux , en lui disant : « Puisque tu as tuë mon mari , « ôte - moi aussi la vie , ainsi qu^à mes deux enfans.)> L'éléphant s^arriêta tout court, s'adoucit, et comme s'il eût été touché de regret, prit avec sa trompe le plus grand cfes deux enfans , le mit sur son cou , Tadopta pour son cornac , et n'en voulut point soiTffrir d'autre. Un soldat de Pondichéry , qui avoit coutume de donner à un éléphant une certaine mesiu'e d^arac , chaque jour qu'il touchoit son prêt , ayant un jour bu plus que de raison , et se voyant poursuivi par la garde , qui VDuloit le conduire en prison, se réfugia sous l'éléphant et s'y endormit. Ce fat en vain que la garde tenta de l'arracher de cet asile. L'animal reconnoissant défendit son bienfaiteur, et vint à bout d écarter les soldats. Le lendemain , cet homme , revenu de son ivresse , frémit à son réveil de se voir couché sous un animal d'une grosseur si énorme. L'éléphant , (jui peut-être s'aperçut de son effroi, le caressa avec sa trompe pour le rassurer , ■ et sembla lui faire entendre qu'il pouvoit s'en aller.

17. Dans le temps que Pyrrhus^ roi d'Epire, cntroît victorieux dans Argos, unéKphants'aperçutqu'ilavoit perdu son maître , lequel étoit tombé dans la foule des morts : outré de doitleur , il renverse indifféremment amis et ennemis ; il court de rang en rang, jusqu'à ce qu'il ait trouvé le corps de son maître; il le prend en* suite avec sa trompe, et l'emporte loin. des ennemis.

18. On admire encore la fidélité du chien de Titus-» Sa'înus y qui n'abandonna jamais son maître dans la

{>rison , qui le suivit au supplice , témoignant sa doueur par des hurleniens lamentables , refusant le pain qu'on lui offroit, et le portant à la bouche de son infortuné maîtrc.Lorsque Sabinus eût été précipite dans le Tibre , son chien s'y jeta avec lui. Croyant son maître encore vivant , il soulevoit sa tête au - dessus des flots , s'efforçant , autant qu'il pouvoit, de reconnoître le soin qu'il a voit pris de le nourrir et de l'élever.

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