‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercer ... les facultes de l'ame et de l'espritChapitre 36 sur 138 · RÉSOLUTION · texte numérisé non relu

RÉSOLUTION

YLLA voyant ses troupes qui fuyoient dans un lat qu'il donna près d'Orchomène , met pied à

combat qu il donna près

terre , arrache un drapeau des mains d'un soldat qui fuyoit , et marche à l'ennemi , en s'écriant : « C'est « ici , c'est ici qu'il m'est glorieux de mourir pour

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« vous : si Von vous demande jamais en quel Ken « vous avez abandonné votre général , souvenez-voas « de répondre que c'est à Orchomène. » Ces paroles font rougir les guerriers qui les entendent. Ils se rallient : ils combattent de nouveau ; ils triomphent.

^. Il est quelquefois arrivé à de grands capitaines de s'ôter tout espoir de retraite pour animer le soldat à vaincre ou à périr. Le prince Maurice, à la bataille de Nieuport, fit écarter ses vaisseaux qui auroient pu servir de retraite à ses troupes ; et les menant au combat : « Mes amis , leur dit-il , vous avez derrière « vous Nieuport , qui est aux ennemis 5 la mer à « gauche ; ime rivière à droite , et les ennemis en « tête; il ne vous reste qu'un chemin, c'est de passer « sur leur ventre ; » et , par cette héroïque disposition, il gagna une bataille, qui fut la cause du salut de la république pour laquelle il combattoit.

3. Les flottes de Turquie et de France assiégeoientdttfe; concert la ville de Nice, il y a plus de deux siècles. Uir*^

1 gentilhomme savoyard, qui 3' commandoit, répondit à a première sommation qu^on lui fit de livrer la place , « que l'on s'étoit fort mal adressé 5 que de son nom, il « s'appeloit Mont-Fort; qu'en ses armes il portoit des « pals; que sa devise étoit : // me faut tenir ; et que , € pour ces considérations , il ne falloit attendre de lui « qu'une vigoureuse défense. » Il tint parole, et força lesTurcs et les Français à abandonner leur entreprise.

4. Un officier-général , du plus grand mérite et de la plus brillante réputation , commandoit dans une bonne place où les ennemis se disposèrent à l'assiéger. Il avoit coupé la rivière qui y passoit 5 et bientôt les ennemis qui parurent et qui se campèrent sur les bords de cette rivière , eurent épuisé le peu d'eau qu'avoit laissé la coupure. Leur général fut réduit à envoyer un trompette au commandant de la place, pour le prier de lui donner de l'eau. Il répondit qu'on lui en demandoit de trop loin , mais que si ce général vouloit d'excellent vin de Champagne , il lui en offroit. Le général prit cette réponse pour une raillerie. Il renvoya le trompette pour dire au commandant que s'il ne lui

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ddhnoit de Peau , il brûleroit toute la ville avec ses Lombes , et qu après le siëge il achèveroit de brûler ce lie les bombes auroient épai^në ; qu^il mettroit enfin e feu par-tout. « Dites-lui , repartit le commandant, « qu^il n^y pense pas , et que lorsqu^il me menace du : feu , il m^avertit de garder Peau pour Pëteindte. » 5p JeanGuiton ayant été élu maire, capitaine et gouverneur de la Roehelle^pendant que Louis X III formoit le siège de celte ville rebelle, assenibla les habitans, pi'it un poignard , et leur dit : « Je serai maire , puisque « vous le voulez absolument , mais à condition qu^il « me sera permis d^enfoncer ce poignard dans le sein « du premier qui parlera de se rendre. Je consens « qu'on en use de même envers moi , dès que je pro- « poserai de capituler; et je^demande que ce poignard. « demeure tout exprès sur la table de la chambre où « nous nous assemblons dans la maison-de-ville. ^ La famine ayant réduit la Rochelle à la plus affreuse désolation, le maire vit une personne exténuée par la faim: « Elle n'a plus qu'un souffle de vie , lui dit quelqu'un» « — Qu'y a-t-il d'étonnant? répondit-il. Il faudra bien « que nous en venions là , vous et moi , si nous ne « sommes secourus. — Mais , ajouta un autre , la « faim emporte tant de monde , que bientôt nous f n'aurons plus d'habitans. — Eh bien! reprit le maire ^ f il suffit qu'il en reste un pour fermer les portes. »

6. Pélopidasy ce Thébain fameux, qui, après avoir rendu la liberté à sa patrie , l'éleva 9xL)coinh\e de la gloire 9 marchoit à la tête de son lâ^MléQ. Un soldat Jiyant aperçu les Lacédcmoniens qvU àp'pirochoient , courut lui dire : « Ah ! seigneur , nous sommes tom- « bés entre les mains des ennemis. — Lâche , ré- « pondit aussitôt le général , dis plutôt qu'ils sont tom- « bés entre les nôtres. » Aussitôt il donne le signal, marche aux Spartiates , les attaque , les combat , les défait , et remporte la victoire de Tégyre , fameuse ; parce que ce fut la première action où les Lacédémoniens furent battus avec l'avantage du nombre.

7. Une autre fois , Pélopidas marchant contre les troupes A'Alexafidie , tyran de Phères , quelqu'un

Tint hd doecfa^bn'voyoit approcher ^ d'une grosse armëe : « Tant mieux >'rëpOiidit«4lti-i «^sont beaucoup nous eu, battrons un plus ^j «^nombre. » E^ effet ^ ayant aussitôt attaque l^i mi^ il retnporta la victoire ; mais' s^étant laissé trainei^ par son courage ,'en poursuivant le 1 avoit aperçu, il tat enyeloppé et tué au sein son tnomphe. • '** - 79

8. Un citoyen de Lacëdëmone, appelé'Parc2arte|jA tendit dire que Parmée des ennemis étoit trèMM breuse, répondit avec une intrépide résolutkm : «M € mieux , le danger sera plus grand y et la TÎelip € plus gkirieuse. » . . .-^

9« Le premier exploit qui signala la valeur de €kà les XII y roi de Su&de y fut une descente quHl 4à Coppenhague , Capitale du Danemarck. Les batesl de débarquement n'étoient encore qu'à trois centi^ du rivage y lorsque ce prince y impatient de nar-É aborder assez près, ni assez vite, se jeta de saUlf loupe dans la mer y Pépée à la main , ayant de IVI pajr-dessus la ceinture. Les officiers , lessoldalaM vent auÂsitèt son exemple y et marèhent au nvMl malgré une grêle de mousquetade que tiroient i Danois. Le roi y qui n'avoit jamais entendu de sa T de mousqueterie chargée à balle y demanda au m^ Stuar y qui se trouvoit auprès de lui , ce que c*éi que ce petit sifflement qu'il entendoit à ses oreiBa « C'est le bruit que font les balles de fusil , qu'on vA « tire , dit le dtigor — Bon ! reprit le roi y ce sera dU « sormais ma musique. '»

lo. Le maréchal Faherty en forçant une barricadai ; fut blessé àlacuisse d'un coup de feu. On trouva sapin si dangereuse par une furieuse inflammation y et pif 4 commencement de gangrène , que les chirurgiens c durent à l'amputation de la partie malade. Les ami ce grand capitaine le conjurèrent de consentir à sel ser retrancher un membre pour conserver tous autres : « Non , non , leur répondit-il : il ne fautpc « mourir par pièces 3 la mort m'aura tout entier > 4 a n'aura rien. )^ Le maréchal dut son salut à oA

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ftrmeté ; car il guéïit > malgré la délibération de^ iappôts d'Esculape.

11. Dans les circonstances critiques et fâcheuses ^ souvent le moindre objet nous détermine , et nous inspire une courageuse résolution. Denys Tancien , au commencement de sa tyrannie , eut beaucoup à souffrir de< fréquentes révoltes desessujets^Un jour,ilfuta$sié-

E' dans son palais par le peuple ; et ses amis lui conseilent de renoncer au trône , s^il vouloit éviter la mort. Le despote balançoit ; mais voyant un bœuf que son cuisinier étendit moit d'un seul rx>up : « Mes amis y dit-il « à ses conseillers , la mort est un instant si court, qu'il f seroit ridicule de quitter un empire par la crainte « d'an mal qui passe si promptement. t II s'arma d'une généreuse hardiesse ; et bientôt il fit trembler à son toiu: les ennemis de son injuste grandeur.

12. CaZZicrûri^a^, général de Sparte, etoitsur le point d'attaquer la flotte des Athéniens , loi^qu'un aruspice vint ^avertir que les auspices annoncoient la victoire aux Lacédémoniens , mais la mort à leur chef. Callieratidas répondit, sans s'effrayer : « La destinée de € Lacédémone n'est pas attachée à un seul homme* I Après ma mort , ma patrie trouvera sans peine un

: f autre chef; mais, si la crainte, me fait reculer devant

I f l'ennemi, ma honte rejaillirja sur elle.» Il choisit

ensuite Cléandre poiu* son successeur ; et engagea le

combat où il périt. Voyez Assvaance, Cot^rage , In-

TAEPIDITi^ SaMG-FkOID.

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