REMORDS
homme avoît par son courage défendu la vie de son roi. II venoit de faire l'office abominable d^un bourreau^ en punissant par un meurtre horrible des paroles indiscrètes y que 1 on pouvoit imputer à ^effervescence d'ime liqueur danj^ereuse. Comment désormais osera-t-il paroîtrc devant la sœur de son ami immolé ? Comment osera-t-il présenter à cette femme sensible , une main souillée du sang de son frère ? Ne pouvant soutenir ces tristes réflexions , le roi de Macédoine se jette sur le corps san}>lant de Clif^uSy en arrache la funeste javeline 5 et se la porte à la porge ; mais ceux qui l'environnent lui saisissent les mains , le désaimcnt , et Tentraînent , malgré lui , dans son appartement. Il y passa toute la nuit et le jour suivant à pleurer sans cesse , jusqu^à ce que , ne pouvant plus crier ni se plaindre, il s'étendit sur le plancher pour y pousser de longs gémîsscmens. Ses amis , n'entendant plus sa voix , et crai-
fnant pour ses jours , entrèrent de force dans sa chamre ; mais il ne voulut écouter qvLjlristandre , qui , lui rappelant un songe qu'il avoit eu touchant Cliius<^ lui persuada que c'éloit im présage de ce qui étoit arrivé 5 et que ce tiùste événement éloit une suite de l'ordre suprême du destin : foible ressource contre les cris d'une conscience justement alarmée , qne les flatteries et les faux raisonneniens ne sont point capables de faire taire ! Cependant ces discours , répétés de toutes parts , commencèrent à ramener peu à peu le monarque à lui-même. Le philosophe CtfMw/Aèn^? , disciple et petit-neveu d'^rwfo/e, puis Anaxarque d'Abdère'j vinrent essayer de calmer entièrement la douleur de leur prince. Le premier , par son industrieuse douceur , entama ce grand ouvrage qui paroissoit impossible ; mais le second , plein de mépris pour les voies ordinaires , et qui par son caractère singulier , s'étoit acquis le surnom A'écervelé , s'écria dès la porte: « Cieux et terre ! qu'aperçois-je "^ Quoi !. voilà donc Alexandre-le-Grand , ce héros qui fixe aujourd'hui tons les regards de lUnivers! le voilà couché par terre et pleurant comme un esclave ! Eh ! pourquoi pleuret-il ? Il craint les loi*; il redoute les hommes ! Souverain
Jupiter I ii^eslril pw lai-méme la loi vivante ? nVt-il pas yamca Mur Mfcf sei^^M^r et ntaiitrie ? et le triomphateur de F Arie dcnt-il tedouter , eoiuftie un enfani timide* y de vaine» opimooM ? Sortez^ y seigneur , s^rtei de cet ëtal a>vrKs8<iiit , et ressouvei^e%-vouâ^ âè vousmême : tout ee qpe voua £rile^ ^t hieh ; votre Volonté doit être la ki des nnntelj» > ëi vos aetiens' d'objet de' nos ëlogea;»Par ces tfompeâJ^$ pâ!rô)^ vin\> Mvà é'aàcmek le déMspmr d'Aleamndre ; ùmâ elles Factsootanràrent h se livrer sans remords à Hmpê*' tuoaibé de ses passions. FaverGoNsciENCS g Rémntia.