REMORDS
1. vJn philosophe pythagoricien avoîtacheté à crédit une paire de souliers. Etant rcvcùu ensuite pour les payer , il trouva la boutique fermée, et il apprit que le cordonnier étoit mort. Il regsentoit une secrète joie à cette nouvelle , et s'en alla fort content d'avoir les souliers et l'argent } mais le remords suivit de çrès bi
iSÇ & V M O H ID s*
fiinte. Il rëflëchit sur son injostice^ et retint à Sn>>4|l>
rà Ubouti^ne ; ijk g^tîssa êox argent pair les fei^. la jporte , eu disa^it : « Cet homme qui est imrt. « pour les i^iitres. y ébt énc<ure yLvant pour t^i. »
2. L^mmrdu conimandement et la riyalkd avoienl rendn gi f^MlTÉ fu citoyen de Syracuse , l'irrécWciâMA ennemidâ^SonXe grand capitaine fornioit-iLqtic^mifc prq0ponr UlKmJbLeur dçaapatriç?l'opûiîàtreJ3!^^ fi'j opposoit toujours; et, l£cheflatteiu*d'une|pop4i|(A8e; «Teugla, il ne cessoit de. cabaler cosIm le aafiiieiinde Sjprai^use, afindega^er les bonnes grarçsdlA plus nuén prisajblescitoyeos* Mille fois,les:amisde l)io9> voul1»ç«|| le débarrasser, par des voies yiu^jfjiffiespdfd ce tyraq» d^Wft espèce nouveUe : son ame étoit trop belle , trop géijé-* reuse pour yjaraais consentir : touîpurs il i|iT^ Ifeoil liras prét& à frapper le séditieux. Enfin y u^ jpiur <|nii1| Tavoii envoyé appeler au» conseil,. itropoBdpt ^%:q1^ îroît point , et qu'étant simple particulier , il:se tm^n ireroit h l'assemblée avec les Autres citoyena, quand» ^llo seroit convoquiée ; c'ëtmt mépiâser ouve^teiyidill ^'autorité delHon.: il est biendiificile deaepai^oublijB^ un instantaa vertu ;c'cstceqniarrrvadaas cette Q4)Casii9f|» au souverain magistrat de Syracuse. Fatigue de soufTi^^ tant d'insultes^ii lâcha la main àses amis, et leurpernfi)!'. de tuer Méraclide. On vit alors combien le cri de is. consi^jôi^ée est capable d'alaririerime.inie veineuse: è' pçiné^liirmeuf^re eut-il été commis,. qu<^jPÛ7R: ne goutti plus de joie vraiment pure : le r^epos s-éclipsa pour ja* niais.Un£ipt(5mc afrreuii^^^tri&te suite despiir,epettti«,.se> prissent a devî^ntlui durant lies ténèbres , et le remplie d'un trouble effrayant et d^une noire mélancolie. C^étoît imfefemmed'unetaiïteénormejdontl'appaveîrîngubre, 1 air farouche , le regard ^orienx jelîpient l'épouvante dans son ame, et sembloit, en balayant avec violence sa maison, lui. présager les. plus; grands^ malheivs.
3. ^lexandreie'GriUi^xfysLnl reçu desfruits^deHls. Grèce, Jèsirouyasibeanxetsj frais, qu^ilen>¥Quliitdonr. nerà ^^Z/Vz/^^jspnami, fr^èrje desa^ourriceiet^quî^ dans u» combat , lui ayoit, sauvé lafvie. Cliti/s alors, offnoi t^ua* saçr^ce pour, la.pixispérilé duirqi. Il]e:qprttepourse.
REMORDS. iZy
rendre auprès du monarque. Trois moutons qu^il devoit immoler , et sur qui Vcm avoit déjà fait les effusions ordinaires, le suivirent ; ce qui fut pris pour im sinistré présage. Afin d^écarter les idées funèbres que cet événement si?.igulier avoit fait naître , ont eut recours aux plaisirs; etle princedonnaunfestinmagnifique. Le souper Jîit long , et l'on y but beaucoup. On y chanta des ver? qu^un poète fie Li suite de la cour avoit faits contre quelques capitaines macédoniens, qui, depuis peu, s^étoient laisse battre par les Barl)are5. Les vieux officiers en fiire»t mécontens, et querellèrent le poète et lemu- Mceien.uéiexandreei ses favorisa au contraire, s^amusant fieees verSjOrdonnèrent au musicien de continuer.Laliqueur bachique avoit déjà troublé 1» raison âeCtlttés: ce capitaine, naturellement fier , se mit tont^-foit eu colère, et dit qu'il étoit honteux de tourner en ridicule, parmi des barbares ennemis, desofficiersmacédoniens, qui malgré le malheur qui leur étoit arrivé , valaient mieux que ceux qui rioient à leurs dépens. Alectandre lui repondit qu:'en donnant à unelâvheté l^'indulgente dénomination de malheur, il vouloit sans doute s^excuser kd-méme. Il n'en falloit pas davantage poua» mettre à son comble le courroux- d-^un homme brave, qiie le vin aflime , et qu^me longue liberté met <i-d^ssus de la crainte. « Cette lâcheté quevous me reprochez, s^écriam t-il' en se levant de tablé, vous a* sauvé la vie, à vous, t qui vous dites fils des dieux, lorsque vous présentiez « ledoa à Pépée de Spitriade. Ces Macédoniensqueron <k raille ont répandVi leur sang pour vous; Lcto'blessures «qu'ils ont reçues vous* ont rendu si grandi ijoevous dé- • « sa vouez le roi Philippe pour votre père, et que vous « voulez sottementpasscrpourlefilsde JupiterAmraoH. « — Méchant, repartit Alexandre, piqué jusqu'au- vif, « crois-tu tenir encore long-temps impunémeutcesdis- «. cours- séditieux que tu.répètes san» cesse, pour faire « révolter lesMacedoniens?— Hélas! noussommes-tous « assez punis, répliqua Glitus,par la récompense quo « nous recevons de nostravauxetdeuosfatiguos^etnoTis <f estimons heureux ceux qui sont morts assez tôt pour « ne point voir les. Macédoniens battus- de verges par les
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« Mèdes^et pour n'être pas obligé de f^re la mmr aâ «Perses, afin d'ayoir accès auprès de vous.^ CUtus^h tête leyëe^ tint encore d'autres discours semblables, âiaqaels Alexandre , en colèjre, repartit par des înîurés.Li» ^
Elus vieux tàchoiéntâeTappaiser etde faire taire ClUûs. iC monarque se tournant alors vers le Gardien'^JC^dogue, et le Colophonien Artimius : «Ne vous semble- « t-il pas , leur dit-il , que les^recs sftit entre les peù- « pies , comme des djemi-dieut qui se promènent entre « des bétes sauvages ?)» Clitu9i,ne rabattant n^ dé son audace et de sa fiertë , cniqa* Alexandre dtttôut haut ce qu'il avoità dire, ou qu'il n'invitât pas à sa table dés hommes libres , accoutumés à parier avec franchisé) mais qu'il se tint avec des Barbares , lâches esclaves ,
Ear qui i^ ceinture à la persienne et sa longue veste lanche étoient adorées ? A ces mots le conquérant de l'Asie , outré de colère , jette une pomme à la tête de Cliius , et cherche son épée qn'Aritophane , l'un de ses gardes , lui venoit d'ôter. Les autres convives l'eiitburent et le supplient de se calmer : il sort de tablé , appelle ses gardes en langage macédonien ; et voyant un de ses trompettes , il lui commande de sonner l'alarme. Le trompette refusant d'obéir à cet ordre , il lui donne un cfpip de poing ; mais cet homme fut danis la suite estimé -de tout le monde, et»même d'Alexandre , parce que sa Sjage désobéissance avoit empêché toute l'armée de se mutiner. Comme on ne pouvoit parvenir à ùàve taàre.Clitus y ses amis le jetèrent hors de la salle ; loi^il y rentra par une autre porte, en prononçant à^àiite voix , ce vers d'Euripide:
Les moeurs et les vertus abandonnent la Grèce.
Ce dernier trait mit le comble à la fureur d'Alexandre.Hors de lui-même , il arrache la javeline d'un de SCS gardes, s'élance vers Clitus , le perce , et le renverse mort. La colère du monarque fougueux s'éteignit tout-à-coup dans le sang de sa victime. Dans ce moment , son crime se présenta devant ses yeux avec toute son énormité , toute sa noirceur. Il venoit de tuer un homme qui avoit , il est vrai , épuisé sa patience ] mais enfin, cet homme l'avoit toujours bien servi j cet