‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercer ... les facultes de l'ame et de l'espritChapitre 43 sur 138 · SAGACITÉ · texte numérisé non relu

SAGACITÉ

i.Ueux paysans dévoient tirer au sort devant un intendant de province , pour savoir lequel des deux seroit choisi pour la milice. Le plus jeune avoit été recommandé à l'intendant , qui fit mettre dans la boîte deux billets noirs ; ensuite il dit aux deux paysans : « Celui qui tirera le billet noir partira ; » et , adressant la parole à celui qu'il vouloit engager : « Tire le premier ; « je te l'ordonne. » Mais le ruse villageois y se doutant du tour qu'on lui jouoit, tire le billet , et Tavala sur^ ie-champ. «Que fais-tu , malheureux ? — Monseigneur^ « $i le billet que j'ai avalé est noir , celui qui est dans « la boîte doit être blanc ; il faut le voir : dans ce cas , « je partirai ; et si j'ai avulé le billet blanc , mon camaf rade partira : vous pouvez facilement savoir la véri- « té. » L'intendant embarrassé fiit obligé de lui faire grâce 5 et pour ne point déplaire à ceux qui lui avoient recommandé l'autre , il fit grâce à tous les denx.

2. Alfonse, roi d'Aragon , alla chez un jouaillier avec plusieurs de ses courtisans. A peine fut-il sorti de la boutique , que le marchand courut après lui pour se plaindre qu'on venoit de lui dérober un diamant de grand prix. Le monarque rentre aussitôt avec toute sa «uité , et se feit apporter un grand vase plein de son. Il ordonne que chacun de ses courtisans y mette la main fermée , et l'en retire toute ouverte ; lui-même commence le premier. Après que tout, le monde eut smvi son exemple , il dit au jouaillier de vider le vase sur la table. Par ce moyen , le diamant fiit retrouvé , et personne ne fut déshonoré.

o.Uh emperem* de la Chine, nommé Vou-Ti , avoit beaucoupdepenchantpour les sciences occultes.Ùnimposteui* lui apporta un élixir, et l'exhorta à le boîre, lui promettantque cebreutageleréndroit immortel. Unde ses ministres qui étôitprésentynyant tenté inutilement de le désabuser, prit la coupent butla liqueur. L'cmpe* reur,îrrité de cettehardiesse / condamna kmoTtleTXxaiXi^

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darin ^ qui lui ditd^un air traïKjuille : «Si ce breuvage 4( donne Timmortalité^ vous ferez de vains efforts pour « me faire mourir ; et s*il ne la donne pas y aiu-iez-vous « rinjustice de m^arracher la vie pour un Si frivole lar- « cin ?Ce discours calma Tempereur, qui ne puts^empêcher de louer la prudente sagacité de son ministre.

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