SAGESSE
1 . J jA plupart des évéques^ rassembles pour le concile de Nicée , avoient entre eux des querelles particulières. Ils croyoientroccasionfavorable pour porter leurs plaintes à Fempereur , et en obtenir justice. C^étoient tous les jours de nouvelles requêtes y de nouveaux mémoires d'accusation. Cqnstandn, en ayant reçu un grand nombre , les fit rouler ensemble , sceller de son anneau, et assigna un jour pour y répondre. Il travailla, dan3 cet intervalle, à réunir les esprits divisés. Le jour venu , les parties s'étant rendues devant lui pour recevoir|la décision , il se fit apporter le rouleau ; et le tenant entre ses mains : « Tous ces procès , dit-il , ont un jour auquel ils sont assignés : c'est celui du jugement génl^ral. Us ont un juge naturel : c'est Dieu même. Pour moi , qui ne suis qu'un homme , il ne m'appartient pas de prononcer dans des causes où les accusateurs et les accusés sont des personnes consacrées à Dieu. C'est à eux de vivre sans mériter de reproches , et sans en faire. Imitons la bonté divine , et pardonnons ainsi qu'elle nous pardonne : effaçons jusqu'à la moindre de nos plaintes par une réconciliation sincère , et ne nous occupons que de la cause de la foi qui nous rassemble.» Après ces paroles, il jeta aufeu tous ces libelles, assurant , avec serment, qu'il n'en avoit pas lu un seul. « 11 « faut, disoit-il , se donner de garde de révéler les fa u ^ tes des miuisties du Seigneur, de peur de scandalisejr « le peuple , et de lui prêter de quoi autoriser ses désor- « dres. » On dit même qu'il ajouta que s'il surprenoit un évêque en adultère , il le couvriroit de sa pourpre , pour en cacher le scandale aux yeux des Fidelles.
2, Cœréphon , disciple zélé de Socrate^ étant allé à ï)elphes , demanda à roracle «'il y avoit'mi monde un homme plus sage que lîocrafe. La prêtresse répondit qu'il n^y en avoit aucun. Cette réponse embarrassa i$ocrate , et il eut peine à en comprendre le sens ; car , d'un côté , il savoit bien , dit-il lui-même , qu'il n'y avoit en lui aucune sagesse , ni petite , ni grande ; et de l'autre , il ne pouvoit soupçonner Toracle de fausseté du -de mensonge , la divinité étant incapable de mentir : il fit donc mille efforts pour en comprendre le sens. D'abord il s'adresse à un puissant citoyen, homme d'^tSt et grand politique , qui passoit pour un des plus sages de la ville , et qui lui-même étoit encore plus persuadé q[ue tous les autres de son mérite. Il trouve, dans la conversation , qu'il ne sait rien, et le lui insinue adroitement ; ce qui le rendit très-odieux à ce citoyen , et à tous ceux qui avoient été témoins de cette épreuve. Il en fut de même de plusieurs autres qui se piquoient aussi d'une sublime sagesse ; et tout le finit de ses recherches fut de s'attirer un plus grand nombre d'ennemis. De ces hommes d'état il passa aux poètes qui lui parurent encore plus remplis d'estime pour eux-mêmes , mais en eifet plus vides de science et de sagesse. Il poussa ses enquêtes jusqu'aux artisans. Il n'en trouva pas un qui, parce qu'il réussissoit dans son art, ne se crût très-capable et très-instruit des plus grandes choses fcettt présomption étoit le défaut presque général desAthéniens. Comme ils avoient na« turellement de l'esprit, ils prétendoient se connoître à tout , et se croire capables de juger de tout. Ses recherches chez les étrangers ne furent pas pi usheureuses. Sacrale ensuite , rentrant en lui-même et se comparant l tous ceux qu'il avoit interrogés, reconnoissoit que la diJSTérence quL étoit entre eux et lui, c'est que tous les autres croyoient savoir ce qu'ils ne savoient pas , au lieu que pour lui il avouoit sincèrement son ignorance ; de là il concluoit qu'il n'y a que Dieu qui soit véritablement sage ; et que c'est aussi ce qu'a voulu dire l'oracle, en Ëûsant entendre que toute la sagesse humaine n'est pas grand chose ^ ou plutôt qu'efie n'est rien. <.< Q\x^ À
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< servi de sBaoni que pour dire à tousleii l^namm € Ije plus sage d'entre irons c'est oelQÎ qui feconnflity « comme Saerai^ , qn'U n'y a véritablement auenat j esagesaeenini.»
SANa FROID.
Ir M 1^ «n46iur déçlanaoit puUiqiiement emytre le cf 1^V0 ^^èiewiiUet Tnn de» i>l»8 grands ^énéranx dç Hop mkçle.:€Q^ e^ntu» dispiHVayec niépns, et guipent te i( orpndra si jier ? Dans que) senre de service t^esrtu dj^ « liagiiié ? Eàrtu eavalior ^mpintassin, archer ,ou çifiuraii^
tmri -^ JKFoa djt froideiMQJt Ipfdfir^u ; xEm&s je m^i» f jç(9liii: qui (oommande à tous ces gens-là. :i> / 2*SylU y aprèiB aypîr renipli rUiùver^ àp meiirtiM tt de .cavnages ^ abdiqiiA icette (ki^e we diptatiiire q« «wît â^ si êuit?ate. Auaf Eomiias j i^ «'<^r i^etoui^açuifi loi ea sinij^Ie particulier .Un jeune hoiaipe insoLén)^ I^ p9UfSBi^ jusqu'à sa maison^ en l'^cablant d^injvurep* â^K//a supporta cet ou]brage avac un grand sang froid ; ,il dit seuleinent : « Ce jeune étourdi sera cause que per- « sonne , après moi , ne se démettra volontairemeirt ^ de la dictature . J>
< .3. PhocioH regardoit comme indigne d^un homme d'état d'employer dans ses discours un style mordant et satyrique y et ne répondit qne par le silence et ^ patience à ceux qui s^en sarvcneni contre lui. Uii (M* teur layant interrompu poui* Toutrager y il le }aîa^ parier autant qu'il voulut ^ puis , reprit son diseo^jf» froidement y comme s^il i^'avoît rien entendu.
4- Epietkte , philosoplie stoïcien y esclave à'Efiç.r fhrodite, affranchi de Temnereur Néron, fut, 4ws ççl état d'humiliation, un modèle de patience.Un jouf s&i^ maître, homme violentet emporté, lui donna un grand coup sur la jambe : «Prenez garde de la rompit, » ïûA ûit Èpictèle sans s^émouvoir- Plus irrité. qu'auparAv^nti Epapkrodite redoubla de telle sorte, qu'il la lui c^^^s^ eflfertiyement. « Je l'avflàs bien prévu^ dit aiprs îetr^tn- ^ gui7/e philosophe. »